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Louis Riel - père

Louis Riel, père, à gauche, et un homme non identifié, peut-être Guillaume Sayer. SHSB 19555

Louis Riel, père, à gauche, et un homme non identifié, peut-être Guillaume Sayer.

Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Antoine Champagne, SHSB19555
 

Si « la gloire du fils a quelque peu obscurci le nom du père » comme l’a dit l’abbé Antoine d’Eschambault, il est sans doute vrai que pour mieux comprendre le fils il faut d’abord connaître le père. Il nous paraît que père et fils aient été taillés de la même étoffe. L’histoire de la colonie de la Rivière-Rouge est jalonnée d’événements et de personnages remarquables. Louis Riel père est sans aucun doute un de ces personnages dont le caractère et les convictions ont marqué l’histoire du Manitoba. Le module qui comprend la causerie de l’abbé d’Eschambault nous apprend à le connaître davantage.

Louis Riel père est né à l’Île-à-la-Crosse, Saskatchewan, en 1817. Il est le fils de Jean-Baptiste Riel et de Marguerite Boucher, une métisse franco-chipewyan qu’il avait épousée à la façon du pays vers 1812. Louis Riel épouse Julie Lagimodière, fille de Jean-Baptiste Lagimodière et de Marie-Anne Gaboury, le 21 janvier 1844 dans la Cathédrale de Saint-Boniface. Les deux époux sont de fervents catholiques doués d’une piété et d’une dévotion remarquables. Au début de leur mariage, le jeune couple habite près de la rivière Seine dans la maison des beaux-parents Lagimodière. C’est ici que naît le 22 octobre 1844 leur fils aîné, Louis.

Louis père est un entrepreneur. Ayant acheté un terrain sur le bord de la rivière Seine, un peu au sud de ce qui est aujourd’hui le boulevard Bishop Grandin, il y construit une maison et un moulin à farine qui dessert toute la colonie. (Les meules de son moulin se retrouvent aujourd’hui au Musée de Saint-Boniface). Il participe aux travaux de construction de la Cathédrale de Mgr Taché. Les nombreuses contributions de Louis Riel père, surnommé le « meunier de la Seine », lui méritent une place d’importance dans la jeune colonie. C’est cependant un événement de revendication qui met en valeur sa force de caractère et ses qualités de leader, des traits qui seront également évidents chez son fils vingt ans plus tard.

En 1849, Guillaume Sayer, un Métis opérant un commerce indépendant, et trois autres Métis, sont accusés par la Compagnie de la Baie d’Hudson de faire la traite des fourrures en contravention de l’interdit de la Compagnie et à l’encontre du monopole que celle-ci s’est accordée dans les territoires du Nord-Ouest. Louis Riel s’indigne et forme un comité de vigilants pour assurer que les droits des Métis soient défendus. Il réussit à soulever le peuple qui se rallie à la cause. Le procès se déroule. Guillaume est trouvé coupable mais le jugement demeure sans lendemain. Devant la détermination des Métis, la CBH fait marche arrière et le commerce connaît désormais un régime de liberté. Louis Riel a su briser le joug qui pesait sur le territoire depuis les débuts.
Louis Riel père meurt prématurément à Saint-Boniface en janvier 1864. Sa mort est une perte importante pour la jeune colonie qui a besoin de leaders. Par contre sa mort elle-même joue un rôle dans l’histoire du Manitoba car elle contribue à la décision que prend Louis Riel fils, alors aux études à Montréal, de revenir dans son pays natal. Cette décision est un point tournant dans la vie de ce jeune Métis et pour l’histoire du peuple de la Rivière-Rouge.

Plusieurs années plus tard, la veuve de Louis Riel père, Julie Lagimodière, quitte la maison familiale et vient s’établir dans une maison située sur un lot que lui a concédé Mgr Taché et sise sur la berge de la rivière Rouge. C’est la Maison Riel, lieu historique national du Canada, que nous connaissons aujourd’hui.


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