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Bintou Sacko

Bintou Sacko est née au Mali. Sa mère est sage-femme de formation et son père est médecin. Elle a passé une bonne partie de son enfance avec sa mère et sa sœur puisque ses parents se sont séparés. Ses parents attachaient beaucoup d'importance à l'éducation. Elle a grandi à Bamako et a fréquenté des écoles publiques. Ses parents sont Musulmans. Ils n'ont jamais imposé la prière, mais les envoyait à l'école Koranique durant les vacances.

Au secondaire, elle fait le Tai Kwan Do et la danse. À la maison on parlait le bambara et le français, mais à l'école c'était seulement le français. Pour ce qui est de l'anglais on commençait à l'enseigner en 7e année mais c'était très peu soit environ une heure par semaine.

Quand elle a obtenu son bac il y a eu des perturbations au Mali. Le gouvernement a été renversé et les écoles ont été fermées pendant un certain temps. Elle a donc dit à sa mère qu'elle voulait partir. Sa mère a accepté et lui a demandé où elle voulait aller, elle a répondu : le Canada. Elles ont ensuite découvert qu'il y avait un cousin éloigné de la famille qui avait envoyé son enfant au Canada. Le jeune homme était inscrit à l'Université de Saint-Boniface donc c'est comme ça qu'on a choisi Winnipeg.

Sacko s’est inscrite au Baccalauréat (bac) en Arts à l’aide d’une amie de son cousin. À cette époque, il y avait peu d’étudiants internationaux et le seul travail permis pour ces élèves étaient sur le campus. Elle a travaillé comme concierge durant l’été. Elle a terminé son bac et faisait du bénévolat chez Pluri-elles. Elle a aussi fait un peu de travail dans le bureau de recrutement des étudiants internationaux à l’Université de Saint-Boniface. Elle a convaincu le directeur, David Dandeneau, de commencer à faire du recrutement en Afrique de l’ouest. Le directeur était sceptique, mais Sacko est revenu avec cinq inscriptions possibles. C’est ainsi que le recrutement au Mali et au Sénégal avec Ibrahimo Diallo a commencé.

Avant d'obtenir le contrat à l'Accueil francophone elle avait obtenu sa propre citoyenneté avec l’aide de la directrice de l’Accueil, Rolande Kirouac. Quelque temps plus tard Kirouac a cédé le poste et Sacko la remplace.

Au départ, l'Accueil avait un budget de 45 mille dollars et elle était seule dans ce bureau. Plus elle travaillait à ce projet plus elle a vu que le projet devait prendre de l'ampleur. Elle a rencontré Daniel Boucher de la Société franco-manitobaine (SFM) qui parrainait l'Accueil. Petit à petit les différents programmes se sont développés. Il fallait définir les différents secteurs et créer des structures pour répondre aux besoins des gens. Il fallait établir des partenariats et embaucher du personnel. L'Accueil est passé d'un employé au départ à 22 en 2017. Le budget est passé de 45 mille dollars à deux millions de dollars.

En 2012, elle reçoit la Médaille du jubilé de la reine Élisabeth II et le Prix Rafiki. En 2013, elle est récipiendaire du Prix Réseau.

Aujourd'hui son frère est aussi au Manitoba ainsi que sa grande sœur. Elle a aussi des neveux et nièces qui sont venus étudier.

Sacko, Bintou. Interview par Michel Boucher. 19 avril 2017. Document sonore. Série histoire orale sur l'immigration. Fonds Collection générale de la Société historique de Saint-Boniface, 0001/W0. Centre du Patrimoine, Winnipeg, Manitoba, Canada.


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