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Incendie à l'école résidentielle de Cross Lake

Des photos et documents peut être trouvé ici en format PDF.

Les incendies

Il y a ldes preuves que les élèves (anciens et actuels) et les familles des élèves ont résisté laux écoles résidentielles de plusieurs façons. Des parents cachaient leurs jeunes ou les envoyaient ailleurs lorsque les agents des Affaires indiennes venaient les chercher. À l’école, les élèves résistaient ou défiaient l'autorité en parlant leur langue maternelle, en refusant d'observer d'autres règlements ou en dérangeant les routines.

Les incendies criminels constituaient un moyen de résistance plus extrême. Dans certains cas, les élèves ont incendié leur école, tel que fut le cas à l’école de Cross Lake. Les élèves pensaient que mettre feu à leur institution serait une solution à leurs problèmes, car des incendies provoqueraient soit la destruction de l’école, soit la fermeture totale de l’école, ce qui laisserait les étudiants libres de partir. Ou bien, l'acte entraînerait l’expulsion des coupables, ce qui empêcherait ces élèves de retourner. 

École résidentielle de Cross Lake

L’école résidentielle de Cross Lake a été bâtie en 1914 et a ouvert ses portes l’année suivante. L'école était sous la direction des Oblats de Marie-Immaculée. En 1920, un ajout a été bâti, à un cout de 20 000 $. 

L’incendie s’est produit dans la nuit du 25 février 1930, et a entraîné la mort de dix personnes (une sœur et neuf élèves).* Dans La Liberté du 5 mars 1930 on a décrit l’événement comme suit :

« Sœur Marguerite-Marie fut la première à s’apercevoir du feu; elle réveilla les autres religieuses et courut au secours des enfants. Séparée de ses compagnes par une muraille de flammes, elle périt dans le désastre en compagnie de huit fillettes et un garçon.

Les autres sœurs luttèrent courageusement pour diriger les enfants vers l’escalier de sauvetage. Il n’y eut pas de panique. Les filles les plus âgées aidèrent les plus jeunes. Lorsque les flammes embrasèrent tout l’édifice, les religieuses sautèrent par les portes et les fenêtres du troisième étage, ce qui explique les fractures, les pieds gelés et les secousses nerveuses qui l’on a à déplorer parmi elles. On estime qu’une trentaine d’enfants ont souffert des extrémités gelées, pendant qu’ils s’enfuyaient, sur pied et en costume de nuit, de l’école en feu. »

« Dix victimes dans l’incendie de l’école indienne de Cross Lake », La Liberté, 5 mars 1930, page 1.

En 1931, George Paynter, 20 ans et un ancien élève autochtone de l'école de Cross Lake s'avoue coupable de l'incendie. La Liberté écrit :

« Paynter a admis qu'il avait agi par esprit de vengeance. Ayant été puni pour infraction aux règlements de l'école dont il était pensionnaire, il en avait gardé rancune contre les Soeurs. Deux fois il avait tenté vainement d'incendier l'école. A chaque fois il avait été découvert par un Père Oblat et renvoyé au dortoir. » (La Liberté, 4 novembre 1931, page 1)

Paynter reçoit une peine à perpétuité à la prison Stony Mountain. La même année la cour condamne Nelson Hughes, un ancien élève métis anglais de l'école, à trois ans de pénitencier pour avoir été complice du crime. (La Liberté, 9 décembre 1931, Page 1) 

« Les incendiaires de l'école de Cross Lake Man », La Liberté, 9 décembre 1931, page 1.

Jusqu'à la construction d'une nouvelle école, les élèves ont vécu dans plusieurs auberges de jeunesse associées aux externats catholiques locaux tels que les missions de Cross Lake et de Jack River. L'école de Cross Lake a été reconstruite en 1940. En 1969, les écoles ont été transférées au système d'éducation provincial.

La Commission de vérité et réconciliation 

La Commission a quelques points au sujet de l'incendie et de l'expérience des élèves de l'école résidentielle de Cross Lake

1. La perte de vie résultant des incendies était plus élevée à cause des mauvaises conditions dans les écoles et l'absence de sécurité en cas d'incendie :

« En raison de leur mauvaise construction et de leur entretien déficient, les pensionnats sont dangereusement exposés aux incendies. L’équipement d’extinction est défectueux, ce qui accentue le risque d’incendie, et les sorties de secours sont dangereuses. C’est d’ailleurs l’absence de sorties de secours sécuritaires qui fait grimper le nombre de victimes lors des incendies aux pensionnats de Beauval et de Cross Lake. » (Page 67, Ce que nous avons retenu : Les principes de la vérité et de la réconciliation)

2. Il avait les cas d'abus dans cette école :

« Pendant huit ans, Andrew  Yellowback a été «  agressé sexuellement, physiquement, émotionnellement et mentalement  » au pensionnat de Cross  Lake, au Manitoba. Les agressions prenaient plusieurs formes : des élèves des deux sexes ont déclaré avoir été agressés par des membres du sexe opposé et du même sexe qu’eux. » (Page 79, Ce que nous avons retenu : Les principes de la vérité et de la réconciliation)

 

* Le nombre de victimes augmente à douze dans La Liberté du 19 mars 1930 (page 1) et ensuite à quatorze dans le numéro du 4 novembre 1931 (page 1).

Commission de vérité et réconciliation. Ce que nous avons retenu : Les principes de la vérité et de la réconciliation. 2015.

« Dix victimes dans l’incendie de l’école indienne de Cross Lake », La Liberté, 5 mars 1930, page 1.

« Les incendiaires de l'école de Cross Lake, Man. » La Liberté, 9 décembre 1931, Page 1.

« L'incendiaire de Cross Lake », La Liberté, 4 novembre 1931, page 1.

Pensionnat autochtone de Cross Lake, Manitoba. Entre 1926-1930. Fonds Collection générale de la Société historique de Saint-Boniface, SHSB 1092. Centre du Patrimoine, Winnipeg, Manitoba, Canada.

Une Soeur (Ste. Céline) avec ses élèves dans une classe de l'école de Cross Lake. 17 février 1940. Fonds Corporation archiépiscopale catholique romaine de Keewatin - Le Pas, N3849. Centre du Patrimoine, Winnipeg, Manitoba, Canada.

 
Corporation archiépiscopale catholique romaine de Keewatin - Le Pas
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