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Histoire et réconciliation

La Première Nation Shoal Lake 40 est une réserve située à la frontière du Manitoba et de l'Ontario sur les rives du lac Shoal. 

En 1915, la Ville de Winnipeg a annexé 33 000 acres pour l'extraction de l'eau douce et la construction de l'infrastructure de transport, c'est-à-dire l'aqueduc, jusqu'à la ville de Winnipeg. Le projet de construction comprenait l'excavation d’un cimetière de la Première Nation et l’exhumation des restes humains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La décision de la Ville de Winnipeg a eu des répercussions dévastatrices pour la Première Nation qui est devenue isolée car la Ville de Winnipeg a décidé de détacher la péninsule (sur laquelle la Première Nation est située) du continent pour créer un canal qui protège l’eau entrant dans son aqueduc. Les membres de Shoal Lake 40 devaient dépendre du transport par des routes de glace pendant les mois assez froids et un traversier pendant les mois plus chauds pour atteindre et quitter leurs domiciles. En plus, ils ont perdu leurs terres ancestrales où des membres de leurs familles étaient enterrés.   

En 1980, la région Shoal Lake 39 et 40 planifiait bâtir 350 chalets près du lac pour développer son économie. La Ville de Winnipeg s'est opposée au développement en raison de préoccupations concernant la sécurité de son eau potable qui venait du lac Shoal. Avec le temps un accord a été conclu entre la bande, la Ville de Winnipeg et le gouvernement fédéral pour aider à financer des projets de rechange. Vers la même époque, la communauté devait assumer le coût de l'approvisionnement en eau potable, ce qui a été priorisé par rapport au développement économique.

Shoal Lake 40 était visée par un avis concernant la qualité de l'eau potable depuis1998. Ironiquement, le territoire de la Première Nation n’avait plus accès à l’eau potable tandis qu'elle fournissait l’eau à la ville de Winnipeg. Le coût pour transporter l’eau potable par camion et bateau à la communauté isolée était très élevé.

En 2011, une proposition pour construire une station d’épuration a été présentée, mais le gouvernement fédéral a refusé de payer une portion quand il a déterminé que c’était trop couteux. En bout de ligne, après plus de 100 ans d’isolement, la Première Nation a pu bénéficier de la construction d’une route toute saison, la route Freedom. La construction a commencé en 2017 et les travaux ont pris fin en juin 2019.

Shoal Lake 40 est souvent utilisé comme exemple de torts commis par la Ville de Winnipeg et le gouvernement fédéral qui a une obligation fiduciaire envers les Premières Nations. En plus, le droit à l’eau potable est un des droits humains fondamentaux, mais plusieurs Premières Nations n'ont pas accès à l’eau potable dans leurs communautés. 

Réconciliation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici une carte sur le site Web du gouvernement du Manitoba qui indique les lieux qui sont visés par un avis sur la qualité de l'eau, la population touchée et la date d'émission de l'avis. La carte est seulement disponible en anglais, mais permet aux étudiants d’examiner de manière interactive les Premières Nations qui sont touchées par un avis actuel. Cette situation va non seulement à l'encontre des droits énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, mais aussi la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Il y a aussi le fait que le territoire ancestrale de Shoal Lake 40 a été violé, avec excavation d’un cimetière et l’exhumation des restes humains.

Appel à l'action 42. Nous demandons aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de s’engager à reconnaître et à mettre en œuvre un système de justice autochtone qui soit compatible avec les droits ancestraux et issus de traités des peuples autochtones, en plus d’être conforme à la Loi constitutionnelle de 1982 et à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) à laquelle le Canada a adhéré en novembre 2012. 
 
Article 8 de la DNUDPA
1. Les autochtones, peuples et individus, ont le droit de ne pas subir d’assimilation forcée ou de destruction de leur culture.
2. Les États mettent en place des mécanismes de prévention et de réparation efficaces visant :
a) Tout acte ayant pour but ou pour effet de priver les Autochtones de leur intégrité en tant que peuples distincts, ou de leurs valeurs culturelles ou leur identité ethnique;
b) Tout acte ayant pour but ou pour effet de les déposséder de leurs terres, territoires ou ressources;
c) Toute forme de transfert forcé de population ayant pour but ou pour effet de violer ou d’éroder l’un quelconque de leurs droits;
d) Toute forme d’assimilation ou d’intégration forcée ;
e) Toute forme de propagande dirigée contre eux dans le but d’encourager la discrimination raciale ou ethnique ou d’y inciter.

Des hommes qui travaillent. s.d. Fonds Alida Laporte Gendreau et Claire Gendreau Bartmanovich, SHSB 26276. Centre du Patrimoine, Winnipeg, Manitoba, Canada.

Goossen, Linda. "The Price of Water: Shoal Lake 40." The Council of Canadians. 29 juillet, 2014. https://canadians.org/blog/price-water-shoal-lake-40.

La construction de l'aqueduc à Shoal Lake. Fonds Alida Laporte Gendreau et Claire Gendreau Bartmanovich, SHSB 26278. Centre du Patrimoine, Winnipeg, Manitoba, Canada.

Perry, Adele. Aqueduct: Colonialism, Resources, and the Histories We Remember. Winnipeg: ARP Books, 2016.

UNIFOR. Water, Rights, Reconciliation: Rights... Who has them? Who doesn't? https://www.unifor.org/sites/default/files/documents/document/water-participant_manual.pdf


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