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Notice biographique

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Julie Lagimodière mère de Louis Riel et Jean Riel fils de Louis.
Julie Lagimodière mère de Louis Riel et Jean Riel fils de Louis.
 
Julie Lagimodière est née soit le 26 juillet 1820 d’après une lettre écrite par sa fille Henriette, ou bien le 23 juillet 1822, d’après les écrits complets de son fils aîné, Louis Riel (qui devint plus tard le « père du Manitoba »).
 
La septième des huit enfants de Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury, Julie est la plus jeune des filles de la famille. Elle voit le monde à la Colonie de la Rivière-Rouge et y réside toute sa vie.
 
Très pieuse, Julie est dite d’avoir été une très bonne influence sur les autres enfants de son âge. Mgr Provencher prend même Julie pour pénitente, et en conséquence, elle songe à devenir religieuse. Elle refuse une première demandée en mariage de la part de Louis Riel dit l’Irlande. Cependant, Julie change d’avis afin d’obéir aux vœux de ses parents et accepte d’épouser Louis Riel, ou Louis Riel père.
 
Louis Riel père est le fils de Jean-Baptiste Riel dit l’Irlande et de Marguerite Boucher, une femme métisse. Il naît à l’Île-à-la-Crosse, en Saskatchewan, mais grandit àLouis Riel, père, SHSB516 Berthier, au Québec. Après avoir travaillé quelques années pour la Compagnie de la Baie d’Hudson à la Rivière à la Pluie (Ontario), il retourne au Québec pour entrer au noviciat des pères Oblats. Durant ses années en tant qu’employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson, Louis Riel père a une alliance à la façon du pays. De cette alliance naît une fille, Marguerite Zastre.
 
Louis Riel père quitte le Québec en 1843 pour se rendre à la Rivière-Rouge, où il espère devenir maître d’école dans les classes de Mgr Provencher. Peu de temps après son arrivée, il rencontre Julie Lagimodière, et les deux se marient le 21 janvier 1844 à la Cathédrale de Saint-Boniface.
 
Julie et son époux se construisent premièrement une maison sur le lot de la famille Lagimodière, situé à l’embouchure de la rivière Seine et de la rivière Rouge à Saint-Boniface. Ensemble ils auront 11 enfants dont seulement 8 atteindront l’âge adulte.
 
Durant les années qui suivirent, Louis Riel père entreprend plusieurs projets commerciaux. Malheureusement, aucun ne lui apporte le succès. Peu après son arrivée à la Rivière-Rouge, il convainc la Compagnie de la Baie d’Hudson de construire un moulin à carder la laine. Situé sur ou près du lot de ses beaux-parents Lagimodière, le moulin est un échec et il l’abandonne vers 1847. 
 
Dès 1847 Julie donne naissance à trois enfants. Louis, l’aîné, naît le 2 octobre 1844. Un deuxième fils, Élie, vient au monde entre 1845 et 1846, et une première fille nommée Philomène l’année suivante, en 1847. De ces trois enfants, seul Louis, qui devint plus tard le père du Manitoba, survit. D’autres enfants s’ajoutent rapidement à la famille Riel :  Sara, le 11 octobre 1848, Marie, le 23 octobre 1850, Octavie, née entre 1851 et 1852, Eulalie, le 15 août 1853 et Charles, né le 4 novembre 1854.
 
Entre 1852-1855, la famille Riel quitte Saint-Boniface pour s’installer à Saint-Vital, plus précisément sur le lot 793 (qui devint plus tard le lot 50), tout près de la rivière Seine. Sur cette parcelle de 24 acres, Louis Riel père, en partenariat avec son beau-frère Benjamin Lagimodière, entame une deuxième entreprise. Cette fois-ci, il met en place un moulin à moudre le grain. Pour démarrer l’entreprise, Louis Riel père obtint un prêt de 100 livres de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il creuse alors un canal de neuf milles de long pour servir au moulin et l’entreprise est moyennement rentable. 
 
En février 1857 naît Joseph, l’avant dernier des fils Riel. 
 
Quelques mois après la naissance de Joseph, Louis Riel père entreprend un dernier projet avec quelques amis afin d’ériger un troisième moulin, un autre moulin à carder la laine. Il se rend à Montréal chercher l'équipement nécessaire au moulin. La construction débute à l’été 1859 sur le lot 793 sur la rive droite de la rivière Seine. Malheureusement, tout comme pour son premier moulin, il n’aboutit à rien et est rapidement abandonné. 
 
Julie donne naissance à ses deux derniers enfants, Henriette, le 27 juillet 1861 et Alexandre le 22 ou 23 février 1863. 
 
Le 21 janvier 1864, Louis Riel père meurt à la suite d’une courte maladie. La mort subite est pénible pour Julie qui reste seule à prendre soin de plusieurs enfants tout en étant très endettée. En 1862, la dette de Louis Riel père s’élève à 53 livres, et celui-ci n’effectue aucun autre paiement dans son compte avant sa mort. 
 
À l’automne 1864, Julie et ses enfants déménagent à l’autre bout du lot 793. Cette extrémité du lot atteint la rivière Rouge et une maison s’y trouve déjà. Ce nouveau lot, mesurant 145 acres, est vendu ou donné à Julie par Mgr Taché. En effet, celui-ci s’est toujours porté généreux envers la famille Riel. D’ailleurs, c’est lui qui, en 1854, a choisi le jeune Louis Riel pour recevoir une éducation classique au Québec.
 
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Julie décide de changer d’emplacement. La terre près de la rivière Rouge était meilleure pour l’agriculture et l’école et la chapelle des Soeurs Grises y étaient situés à moins d’un mille. C’est aussi un endroit plus peuplé où Julie se trouve près de ses amis et de sa parenté. Dû à leur situation économique, la famille commence à cultiver un jardin potager où poussent des carottes, des panais, des navets, des oignons etc. Les Riel ont aussi un champ de patates et du blé dès l’année 1867. 
 
L’année suivante, en 1868, Benjamin Lagimodière quitte le lot 793 (lot 50), où il gère toujours le moulin à farine pour s’installer à la Rivière aux Rats (Saint-Pierre-Jolys).  Il transfère alors sa propriété et la gérance du moulin à son gendre Edouard Ellémont. Deux ans plus tard, en 1871, Ellémont vend les 24 acres à sa tante Julie Riel. 
 
Entre temps, très bouleversé d’apprendre de la mort de son père et n’ayant éventuellement plus la tête aux études qu’il avait entreprises à Montréal en vue de devenir prêtre, Louis Riel fils décide de les abandonner.  Désormais l’aîné chez les hommes de la famille, il se donne comme devoir de trouver un moyen de les soutenir financièrement. Louis passe plus d’un an aux États-Unis, où il occupe plusieurs emplois, envoyant de l’argent à sa famille à la Rivière-Rouge. Julie est enfin réunie avec son fils aîné en 1868.
 
À la mi-mars 1869, la Compagnie de la Baie d’Hudson vend son vaste terrain de la Terre de Rupert (incluant la Rivière-Rouge) au gouvernement canadien pour la somme de 300 000 livres. Le transfert de propriété doit se faire le 1er décembre 1869. La Compagnie prend cette décision sans consulter ceux qui habitent son territoire, et ceux-ci n’apprennent cette grande nouvelle qu’à la fin d’avril. Plus tard, en juin, une loi adoptée par le Parlement canadien crée le gouvernement de la Terre de Rupert et des territoires du Nord-Ouest. Cette loi précise qu’il y aurait un lieutenant-gouverneur, ainsi qu’un conseil, tous deux nommés par le Dominion du Canada, pour gérer ces territoires nouvellement acquis.
 
Sir John A. Macdonald, comme plusieurs autres à l’époque, tient des préjugés contre la population Métis, notamment contre les Métis catholiques et francophones. Vers la fin des années 1860, 80 p. cent de la population de la Rivière-Rouge se compose de Métis. Ces mesures inquiètent la majorité des habitants de la région, car avec un gouvernement nommé par Ottawa, ils pourraient facilement se faire exclure, en dépit de leurs grands nombres. Les Métis craignent ainsi perdre plusieurs de leurs droits, et surtout, leurs droits de propriété. La Compagnie de la Baie d’Hudson ne détenait pas un registre pour établir à qui appartenaient les lots à la Rivière-Rouge. De plus, les Métis, plusieurs d’entre eux illettrés, se basaient souvent sur des contrats verbaux, où un ou plusieurs témoins étaient présents.
 
Les premiers arpenteurs arrivent à la Rivière-Rouge le 20 août 1869 avec le but de diviser les terres en lots rectangulaires, chacun mesurant 180 acres. Cependant, la Colonie avait déjà adopté le système seigneurial, formé de longs lots étroits qui permettaient à chaque famille d’avoir un accès à l’eau de la rivière, ainsi qu’aux différents types de terre (forêts, champs et marécages, par exemple).
 
Peu de temps après leur arrivée, le 11 octobre, ces arpenteurs tentent d’évaluer des terres appartenant à un Métis, M. Marion. Presqu’aussitôt 16 autres Métis à dos de cheval, incluant Louis Riel, se présentent pour confronter les arpenteurs. Louis leur explique qu’ils violent les droits de propriété de M. Marion, en faisant intrusion sur sa terre. Cet incident marque le début de la Résistance de la Rivière-Rouge.
 
Puisqu’il n’y a alors aucune forme de gouvernement légitime à la Rivière-Rouge, un gouvernement provisoire est mis en place le 8 décembre 1869. Il a pour but de négocier sous quelles conditions la Rivière-Rouge accepte son annexion au Dominion du Canada.
 
Le 25 mars 1870, les délégués choisis pour se rendre à Ottawa négocier avec le Premier ministre quittent Pembina. L’abbé Ritchot est sélectionné pour représenter les francophones, le juge John Black pour les anglophones, ainsi que Alfred Scott, pour les Américains.
 
Ce sur quoi les délégués se sont mis d’accord avec le Premier ministre est très différent que le projet présenté à la Chambre des communes. Sir John A. Macdonald rassure cependant l’abbé Ritchot, lui promettant que les plans originaux seraient suivis.
 
Lorsqu’une loi créant la province du Manitoba est adoptée en mai 1870, les articles qu’elle contient semblent convenables. Cependant, il demeure toujours une impasse : l’amnistie pour les gens qui ont participé à la Résistance n’est pas accordée.
 
Thomas Scott, un protestant d’origine Irlandaise, cause beaucoup de troubles au gouvernement provisoire. Après plusieurs incidents et emprisonné à deux reprises, il doit comparaître en cour. Thomas Scott est déclaré coupable de trahison par le gouvernement provisoire d’Assiniboia et est exécuté le 4 mars 1870. Cette action enflamme la population ontarienne orangiste, qui voit l’exécution de Scott comme un meurtre.
 
Voilà pourquoi une amnistie pour ceux qui ont pris part à la rébellion, surtout pour Louis Riel et les membres du gouvernement provisoire, était si importante.
 
Le 22 juillet 1870 arrivent à la Rivière-Rouge les troupes du Colonel Garnet Wolseley. Envoyées par le Premier ministre, Wolseley les présente comme un service policier. Au moyen d’une proclamation, Wolseley explique qu’ils sont un groupe paisible. Cependant, ces hommes ne cherchent qu’à se venger pour le « meurtre » de Thomas Scott, et veulent tout particulièrement la tête de Louis Riel. Celui-ci fuit la Rivière-Rouge en direction des États-Unis.
 
Ces événements sont très difficiles pour Julie, si fière des accomplissements de son cher fils, qu’elle perd ainsi une deuxième fois.
 
Les temps qui suivent sont très sombres chez les Riel et plusieurs autres familles métisses. Un ordre orangiste devient le système d’autorité officiel à la Rivière-Rouge et met au pouvoir plusieurs qui sont déterminés à se venger contre les catholiques, les francophones et les Métis. Les Métis se réfugient dans leurs demeures pour éviter tout contact avec ces gens. Leurs maisons se font fouiller, leurs possessions sont détruites, et de plus, ils subissent bien des abus.
 
Julie peut revoir Louis trois semaines plus tard, alors qu’il revient secrètement pour une courte visite à la Rivière-Rouge. Elle est aussi très soulagée d’apprendre que sa fille Sara (devenue religieuse) est transférée à la Maison-Mère à Saint-Boniface du couvent de Saint-Norbert. C’était un endroit plus sécuritaire.
 
L’appui et l’amour inconditionnels de la famille Riel pour Louis leur valent plusieurs souffrances. À titre d’exemple, en décembre 1871, entre 10 et 15 Anglais s’introduisent par force dans la maison de Julie, alors qu’elle et sa fille Marie sont seules à la maison. Ces hommes recherchent Louis. Lorsque les femmes refusent de leur dévoiler où il se trouve, les Anglais fouillent la maison entière. Ne pouvant le trouver, ils pointent un fusil à Marie, mais en vain. Celle-ci n’aurait jamais trahi son frère. Une fois ces malveillants partis, Julie et Marie s’empressent de faire avertir Louis.
 
À la fin février 1871, trois des enfants de la famille Riel, Louis, Marie et Charles, vivent à Pointe-à-Michel, une petite communauté sur les bords de la rivière Pembina. Lorsque Julie apprend que Louis et Marie sont tous les deux tombés très malades, elle décide de faire le long trajet à Pointe-à-Michel pour soigner ses enfants. C’est clair que les Riel formaient une famille très unie et qu’ils démontraient beaucoup d’affection les uns envers les autres.
 
Cette même année, Julie se sent suffisamment à l’aise financièrement pour se permettre de visiter le photographe Ryder Larsen, dont le studio photographique était situé à Winnipeg. Sept des neuf enfants Riel sont photographiés ce jour-là. Quatre photographies de la visite existent toujours aujourd’hui :  (1) Henriette et Eulalie; (2) Octavie et Marie; (3) Charles et Joseph; (4) Julie et le cadet, Alexandre. Les deux aînés, Louis et Sara, sont absents. 
 
Par après la famille connaît plusieurs moments difficiles. En décembre 1872, Julie et sa famille apprennent que Sara, ayant quitté la Rivière-Rouge pour devenir missionnaire à l’Île-à-la-Crosse, est presque décédée d’une pneumonie grave. L’année suivante, le 25 janvier 1873, Marie est décédée d’influenza. Il est dit que Julie a souffert de maux de têtes pour des années après la mort de sa fille.
 
En septembre 1873, deux hommes, John Kerr et John Ingraham, arrivent chez Julie avec un mandat pour l’arrêt de Louis. Heureusement, il avait été prévenu par A.G.B Bannatyne et peut s’enfuir avant leur arrivée. Encore une fois, la maison est fouillée, causant beaucoup de stress chez Julie et ses enfants.
 
Le 11 février 1875, le Premier ministre Alexander Mackenzie offre enfin l’amnistie pour tous ceux qui ont participé à la Rébellion, sauf Louis Riel. Ce dernier s’exile du Canada pour cinq ans. Bien qu’elle ne sache ni lire ni écrire, Julie reste toujours en contact avec son fils par lettre. Souvent ses filles écrivent ses lettres pour elle et lorsque Julie en reçoit, elles les lisent pour leur mère.
 
Plus tard cette même année son fils Charles meurt. On le surnommait Meunier possiblement parce qu’il avait continué à exploiter le moulin à grain. Atteint d’une grande fièvre, Charles est décédé le jour de son anniversaire, le 4 novembre 1875, à l’âge de 21 ans.
 
Heureusement, à compter de 1880, la situation économique de la famille s’améliore. La propriété de Julie compte alors 232 acres et inclut les lots 793 et 794, mis ensembles afin de former le lot 51, ainsi que la parcelle de 24 acres (lot 50) sur la rivière Seine. Joseph, maintenant plus âgé, prend la direction de la ferme. Cette même année il bâtit aussi la maison de la famille Riel que nous pouvons visiter de nos jours. De plus, Julie vend son lot situé à Sainte-Agathe deux ans plus tôt.  Cette transaction fournit l’argent dont ils sont en grand besoin. Au fil du temps la terre est divisée en lopins et répartie entre Henriette, Octavie, Joseph et Alexandre. Petit à petit, elle est vendue par ceux-ci.
 
Julie put voir plusieurs de ses enfants se trouver des conjoints. Octavie épouse Louis(on) Lavallée en 1875. Ce mariage donne un total de six enfants. Eulalie épouse William Gladu en 1879 et Alexandre marie Élise Poitras 1881. La même année, Louis demande Marguerite Monet dite Bellehumeur en mariage. Le mariage a lieu le 27 avril 1881. En juillet 1883, Henriette épouse Jean-Marie Poitras et enfin en 1884, Joseph épousa Éléonore Poitras, sœur d’Élisa et de Jean-Marie Poitras qu’avaient épousés Alexandre et Henriette.
 
Malheureusement, entre-temps Sara, ou Sœur Marguerite-Marie, qui s’était remise de sa pneumonie presque dix ans plus tôt, tombe malade à nouveau. Julie et sa famille connaissent alors une autre perte lorsque Sara est décédée de consomption à la fin décembre 1883.
 
Les Métis et les autochtones de la Saskatchewan d’aujourd’hui font face à des défis semblables à ceux survenus au Manitoba en 1869-1870. À l’été 1884, certains de ces Métis et autochtones réussissent à convaincre Louis Riel de revenir au Canada des États-Unis. Ils cherchaient ainsi quelqu’un pour les guider dans leurs démarches pour protéger leurs droits, et vu son succès au Manitoba, Louis Riel était le candidat parfait.
 
Cette nouvelle résistance contre le gouvernement canadien, la Résistance du Nord-Ouest, dure environ cinq mois. Louis Riel mène un groupe de Métis et d’autochtones qui forment un deuxième gouvernement provisoire, « le petit provisoire », en mars 1885. Après de nombreuses batailles contre de grandes forces armées envoyées par Ottawa de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Écosse, Louis Riel est accusé de haute trahison contre le gouvernement canadien. Il est condamné à mort le 18 septembre 1885 et exécuté à Régina le 16 novembre 1885. La dernière lettre que Louis écrit, le soir avant sa pendaison, s’adresse à sa chère mère, Julie.
 
Plus tôt, en juin 1885 durant le procès de Louis, Joseph ramène la famille de son grand-frère à Saint-Vital. La femme de Louis, Marguerite, ainsi que leurs deux enfants, Jean et Angélique, viennent vivre chez Julie lors de ces temps difficiles.  Au début de septembre de cette même année, avant la date premièrement fixée pour la pendaison de Louis (le 18 septembre), Joseph, Marguerite et Julie partent de Saint-Vital pour se rendre le visiter à Régina.
 
Même après la pendaison de Louis, Marguerite et ses enfants restent chez Julie. Marguerite tombe très malade et meurt de tuberculose peu de temps après la mort de son mari, le 24 mai 1886. Ce fut donc Julie qui, avec l’aide de ses enfants, élève Jean et Angélique, âgés de deux et trois ans lorsqu’ils perdirent leurs deux parents.
 
Les prochaines années sont plutôt difficiles pour Julie et sa famille. En 1886, il ne reste qu’Octavie, Eulalie, Joseph, Henriette et Alexandre des 11 enfants de Julie. De plus, il est dit que les Riel souffrent d’une aliénation sociale après la mort de Louis2, un sujet très controversé pour bien longtemps.
 
En 1892, sa femme, Éléonore morte lors d’un accouchement, Joseph se remarie. Il épouse Amanda Perreault dit Morin, avec qui il a deux enfants qui survivent à l’âge adulte.
 
Plus tard, en 1899, Joseph devient maître des postes à Saint-Vital. La maison de Julie et sa famille devient ainsi le premier bureau de poste de cette région.
 
Élisa Poitras meurt peu après, en 1903. Alexandre et elle ont eu 11 enfants ensemble. Alexandre épouse alors en secondes noces, Bibiane Poitras, la sœur d’Élisa, en 1906. Malgré les conventions de l’époque, Julie, de son côté, ne se remaria pas.
 
Julie Lagimodière Riel est décédée en mai 1906, à l’âge de 86 ans. Elle est précédée par huit de ses enfants, ainsi que son mari, et inhumée à la Cathédrale de Saint-Boniface.
 
La maison de Julie continue d’appartenir aux membres de la famille Riel jusqu’à ce qu’elle soit achetée par Parcs Canada en 1969-70. Plus précisément, elle appartient alors aux descendants de Joseph Riel. C’est Yvonne Vermette, la veuve d’Honoré Riel (fils de Joseph) qui en est la propriétaire lorsque la maison acquise par Parcs Canada. Il ne reste que ¾ d’un acre des 232 acres de jadis.
 
La Maison Riel, située au 330 chemin River, est ouverte au public le 20 juin 1980, après près de dix ans de travaux. L’année suivante, en 1981, elle est désignée Parc historique national et gérée par la Société historique de Saint-Boniface ainsi que Parcs Canada. Il est toujours possible de nos jours de visiter la Maison Riel, restaurée afin d’interpréter le printemps de 1886. Des tournées guidées s’offrent au site, qui donnent un aperçu de la vie quotidienne des familles métisses de l’époque et qui permettent de mieux connaître l’histoire du Manitoba.
 

1 En 1871, des arpenteurs regroupèrent la majorité des lots 793 et 794 pour enfin créer le lot 51, mesurant un total de 232 acres.
2 Siggins, Maggie. Riel A Life of Revolution, Harper Collins Publishers Ltd, 1994.
 

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