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Notice biographique

Née vers 1812/1813 à la Colonie de la Rivière-Rouge, Apolline est la cinquième enfant et troisième fille de Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury. Elle est souvent connue sous le nom de Pauline dans plusieurs documents consultés. Avec ses frères et ses sœurs et ses parents, Apolline habite une petite chaumière près de la rivière Assiniboine dans les environs de Saint-Charles de sa naissance jusqu’en 1816. En 1815-1816, Apolline, avec sa mère et ses quatre frères et sœurs, sont hébergés par Peguis le célèbre chef Saulteaux, pendant l’absence de Jean-Baptiste parti pour son voyage vers Montréal. En 1818, la famille Lagimodière occupe le lot qui leur est octroyé par Lord Selkirk à l’embouchure des rivières Rouge et Seine à Saint-Boniface. La même année, en date du 18 juillet, deux jours après l’arrivée des missionnaires catholiques du Bas-Canada, notamment les abbés Provencher et Dumoulin, Apolline et son frère Benjamin se font baptiser.  Marie-Anne leur sert de marraine puisqu’elle est alors la seule laïque de la Colonie à être baptisée.
 
En 1835, Apolline marie Thomas Harrison. Certaines sources relatent que Thomas est le fils du métis Thomas Harrison et de Sarah Amérindienne tandis que d’autres indiquent qu’il est le fils d’Edward Harrison et de Marie Josèphte Crise/Cree indienne. Thomas naît à Cumberland House aux Territoires du Nord-Ouest (la Saskatchewan d’aujourd’hui) le 15 janvier 1814. Ensemble Apolline et Thomas sont parents de 14 enfants, dont 9 garçons et 5 filles : Auguste en 1836, Porphyre en 1838, Dolphis en 1839, Marie-Anne en 1843, Rémi vers 1844, Damase en 1845, Josèphte en 1847, Catherine en 1849, Mélanie en 1851, Caroline en 1852, Suzanne en 1855, Philomène en 1857, Joseph en 1859 et Edouard en 1860.
 
Selon les recensements de 1838 à 1849, Apolline et Thomas sont fermiers, cultivateurs et fréteurs prospères à Sainte-Anne. En 1849, ils possèdent 28 animaux domestiques notamment des chevaux, des bœufs, des vaches, des porcs, et des moutons. Ils sont également propriétaires d’une maison, une étable et cinq charrettes. Selon le recensement de 1840, comme était la coutume à cette époque, la famille d’Apolline accueille dans son foyer une jeune fille pour aider avec les tâches ménagères et les enfants.
 
Neuf ans après la mort d’Apolline en 1865, selon le « Plan of River Lots in the Parish of Ste Anne, Province of Manitoba » de 1874, Thomas est propriétaire du lot 23 avec 232 acres de terrain; Auguste occupe le lot 58 avec 188 acres et le lot 66 avec 200 acres; et Dolphis possède le lot 63 qui compte 189 acres.
 
La famille d’Apolline occupe une place importante dans l’histoire de la Colonie, et dans la politique entourant la revendication des Métis, soit par leur propre implication politique ou par leurs mariages. Vers 1860, Marie-Anne, fille d’Apolline et Thomas, marie Charles Nolin qui est également très impliqué dans la Colonie de la Rivière Rouge. Or, Charles n’est pas entièrement en accord avec les revendications de Louis Riel, cousin de sa femme, ni avec Auguste, le frère de son épouse. Néanmoins, selon les journaux locaux de 1871 et 1872, les deux hommes, notamment Auguste Harrison et Charles Nolin travaillent de concert en ce qui concerne la « Réserve des Métis ».Réclamation de terre par Norbert Nolin, 17 octobre 1871
De plus, Thomas Harrison, ainsi que Charles et son frère Duncan Nolin, époux de Caroline, participent à la Convention des Quarante en 1870. Selon les écrits de George Stanley leurs propos soulèvent la colère de Louis Riel, neveu d’Apolline. Il a fallu bon nombre d’années avant que les relations entre Charles Nolin et Louis Riel deviennent cordiales. Cependant, puisque Thomas est porteur aux funérailles de Louis Riel en 1885, ces deux hommes semblent s’être réconciliés.
 
Pour sa part, Auguste, fils aîné d’Apolline, cousin de Louis Riel, marie Lucie Champagne dit Beaugrand en 1863.  Au cours de sa vie, Il occupe d’importants postes. Entre autres, Il devient membre de l’assemblée législative d’Assiniboia, formée à partir de la Convention des Quarante, et en 1887 on lui attribue le titre de co-fondateur de l’Union nationale métisse de Saint-Joseph.
 
Après la mort d’Apolline, la famille Harrison célèbre bon nombre de mariages entre 1867 et 1885: Catherine marie le métis Isidore Huppé en 1867. Dolphis marie la métisse Élise Cyr en 1868.  En 1870 deux mariages se célèbrent. Caroline marie Duncan Nolin, frère de Charles, époux de sa sœur Marie-Anne et Mélanie marie Octave Perreault dit Morin. Philomène et Joseph Champagne s’unissent à leur tour en 1871. En 1875 Josèphte épouse Euchariste Perreault dit Morin, frère d’Octave, conjoint de Mélanie.  Damase épouse Hélène Jérôme dit Saint Matte en 1873. (Hélène avait eu comme premier époux Elzéar Goulet qui a pris part à l’affaire Thomas Scott et par conséquent y avait perdu la vie). En 1881 Joseph marie Marie-Anne Domitilde Nolin. Et enfin, Edouard épouse Marie Caroline Curtaz en 1885.
 
Quant à Rémi, selon l’histoire familiale, il n’aurait pas été victime de l’épidémie de typhoïde de l’époque.  Plutôt, il est tué par la foudre au temps des foins, le 13 juin 1865. Sa mère Apolline, assise à l’ombre d’une charrette témoigne du coup de foudre qui frappe Rémi et ses chevaux.  Homme et bêtes meurent instantanément au grand désarroi d’Apolline. L’endroit de l’accident est connu sous le nom « marais de l’argent » par les ainés jusqu’à tout récemment.
 
Apolline meurt à l’âge de 52 ou 53 ans le 4 septembre 1865 et est inhumée à Saint-Boniface le 6 septembre 1865. 
 
1. Chronologie de la vie de Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury, Alfred Fortier, ASHSB.
2. Doing Canadian History n.0, content and editor, Norma J. Hall PhD.
3. Recensements de la Colonie de la Rivière-Rouge, 1832-1849, Archives du Manitoba.
4. Louis Riel, George F. G. Stanley, 1985
5. Saint-Laurent, Manitoba, Evolving Métis Identities, 1850-1914. Nicole St-Onge
 

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