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Notice biographique

Né le 11 décembre 1811 dans un camp d’hivernement à Pembina, Dakota du Nord. Benjamin est le troisième enfant et deuxième fils de Jean-Baptiste Lagimodière et de Marie-Anne Gaboury. Il passe sa jeunesse à voyager les plaines de l’Ouest avec sa famille jusqu’à qu’ils s’installent en permanence à la Colonie de la Rivière-Rouge. De 1812-1816, les Lagimodière habitent une petite chaumière près de la rivière Assiniboine dans les environs de Saint-Charles. Lorsque Jean-Baptiste entame son voyage à Montréal en 1815-1816, Marie-Anne et ses cinq enfants acceptent la générosité du chef Saulteaux, le célèbre Peguis, qui les héberge en l’absence de Jean-Baptiste. Parfois la famille emménage une rustique cabane, parfois ils logent dans un tipi. En 1818, ils occupent le lot octroyé par Lord Selkirk qui se trouve à l’embouchure des rivières Rouge et Seine à Saint-Boniface. Le 18 juillet 1818, Benjamin et sa soeur Apoline sont baptisés, deux jours après l’arrivée des missionnaires catholiques, les abbés Provencher et Dumoulin et le séminariste Guillaume Edge. Leur mère sert de marraine puisqu’elle est la seule laïque de la Colonie à avoir déjà été baptisée.
 
Dès l’âge de 20 ans, Benjamin exploite sa propre terre tout près de celle de son père et de son frère ainé, Jean-Baptiste (Laprairie). Le recensement des années 1832-1833 indique qu’il cultive cinq acres de terre et qu’il possède cinq animaux domestiques.  En 1834, Benjamin est assez bien établi et confiant de son avenir qu’il demande à Angélique Carrière (fille d’André Carrière et d'Angélique Dion) de l’épouser. Le couple se marie le 21 janvier à Saint-Boniface.
 
Pendant les années 1840, la famille de Benjamin et Angélique grandit suite aux naissances de deux filles, Céleste en 1841 et Camille en 1843. Selon les recensements de 1838-1847, le couple aurait eu deux ou trois garçons mais ils ne semblent pas avoir atteint l’âge adulte.
 
Les recensements des années 1838-1847 démontrent que Benjamin comme son père et ses frères est un fermier, cultivateur et fréteur accompli. La famille Lagimodière se classe parmi les colons les plus prospères. Benjamin cultive entre 5 et 9 acres de terre et il détient à lui seul 57 animaux domestiques dont des chevaux, un troupeau de vaches, des porcs et des moutons. Il est propriétaire d’une maison, deux étables et d'une grange. Il possède 10 bœufs et entre 3 et 4 charrettes ce qui peut indiquer qu’il est impliqué dans le transport des marchandises et qu’il participe possiblement à la chasse aux bisons.
 
Louis Riel, père, et Guillaume Sayer, SHSB 515C’est aussi à cette époque que Benjamin s’implique, avec plusieurs de ses cousins, à résoudre les « troubles » de la Colonie. Benjamin appuie le mouvement des Métis en faveur de la traite indépendante des fourrures. Entre 1842-1849, les colons, particulièrement les Métis francophones, s’opposent ouvertement au monopole commercial de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Naturellement, les colons veulent vendre leurs fourrures et marchandises à quiconque paiera le meilleur prix. Ceci suscite le célèbre procès de Guillaume Sayer accusé et emprisonné pour avoir trafiquer des fourrures de façon illicite. Comme c’est la tradition chez les Métis on forme un conseil qui se charge de la marche à suivre. Louis Riel père qui dirige ce conseil, invite son beau-frère Benjamin à en faire partie. Après maintes protestations de la part des Métis, Guillaume Sayer est libéré sans peine et le commerce à la Rivière-Rouge est déclaré « libre » Une victoire pour les Métis! 
 
Cet événement marquant de l’histoire de la Colonie de la Rivière-Rouge est aussi le début d’une grande amitié et d’un partenariat commercial entre les deux beaux-frères, Benjamin et Louis Riel père. Louis Riel père est marié à Julie Lagimodère, la sœur de Benjamin. En 1855, Louis père et Benjamin construisent et exploitent un moulin à moudre le grain sur le lot 793 (lot 50), une parcelle de vingt-quatre acres qui touche la rivière Seine à St. Vital et qui fait partie d’un terrain de 169 acres appartenant à François Gendron. Il semble que les deux familles habitent ensemble sur le lot. 1855 est aussi l’année pendant laquelle Jean-Baptiste père meurt. Son épouse Marie-Anne vient habiter chez son fils Benjamin pour être plus près de ses enfants. Selon l’historienne Diane Payment, “ en 1862, Gendron vend officiellement la parcelle de 24 acres, emplacement du moulin à farine de Riel et Lagimodière, à Lagimodière régularisant ainsi un accord privé qui remonte au début des années 1850.”  Le moulin à grain n’est pas un énorme succès mais il est assez rentable pour que Benjamin continue à l’exploiter après le décès de Louis Riel père en 1864.
 
Les années 1860 sont des années de joie et de tristesse pour la famille de Benjamin. En 1860, sa fille ainée, Céleste épouse Octave Allard, un mariage qui est malheureusement de courte durée puisque Céleste meurt en 1864. L’année suivante, Camille épouse le canadien, Édouard Élémont , qu’on surnomme Bodé. En 1867, Benjamin vend le terrain et le moulin à son gendre Édouard Élémont et il va s’installer à la Rivière-aux-Rats (Saint-Pierre-Jolys) où se trouvent plusieurs de ses cousins Nault. Il possède toujours le lot riverain 35 ou 66 acres sur le côté ouest de la rivière Rouge.  En 1871, Bodé revend le lot et les bâtiments à sa tante Julie Riel. En 1873, une deuxième grande épreuve vient toucher la famille Lagimodière/Élémont, le décès de Camille, la dernière des enfants de Benjamin et Angélique.
 
Le 13 décembre 1883, quelques jours après son 70e anniversaire, Benjamin rédige son testament. Ses héritiers sont ses quatre petits-enfants : Alexandre et Eugène Allard (fils de Céleste) et Édouard et Angélique Élémont (enfants de Camille). Le document indique qu’il possède huit chevaux, des bêtes à cornes et trois terres. Son épouse, Angélique est toujours vivante et il assure qu’on s’en occupe. Monseigneur Taché et le révérend Monsieur J. Dufresne sont nommés exécuteurs testamentaires. Benjamin signe avec sa marque; Octave Allard et Chrysostôme Bousquet sont les témoins.
 
Benjamin meurt le 21 janvier 1891 à Saint-Laurent possiblement chez son petit-fils et héritier Eugène Allard. Il est inhumé au cimetière de la paroisse deux jours plus tard.
 

1. Chronologie de la vie de Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury, Alfred Fortier, ASHSB.
2. Goulet, Agnès. Marie-Anne Gaboury, Une femme dépareillée.
3. Recensements de la Colonie de la Rivière-Rouge, 1832-1847. Archives du Manitoba
4. Stanley, Georges. Louis Riel. 1985
5. La Maison Riel, Parc historique national de la Maison-Riel, Manuel d’Interpétation,1988
6. Payment, Diane. Riel Family: Homestead and Lifestyle at St. Vital, 1860-1910. 1988
7. Testament de Benjamin Lagimodière, 13 décembre 1883, Corporation archiépiscopale catholique romaine de Saint-Boniface, No. de référence : 28462-28464
 
 

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