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Notice biographique

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Aquarelle de William Richards - Archives Hudson's Bay Company

William Richards (c.1785-1811), aquarelle : A man & his wife returning with a load of partridges from their tent. Archives Manitoba, Archives du Manitoba, fonds Hudson's Bay Company (1804-1811) N8345(c)

Josette Amérindienne est la première femme (épouse) de Jean-Baptiste Lagimodière. Elle est née dans les dernières décennies des années 1700. Pas beaucoup est connu de Josette autre qu’elle ait rencontré le célèbre voyageur dans les environs de Pembina vers 1800. Selon Georges Dugas, « avant son voyage à Maskinongé (automne/hiver 1805) M. Lagimodière avait déjà demeuré quatre ans à cet endroit (Pembina); il avait même laissé une indienne qu’il avait gardée pendant son séjour dans ce poste ». Leur union est un mariage dit à la façon du pays.
 
Un mariage à la façon du pays, c’est-à-dire selon la tradition amérindienne, est la norme pour les alliances au Nord-Ouest à cette époque. C’est une alliance autant commerciale que sociale et qui convient bien aux deux partenaires. L’épouse autochtone sert de traductrice, de guide, aide à son conjoint à survivre dans un environnement souvent hostile et facilite les liens de traite entre les deux parties. Pour une femme amérindienne, un mariage avec un “Canadien” ou autre employé des compagnies de fourrures, lui apporte un certain prestige au sein de sa communauté et un accès plus direct aux produits si convoités du troc. Il faut se rappeler qu’avant 1818 il n’y avait aucune église ni de clergé pour bénir les alliances entre couples. Lorsque les missionnaires catholiques arrivent à la Colonie de la Rivière-Rouge en 1818, et ceux des protestants en 1820 et 1823, la pratique des mariages à la façon du pays devient moins courante.
 
Entre 1800-1805, Josette et Jean-Baptiste ont trois filles, Marie-Rose « Antoinette » née en 1801 dans la région de Saint-François-Xavier; Marguerite et Lizette entre 1802 et 1805. Jean-Baptiste Lagimodière hiverne au Fort des Prairies (Edmonton) entre 1804-1805 et il se peut que la dernière de ses filles y soit née.
 
Les alliances à la façon du pays ne sont pas généralement permanentes quoique certaines le sont. Dans le cas de Jean-Baptiste, il quitte Josette et leurs trois filles à l’automne/hiver 1805, pour se rendre à Maskinongé, Québec. Il épouse Marie-Anne Gaboury au printemps 1806. Â l’automne de la même année, Jean-Baptiste et sa nouvelle épouse sont de retour dans l’Ouest et hivernent à Pembina. C’est là que se retrouve Josette. On ne peut qu’imaginer l’amertume de Josette lorsque celle-ci se rend compte qu’elle a été déplacée.
 
L’histoire orale (familiale) laisse croire qu’il y a eu des liens intimes entre Jean-Baptiste et ses trois filles qui ont habité les environs de la Colonie de la Rivière-Rouge. Elles ont possiblement été acceptées par Marie-Anne Gaboury. Avant leur mariage, toutes les trois portaient le nom ‘Lagimonière’. Certains prétendent que les filles auraient même vécu chez les Lagimodière de temps à autre.
 
Quant à Josette, elle est disparue des annales de l’histoire mais elle vit toujours dans les souvenirs de ses descendants Robillard, Hayden, Brussels et Sanderson.

1. Dugas, Georges. La Première Canadienne au Nord-Ouest, ou Biographie de Marie-Anne Gaboury, arrivée au Nord-Ouest en 1806, et décédée à Saint-Boniface à l'âge de 96 ans. Montréal, Cadieux, 1883. [Première édition].
Nouvelle édition, rev. et corr. par l'auteur, sous le titre : La Première Canadienne au Nord-Ouest ou Biographie de Marie-Anne Gaboury qui monta au Nord-Ouest en 1807, (sic) et décédée à Saint-Boniface, à l'âge de 96 ans. Saint-Dizier (France); Thévenot, 1907.
Une 3e édition, rev. par la Société historique de Saint-Boniface, sous le titre : La Première canadienne au Nord-Ouest, ou biographie de Marie-Anne Gaboury qui monta au Nord-Ouest en 1806, décédée en 1875, à Saint-Boniface, à l'âge de 95 ans. Winnipeg, Canadian Publishers, 1945.
2. Déclaration pour le scrip des Métis, RG15. ASHSB
3. Dugas. Opus cit. Première édition.

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