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Saint-Alphonse

Lieu d'abord connu comme Decosse jusqu'en 1885, le village de Saint-Alphonse au Manitoba est situé au cœur de la région de La Montagne. Les premiers à parcourir la région sont les Ojibwés, les Cris et les Assiniboines qui parcourent le territoire boisé et qui profitent de son gibier et des fruits qui y poussent. Ces derniers seront éventuellement repoussés dans les réserves environnantes suite à la signature des traités vers la fin du dix-neuvième siècle.

Les premiers colons à Saint-Alphonse arrivent d’Îlet-de-Bois (Saint-Daniel) en 1882. Il s’agit de Louis et d’Herménégilde Vendette, deux Canadiens-Français. Jules Poirier arrive quelque temps plus tard pour s’y installer suivi de plusieurs autres familles canadiennes-françaises. En 1883, déjà, on compte environ 200 personnes. La mission est alors desservie par le curé de Saint-Léon, l’abbé Théobald Bitsche.

L’abbé Bitsche décide de mettre la mission sous le vocable de saint Alphonse de Ligouri en l’honneur de l’honorable Alphonse-Alfred-Clément LaRivière. Le 6 décembre 1883, Saint-Alphonse devient officiellement une paroisse grâce à Jules Poirier et Louis Vendette qui donne 20 acres de terre pour la construction d'une église et d'une école. Elle est tout d’abord desservie par l’abbé Joseph Lavoie qui n’y reste que jusqu’en 1884. La construction d’une église et d’un presbytère coûtant trop cher, Saint-Alphonse reçoit, pendant quelques années, la visite d’un curé trois ou quatre fois par année.

Mademoiselle Phélonise Chapdelaine décide de prendre en main l’éducation des enfants. Elle tient tout d’abord l’école dans l’édifice qui sert d’église temporaire. Ce n’est qu’en février 1885 qu’on ouvre une vraie école où elle continue d’enseigner jusqu’à son mariage en 1889. C’est aussi en 1885 que Saint-Alphonse accueille son premier prêtre résident en la personne de l’abbé Télesphore Campeau qui a aussi la charge de dix-huit autres missions.

Ce n’est qu’en 1887 que les paroissiens de Saint-Alphonse peuvent finalement célébrer la messe dans une église. C’est juste à temps, car en 1889 un gros contingent d’immigrants flamands de Belgique arrive à Saint-Alphonse. En tout on compte une vingtaine de familles arrivées entre 1889 et 1890. L’arrivée de ces immigrants belges transforme le village. À la fin du dix-neuvième siècle, les paroissiens flamands demandent à l’Archidiocèse de Saint-Boniface de leur envoyer un curé pouvant parler leur langue. C’est en 1899 que Gustave Willems est nommé curé de la paroisse. Mais il ne reste pas longtemps et l’Archevêché aura longtemps de la difficulté à trouver des prêtres pouvant desservir toute la population de Saint-Alphonse.

Les colons vivent principalement d’agriculture. Les terres boisées sont difficiles à défricher mais la terre est fertile. Par contre, le manque de route rend la tâche plus difficile. Avant la venue du chemin de fer à Mariapolis en 1890, les fermiers devaient porter leur blé jusqu’à la gare de Manitou. Ce voyage se faisait en deux ou trois journées. Ces derniers vendaient aussi souvent le bois qu’ils avaient coupé sur leurs terres comme bois de chauffage.

Par contre, c’est à partir de 1899 que les enfants de Saint-Alphonse peuvent bénéficier de l’enseignement des Chanoinesses Régulières des Cinq Plaies du Sauveur. Ces dernières ouvrent un couvent et une école-pensionnat qui accueille les élèves des environs. Mais à partir des années 1930 le nombre de familles francophones est en déclin.

C’est pour cette raison que les Chanoinesses demandent aux Ursulines, qui ont déjà un couvent à Bruxelles, de les remplacer en 1932. Les Ursulines gèrent alors un pensionnat-école qui accueille des élèves de la province du Manitoba et de la Saskatchewan. Elles gèrent l’école jusqu’en 1964, date de l’ouverture d’une école plus moderne par la Division scolaire de La Montagne. Elles continuent néanmoins à y enseigner jusqu’en 1967. C’est à ce moment qu’Ed Woroshello devient le premier directeur laïc de l’école de Saint-Alphonse.

Mais la population est en déclin et en 1996 on doit fermer l’école par manque d’élèves. Néanmoins, aujourd’hui, le village de Saint-Alphonse est encore un village florissant. Ces habitants vivent principalement d’agriculture et d’élevage. Flamands, Canadiens-français et anglophones ont su apprendre à vivre ensemble et à collaborer pour assurer la survie de leur communauté.

Brandt, Yvette. Memories of Lorne 1880-1980, Somerset, Municipality of Lorne, 1981.

Roy, Marie-Anna Adèle, La Montagne Pembina au temps des colons, Winnipeg, Canadian Publishers, 1969.


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