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Conclusion

La colonie de la Rivière-Rouge, sous le gouvernement de la Compagnie de la Baie d'Hudson, n'a jamais été constituée d'une population homogène. Créée en partie par des colons écossais de Selkirk, des descendants des employés des compagnies du Nord-Ouest et de la Baie d'Hudson s'y ajoutèrent, ainsi que des autochtones qui étaient déjà sur place bien avant des Européens et des Canadiens. Quelques hommes blancs, venus du Canada français et de l'Angleterre, pour prendre des postes dans la hiérarchie gouvernante de la compagnie, pour répandre le christianisme sous ses couleurs catholiques ou protestantes, ou simplement pour y faire le commerce, s'ajoutèrent au mélange.
 
C'était donc un mélange de races, de cultures, de langues et de religions qui existait sur les rives de la rivière Rouge. La communauté était relativement pacifique et respectueuse des lois et des différences entre les groupes constituant la colonie. Mais ce n'est pas dire qu'il n'y avait pas de tensions. Le gouvernement de la Compagnie travaillait aux intérêts pécuniers de celle-ci, mais était ramené à l'ordre par les intérêts défendus par les colons, comme c'était le cas dans le procès Sayer en 1849 qui ouvrit la porte au libre-échange des fourrures et de l'arrivée de marchands américains. La compagnie aidait aussi les ministres du culte, leur reconnaissant une influence bénéfique parmi les populations autochtones qui entouraient l'Assiniboïa,  ainsi que sur les Métis et les Half-breed. Vu la petite population de la colonie, les tensions entre le mode de vie agricole sédentaire et celui semi-nomadique de la chasse étaient moins fortes.
 
L'arrivée des expéditions Palliser et Dawson-Hind en 1857 augmenta l'intérêt du monde extérieur pour la colonie. Compte tenu des rapports qui décrivaient le climat sous un aspect favorable, la demande pour des terres augmenta et la présence de nouveaux arrivants, venus du Haut-Canada, aggravèrent les tensions dans la colonie. Ce groupe d'Orangistes n'y retrouvait pas la mentalité et l'attitude britannique unies par une langue et une religion. À haute voix, ils proclamèrent les "avantages" de la "civilisation", voire justement un impérialisme qui ne laissait pas de place à l'Autre non-britannique.
 
Ça ne devrait donc pas être trop surprenant que la vieille colonie se méfiait des nouveaux arrivés et de leurs liens au gouvernement du Canada qui, avec l'achat de la Terre de Rupert en 1869, se préparait à gouverner un pays sans vraiment le connaître et sans demander l'avis des principaux intéressés qui y vivaient. Que tous les représentants du gouvernement lointain arrivant dans la colonie tombent dans la poche du parti "Canadian" démontre aussi une myopie dogmatique qui ne pouvait sûrement pas encourager les autres groupes, surtout ceux qui ne partagaient pas la langue, la culture et la religion de ce parti. Ce sera ce groupe, celui des Métis francophones et catholiques, qui mènera la résistance au gouvernement du Canada, afin de sauvegarder les droits dont ils jouissaient dans la colonie d'Assiniboïa. Certains prêtres catholiques canadien-français les soutiendront afin que la Rivière-Rouge puisse progresser en suivant le modèle de la province du Québec, plutôt que celui de l'Ontario d'où sont issus les Canadians.

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