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La Confédération ni pour ni contre - Les Métis anglophones

Le second groupe métis, celui des Anglophones, ne se porte pas à la résistance comme les Métis francophones. À moitié anglais, et de religion protestante, ils ont plus d'affinités avec la classe dirigeante de la colonie, ainsi qu'avec les "Canadians". Comme les Métis francophones, adhérents à la religion catholique et bienveillants envers ses prêtres, les Métis anglophones, nommés Half-breeds, sont attachés aux ministres protestants, anglicans et presbytériens. Ces attachements vont les tirer dans différentes directions à mesure que les tensions montent, mais pas assez sérieusement pour qu'ils prennent les armes contre un gouvernement ou l'autre.
 
Les attitudes racistes des directeurs de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui avaient souvent pris une femme autochtone à la mode du pays, mais qui empêchaient la promotion des Half-breeds au sein de la compagnie, ne favorisaient aucunement l'épanouissement économique de ceux-ci. Certains Half-breeds, tels que William Isbister et Alexander Ross, quittèrent la colonie pour s'éduquer, mais la plupart étaient contents de suivre les directives du clergé, de la compagnie, ou des gens plus instruits. Étant donné les préjugés des blancs, les Half-breeds se rapprochèrent de leur identité britannique. Ils adoptaient plus volontiers l'agriculture et la sédentarisation comme mode de vie que les Métis francophones ne le faisaient.
 
L'arrivée des "Canadians" suivant Dawson et Hind, perturba la paix qui existait dans les paroisses protestantes. Les démêlées du pasteur Corbett avec la cour judiciaire de la colonie en 1862 accentuèrent les divisions sectairiennes dans la communauté. L'opposition entre les pétitionnaires pour une colonie de la couronne et les annexionnistes avec le Canada encouragea la rupture des points de vue. Selon Frits Pannekoek:
«No one élite group emerged to seize the leadership and every important question generated only intense quarrelling. Rather than putting forward solutions, each faction advanced its own social and political ends, whether for Crown Colony status, annexation to Canada, or Protestant supremacy. Halfbreeds, uncertain of whether they owed their principal allegiance to their race, their religion, their kinfolk, or their Company heritage, were open to persuasion that it was religion, by any factious clergyman or demagogue who wished to use them to further his own needs.»1
 
Malgré l'avènement de ministres protestants issus du peuple métis anglophone, le clergé avait lui aussi des préjugés raciaux. L'évêque anglican Machray se tourna volontiers vers un rêve d'agrandir son église avec l'arrivée d'émigrants du Canada.
«No reliance was to be placed on the Halfbreed. They were considered too poor, too ignorant, and too weak to serve as the foundation upon which to build a new West. Machray (bishop) so detested the petty, poverty-stricken community and so longed for a prosperous peopled West that his principal concern became the preparation of the institutional Church for the union with the Canadian Confederation.
 
Le parti "Canadian", opposé comme il l'était au gouvernement de la colonie, ne put lui non-plus se proposer pour représenter l'intérêt des Half-breeds vis-à-vis des Métis.
«Had the clergy decided to provide some leadership for the Halfbreeds during an armed resistance against Riel, they might have regained some of their lost prestige. Because of the clergy's reluctance to become involved, however, and because of the lack of unity of the Protestant élite (a result of the racial and religious schisms of the 1850s) the Halfbreeds turned to the Canadians for leadership. The new Canadian immigrants at Portage la Prairie and Winnipeg were, however, not yet sufficiently established to provide viable alternatives to the clergy and individual Halfbreed leaders. The resistance occurred, then, in a period of social transition. There was no effective Protestant counter to Riel.
 
Sans direction, les Half-breed restent donc tranquilles. 
 
Dans un article paru dans le Montreal Herald, le 27 novembre 1869, J.J.Hargrave, alors secrétaire au gouverneur MacTavish, rapporte que:
«The English half-breeds have altogether abstained from taking any part in the demonstrations now being made. They, however, will not actively oppose them, and profess no sentiments of loyalty whatever to the Canadian authorities. The entire population of Red River, in fact, with the exception of those now in arms, and a few Canadians lately arrived, are anxious only to preserve the tranquility of the colony, and destitute of any enthusiasm in the matter.
 

 1 Pannekoek, Frits (1991) A Snug Little Flock: The Social Origins of the Riel Resistance 1869-70, Winnipeg, p. 141
 2 Ibid, p. 176
 3 Ibid, p. 176
 4 Article de J.J.Hargrave paru dans le Montreal Herald le 27 novembre 1869, et réimprimé dans Alexander Begg's Red River Journal and other papers relative to the Red River Resistance of 1869-1870, Toronto, The Champlain Society, 1956, p.416
 

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