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Colonie de la Rivière-Rouge 1857-1870

En 1856, la colonie de la Rivière Rouge, le long des rivières Rouge et Assiniboine, compte 6,523 habitants, répartis dans 1,082 familles . La plus grande partie de la population est née dans la Terre de Rupert, et est soit métisse ou indigène. 116 familles viennent de l'Écosse, 92 du Canada, 40 de l'Angleterre, et 3 de l'Irlande. 488 familles sont Anglicanes (Episcopalian selon le recensement), 60 sont presbytériennes, et 534 sont catholiques.
En  1870, le recensement établit par le lieutenant-gouverneur Archibald compte 11,960 résidents, dont 5,720 Métis et 4,080 Half-breed, 560 Indigènes et 1,600 Européens, originaires de l'Écosse, de l'Angleterre, de l'Irlande, mais aussi du Canada . La population est aussi divisée selon la religion, 5,720 Catholiques et 6,240 Protestants. 
C'est donc une augmentation de 5,000 personnes qui viennent taxer les ressources économiques de cette petite colonie basée économiquement sur la traite de fourrure. Le procès Sayer de 1849 avait mis une fin au monopole de la compagnie, mais l'agriculture, la chasse au bison pour fournir le pemmican à la Compagnie, et le transport de fourrures restaient les principales industries jusqu'en 1869. Petit à petit, la communication avec le monde extérieur devient plus rapide. Les brigades de charrettes font le trajet, suivis en 1859 par le premier bateau à vapeur sur la Rivière Rouge. Faute de chemin facile entre le Canada et la Rivière Rouge, et avec l'arrivée du chemin de fer à St-Paul, cette voie américaine devient graduellement celle  le plus utilisée pour les marchandises comme pour les voyages et les communications depuis le Canada.
L'arrivée des premiers colons Canadians de l'Ontario amène aussi le premier journal, le Nor'Wester. En plus de répéter les nouvelles qui arrivent par les journaux de l'Ontario, du Québec, de l'Angleterre et des Etats-Unis, le Nor'Wester propage dans la colonie et à l'extérieur les nouvelles et les opinions qui s'y trouvent. L'arrivée des Canadians change aussi la dynamique politique de la colonie. Car si les gouverneur de la colonie gouverne selon les souhaits et les intérêts de la Hudson's Bay Company, il n'a pas toujours à ses ordres une force policière ou militaire pour assurer le bon fonctionnement de son gouvernement. Il doit donc tenir compte principalement de la bonne volonté des Métis francophones et anglophones, séparés par leurs divisions linguistique et religieuse, mais forts de leur organisation quasi-militaire pour la chasse au bison. Les Canadians, avec leur agenda pro-annexionniste au Canada, vont perturber la colonie dans l'espoir de se retrouver au premier rang lorsque l'émigration qu'ils prévoient de l'Ontario vient bouleverser le rapport des forces.
Le manque de communication de la part des gouvernements, ainsi que les actions du "Canadian Party" ont contribué aux tensions existantes avant et pendant la résistance de 1869-70. Approvisionné par les rumeurs, vu le manque d'information concrète, le conflit des opinions passera à l'action. Les événements de 1869-70 qui ont mené à la création de la province du Manitoba ont fait coulé beaucoup d'encre, et causé une division entre peuples, Métis, Indigènes et Européens de langue anglaise et française. Les grands changements dans le gouvernement et dans le composition de la population, apportés par l'émigration qui suivit la confédération, changea les forces au pouvoir. La société dominée numériquement par les métis fut remplacée par une société dominée par les anglo-protestants impérialistes. 
Sans vouloir argumenter les pours et contres, cette série d'article cherche à mettre à jour  les différentes perceptions de la création de la Confédération vu de la Rivière-Rouge, et de ce à quoi les habitants de la colonie de la Rivière Rouge s'attendaient quand ils on enfin accédé à cette Confédération. Nous verrons tour à tour les perceptions des groupes qui formaient la société dans la colonie, en tentant de s'en tenir aux écrits de l'époque. Nous tenterons de laisser parler pour eux-mêmes les habitants de la colonie de la Rivière Rouge.
En 1856, la colonie de la Rivière-Rouge, établie le long des rivières Rouge et Assiniboine, compte 6 523 habitants, répartis dans 1 082 familles. La plus grande partie de laCathédrale de Saint-Boniface et maison vicariale des Sœurs Grises MSB1293 population est née en Terre de Rupert et est soit métisse ou amérindienne. 116 familles viennent de l'Écosse, 92 du Canada, 40 de l'Angleterre et 3 de l'Irlande. 488 familles sont anglicanes (épiscopalienne selon le recensement), 60 sont presbytériennes et 534 sont catholiques.
 
En  1870, le recensement établit par le lieutenant-gouverneur Archibald compte 11 960 résidents, dont 5 720 Métis et 4 080 Half-breed, 560 Amérindiens et 1 600 Européens originaires de l'Écosse, de l'Angleterre, de l'Irlande, mais aussi du Canada. La population est aussi divisée selon la religion, 5 720 Catholiques et 6 240 Protestants.
 
C'est donc une augmentation de 5 000 personnes qui viennent taxer les ressources économiques de cette petite colonie basée économiquement sur la traite de fourrures. Le procès Sayer de 1849 avait mis fin au monopole de la compagnie, mais l'agriculture, la chasse au bison pour fournir le pemmican à la Compagnie et le transport de fourrures restaient les principales industries jusqu'en 1869. Petit à petit, la communication avec le monde extérieur devient plus rapide. Les brigades de charrettes font le trajet, suivis en 1859 par le premier bateau à vapeur sur la rivière Rouge. Faute de chemin facile entre le Canada et la Rivière-Rouge, et avec l'arrivée du chemin de fer de St-Paul, cette voie américaine devient graduellement la plus utilisée pour les marchandises comme pour les voyages et les communications depuis le Canada.
 
L'arrivée des premiers colons Canadians de l'Ontario amène aussi le premier journal, le Nor'Wester. En plus de répéter les nouvelles qui arrivent par les journaux de l'Ontario, du Québec, de l'Angleterre et des États-Unis, le Nor'Wester propage dans la colonie et à l'extérieur les nouvelles et les opinions qui s'y trouvent. L'arrivée des Canadians change aussi la dynamique politique de la colonie. Car si les gouverneurs de la colonie administre le territoire selon les souhaits et les intérêts de la Hudson's Bay Company, il n'a toujours pas de force policière ou militaire pour assurer le bon fonctionnement de son gouvernement. Il doit donc tenir compte principalement de la bonne volonté des Métis francophones et anglophones, séparés par leurs divisions linguistique et religieuse, mais forts de leur organisation quasi-militaire pour la chasse au bison. Les Canadians, avec leur agenda pro-annexionniste au Canada, vont perturber la colonie par l'espoir qu'ils nourrissent de se retrouver au premier rang lorsque l'immigration qu'ils prévoient de l'Ontario viendra bouleverser le rapport des forces à la Rivière-Rouge.
 
Le manque de communication de la part des gouvernements, ainsi que les actions du "Canadian Party" ont contribué aux tensions existant avant et pendant la résistance de 1869-70. Alimenté par les rumeurs, vu le manque d'information concrète, le conflit des opinions passera à l'action. La décennie qui a mené à la création de la province du Manitoba a fait couler beaucoup d'encre et causer une division entre peuples : Métis, Amérindiens et Européens ou Canadiens de langue anglaise et française. Les grands changements dans le gouvernement et dans la composition de la population apportés par l'immigration qui suivit l'entrée dans a confédération, changea les forces au pouvoir. La société dominée numériquement par les Métis fut remplacée par une société dominée par les anglo-protestants impérialistes. 
 
Sans entrer dans les détails, ce module cherche à mettre à jour les différentes perceptions de la création de la Confédération vue à partir de la Rivière-Rouge et ce que les habitants de la colonie de la Rivière-Rouge espéraient lorsqu'ils se sont enfin joint à cette Confédération. Tour à tour les perceptions des groupes qui formaient la société de la colonie seront présentées en tentant de s'en tenir aux écrits de l'époque. 
 
 
 
Morton, W.L. (1956) "Introduction" in Alexander Begg's Red River Journal and Other Papers Relative to the Red River Resistance of 1869-1870 (Toronto; The Champlain Society), p. 1-148.
 
Morton, W.L. (1968) The West and Confederation 1857-1871, (Ottawa, Canadian Historical Association Booklets No. 9) 
 
Pannekoek, Frits (1991) A Snug Little Flock: the social origins of the Riel Resistance of 1869-70 (Winnipeg; Watson & Dwyer Publishing)

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