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Mission de Fort-Frances

Pendant de nombreux siècles, plusieurs nations autochtones se disputent les territoires du lac la Pluie. Les deux plus grandes nations de la région sont les Ojibwe et les Sioux, mais on retrouve aussi quelques groupes Cri et Monsoni. Ces deux derniers s’allient régulièrement avec les Ojibwe dans leur guerre contre les Sioux et vers 1732, ces derniers ont pratiquement maîtrisé toute la région du lac La Pluie. En outre, ils ont déjà formé une alliance avec les traiteurs de fourrures français qui s’installent temporairement dans la région entre 1717 et 1721.

Le premier prêtre, un jésuite du nom de Charles Messaiger, arrive dans la région du lac la Pluie en 1732 en compagnie de l’explorateur Pierre Gaultier de La Vérendrye qui y établit le fort Saint-Pierre. Après l’arrivée en 1818 des premiers missionnaires permanents dans l’Ouest canadien, la mission de Fort Frances reçoit assez régulièrement la visite d’un prêtre. Les gens de la région bénéficient principalement des visites de l’abbé Georges-Antoine Belcourt qui visite l’endroit entre 1831 et 1845.

La mission de Fort Frances est l’une des plus anciennes missions des Oblats de la Rivière-Rouge. Elle est desservie, dès l’arrivée des premiers Oblats dans l’Ouest en 1845, par le père Pierre Aubert o.m.i. qui décide rapidement d’abandonner la mission alors que les Oblats se concentrent sur les régions de l’Ouest. Les Oblats ne reprennent la mission de Fort Frances qu’en 1867 avec l’arrivée du père Joachim Allard o.m.i. qui dessert les missions de Peguis, de Fort-Alexandre, du lac Winnipeg, du lac des Bois, de Fort Frances et du lac Seul à partir de Saint-Charles au Manitoba. Il visite Fort Frances entre 1867 et 1884 et y revient ensuite comme missionnaire permanent entre 1899 et 1905. En 1876, d’ailleurs, il établit une mission permanente à Fort Alexandre à partir de laquelle, lui et son associé le père Joseph Stanislaus Marcoux o.m.i., visitent régulièrement la mission de Fort Frances.

Le père Charles Cahill o.m.i., qui dessert les chantiers du lac des Bois entre 1888 et 1895 à partir de sa paroisse de Saint-Mary’s à Winnipeg, est chargé des missions indiennes des environs du lac des Bois et du Lac La Pluie en 1889. En 1893 il fonde la mission permanente de Sainte-Marguerite à Fort Frances à partir de laquelle il visite la réserve Kootchiching et les missions situées au nord du diocèse de Duluth aux États-Unis. Mais le missionnaire retourne à Kenora en 1896 où il est chargé d’organiser une école indienne dont il devient le directeur entre 1896 et 1903. Il est remplacé à Fort Frances par l’abbé Clovis St. Amant.

En 1905, deux sœurs Bénédictines, sous la direction de sœur Évangéliste, arrivent de Duluth pour prendre en main l’école catholique séparée de Fort Frances qui ouvre ses portes la même année. De plus, les Sœurs Grises du Manitoba arrivent à Fort Frances en 1906 sous la direction de Sœur Hermine Girard s.g.m. qui restera supérieure de Sœurs Grises de Fort Frances jusqu’en 1910. Les Sœurs Grises prendront en main l’enseignement des élèves de l’école résidentielle de Fort Frances qui ouvre ses portes sur la réserve de Kootchiching en 1906. La même année, le père Ernest Croisier o.m.i. fait construire une nouvelle église à Fort Frances.

Par contre, les Sœurs Bénédictines quittent la paroisse et laissent ainsi l’école sans enseignantes. On les remplace donc temporairement par des enseignantes laïques. La population augmente rapidement avec l’ouverture de nouvelles industries et en 1912, on ouvre une école plus grande. Cette nouvelle école profite de l’arrivée des religieuses de la congrégation Notre-Dame-des-Missions en 1914, sous la direction de sœur Marie-Ildeberge.

En 1940, le père Édouard Paquette o.m.i., demande aux Sœurs Grises du Manitoba d’ouvrir un hôpital à Fort Frances et en 1941 l’hôpital La Vérendrye ouvre ses portes. Puis, en 1949, on décide que la paroisse est devenue trop grande et qu’une seule église ne suffit plus. On en fait donc construire une deuxième qui ouvre ses portes en 1951. De plus, vers la fin des années 1940, on construit des chapelles dans presque toutes les réserves environnantes.

Mais en 1952, la paroisse Sainte-Marie de Fort Frances n’est plus sous la juridiction de l’archidiocèse de Saint-Boniface, mais bien sous celle du nouveau diocèse de Fort William créé le 29 avril 1952, ce qui n’empêche pas les Oblats de continuer leur travail. En 1956, on retrouve des écoles de jour gérées par les Oblats dans la mission de North West Bay, Rivière-Seine et Manitou. L’ouverture d’une route vers Fort William au début des années 1960 rend aussi l’accès aux missions beaucoup plus aisé. En 1963, on construit une nouvelle église et on compte alors trois écoles séparées catholiques.

Mais bien vite, le nombre de religieux décline et les paroissiens se font moins nombreux. En 1974 l’école résidentielle ferme ses portes, faute d’élèves. De plus, en 1975, les Sœurs Grises ne sont plus propriétaires de l’Hôpital La Vérendrye qui devient plutôt la propriété de la municipalité de Fort Frances. Peu à peu, les Oblats laissent leur place aux administrateurs laïcs.

 

Hambley, George H. The Flaming Dance, Story of Fort Frances – Rainy River District, Winnipeg, par l’auteur, 1976.

Mitchell, Estelle. Les Soeurs Grises à la Rivière-Rouge 1844-1984, Montréal

Nute, Grace Lee. Rainy River Country: A Brief History of the Region Bordering Minnesota and Ontario, St. Paul, Minnesota Historical Society, 1950.

Salamon, George C. St. Mary’s Parish Fort Frances, Ont. Inception – Growth – Flowering, Fonds George Salamon om.i., PA 1150.


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