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Bonne Journée canadienne du multiculturalisme!

Publié le 27 juin 2018, par Amélie Drainville

 

À la fin juin, ce ne sont pas les occasions de fêter qui manquent au Canada! Aujourd’hui, on célèbre la Journée canadienne du multiculturalisme, fête qui existe depuis 2002. Cette fête est, tout comme la Journée nationale des Autochtones, une occasion pour les citoyens de célébrer la diversité culturelle au pays, et Winnipeg est un parfait exemple de cette pluralité. Nous avons donc choisi de vous présenter quelques pièces d’archives ayant trait au multiculturalisme, provenant de différents fonds.

Les fonds Société franco-manitobaine et Georges Forest sont plutôt bien garnis en ce qui concerne la diversité culturelle. Allons voir ce que nous avons pu y trouver.

Les deux documents ci-dessus sont issus du Conseil interculturel du Manitoba. Ce conseil a été créé suite à l’adoption de la Loi sur le Conseil interculturel du Manitoba et son mandat consiste à faire des recommandations et à agir à titre d’organisme consultatif pour tout ce qui concerne les questions ethnoculturelles auprès du gouvernement manitobain. La photo de gauche présente la page couverture du règlement administratif du comité. La photo de droite présente l’article III de ce même règlement, qui est fort intéressant puisqu’il stipule que « [l]e fait qu’une organisation s’identifie elle-même à un groupe ethnoculturel est le facteur principal qui sert à déterminer son admissibilité ». Pas mal, non?

Le document ci-contre est un extrait de la Loi sur le multiculturalisme canadien adoptée en 1988 sous Brian Mulroney. Elle vise entre autres à « reconnaître le fait que le multiculturalisme est une caractéristique fondamentale de l’identité et du patrimoine canadiens et constitue une ressource inestimable pour l’avenir du pays, ainsi qu’à sensibiliser la population à ce fait ». Ainsi, cette loi dénonce la discrimination sur la base ethnoculturelle et reconnaît que les Canadiens de toutes origines ont les mêmes droits et doivent avoir des « chances égales d’emploi et d’avancement ».

La lettre ci-contre, envoyée le 20 septembre 1985 et signée par nul autre que le premier ministre de l’époque Brian Mulroney, est une réponse à une lettre de M. Forest, un défenseur des droits des Franco-Manitobains, qui s’insurgeait contre la fusion des Ministères de l’Immigration, de la Citoyenneté et du Multiculturalisme. Il soutenait que l’enjeu du bilinguisme et de la conservation de la langue française serait de cette façon relégué aux oubliettes. M. Mulroney lui répond donc qu’il peut finalement constater que le remaniement ministériel n’a pas eu lieu et soutient qu’il a lui aussi le bilinguisme canadien au cœur de ses priorités, puisque « l’avenir du pays en dépend ». Il ajoute qu’il gardera en tête et considérera ses préoccupations dans des discussions futures à ce sujet. Il termine en le remerciant de l’intérêt qu’il porte envers « la sauvegarde de la mosaïque canadienne ». Parlez-moi d’un premier ministre ouvert sur le monde et respectueux de la diversité!

Toutefois, il faut dire que l’opinion de Georges Forest en était une partagée par la majorité des francophones un peu partout au pays. Ces craintes ont été bien résumées dans une conférence de Robert Painchaud, professeur d’histoire à l’Université de Winnipeg. La conférence avait pour titre « Les francophones de l’Ouest canadien et le multiculturalisme » et a été présentée en février 1976 à Ottawa dans le cadre de la Deuxième conférence canadienne sur le Multiculturalisme. Dans le document de transcription de la conférence, Robert Painchaud explique que la « répugnance » manifestée par les francophones envers la promotion du multiculturalisme est causée notamment par les revers encaissés par la cause bilingue. « Il importe de souligner immédiatement que cela ne veut pas dire que les autres communautés ethno-culturelles sont blâmées pour les difficultés que rencontrent les promoteurs du bilinguisme. Cette attitude révèle plutôt le sentiment d’insécurité qui s’est propagé parmi les minorités francophones de cette région du Canada ainsi que la peur de celles-ci de voir le multiculturalisme saper d’une manière ou de l’autre leur position représentant l’une des pierre angulaires (sic) de la société canadienne. »

Si l’on retourne au règlement administratif du Conseil interculturel du Manitoba, le préambule semble vouloir calmer cette insécurité qui se propage et se perpétue : « La province du Manitoba est officiellement bilingue. C’est aussi une société multi-ethnique. La langue française y a un statut historique et constitutionnel unique lequel statut a été confirmé par les arrêts de la Cour suprême du Canada et par la politique du gouvernement. Le Manitoba a depuis toujours une dimension culturelle riche et variée qui trouve son origine chez les peuples autochtones et sa diversité dans les nombreux groupes ethnoculturels qui sont venus s’y établir. » Il est vrai que les deux causes peuvent être défendues en même temps, puisque que l’on peut considérer que les anglophones et les francophones sont aussi des communautés culturelles à part entière qui ont des droits à faire valoir. C’est donc une façon simple et directe de dire : l’un n’empêche pas l’autre! Malgré tout, les langues officielles et le multiculturalisme continueront probablement d’être des débats distincts qui s’entrechoquent étant donné le contexte historique de la création de la société canadienne.

Pour finir, le fonds Oblats de Marie-Immaculée est aussi une source importante d’information sur plusieurs communautés culturelles du Manitoba. En effet, la vie des populations autochtones, métisses, francophones, polonaises, ukrainiennes, allemandes et italiennes sont documentées dans ce fonds. Il s’agit tout simplement de rechercher dans notre base de données en ligne pour satisfaire votre curiosité! Pour lire plus attentivement le contenu des pièces d’archives utilisées pour la rédaction de cet article, téléchargez le document PDF placé en annexe à la fin de ce texte. Pour en savoir plus sur la Journée canadienne du multiculturalisme, vous pouvez consulter le site du Gouvernement du Canada.

 

 

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Annexe - Extraits des archives sur le multiculturalisme.pdf1.5 MB

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