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École résidentielle Fort-Frances

En 1905, l’école industrielle de Saint-Boniface vient de fermer ses portes. Les Oblats et le Département des Affaires Indiennes décident de la remplacer par plusieurs écoles résidentielles situées dans les réserves pour qu’elles soient plus près des familles. C’est dans ce but que les Oblats font construire une école résidentielle sur la réserve de Kootchiching au nord du lac La Pluie en Ontario. La construction de l’école est dirigée par le frère Théodore de Bijl o.m.i. et ses assistants, les frères Eugène Gauthier o.m.i. et Charles Sylvestre o.m.i.

L’école Sainte-Marguerite ouvre ses portes en 1906. Son premier élève est un Métis du nom de Maurice Bruyère. Elle est gérée par les Oblats et les Sœurs Grises. Ces dernières prennent en main l’enseignement et l’entretien dès l’ouverture de l’école. Au départ, le Département des Affaires Indiennes autorise l’école à recevoir une quarantaine d’élèves.

Le père Hector Brassard o.m.i., qui oeuvrait déjà dans la mission depuis 1902, devient le premier directeur de l’école résidentielle de Fort Frances. Il occupera ce poste jusqu’en 1909. L’école compte alors deux étages et un soubassement en pierre, un système d’eau, une fournaise, des baignoires et de l’eau chaude. On pompait alors l’eau du lac La Pluie. En 1906, on défriche une trentaine d’acres pour agrandir l’école, y installer un cimetière et y cultiver des jardins.

Mais les Oblats ont besoin de plus de terres pour pouvoir financer l’école. Le Gouvernement du Canada octroi donc un autre 20 acres de terres à l’école. Grâce au travail agricole des pères et des élèves qui apprennent le métier d’agriculteur, l’école peut produire une bonne partie de ses réserves alimentaires pour l’année. En 1909, l’école compte 52 élèves et 22 acres de terres agricoles.

L’école grandie à nouveau vers 1911 sous la direction du nouveau directeur, le père Philippe Valès o.m.i. et avec l’aide des connaissances architecturales du frère Théodore de Bijl o.m.i. On ajoute donc une aile afin que l’école puisse augmenter le nombre de ses élèves d’une quarantaine à une soixantaine d’enfants. Ces derniers y apprennent la lecture, le calcul, la géographie et la catéchèse. On leur enseigne aussi des métiers comme l’agriculture, la cordonnerie, la menuiserie, la couture, le tricot, la cuisine ou le tissage. On espère que les élèves pourront ainsi se trouver des emplois plus aisément une fois rendus à l’âge adulte.

Les Oblats font face à plusieurs défis de taille durant leur mission auprès des autochtones de la région du lac La Pluie. Le chemin à parcourir pour rejoindre les habitants de la région est long, et les conversions sont difficiles. Plusieurs parents interdisent d’ailleurs aux Oblats de baptiser leurs enfants pendant qu’ils fréquentent l’école résidentielle sous peine de les faire retirer de l’école.

Il n’empêche qu’en 1917, le Gouvernement canadien met à la disposition de l’école 90 acres de terrain de plus pour subvenir aux besoins du nombre d’élèves qui augmente. Mais une épidémie d’influenza en 1919 terrasse à la fois les élèves et les religieuses. La maison-mère des Sœurs Grises de Saint-Boniface envoie donc des renforts pour remplacer le personnel malade. Une fois la crise passée, le Gouvernement canadien fait installer l’électricité à l’école et des bassins pneumatiques pour distribuer l’eau dans tout l’établissement.

En 1950, l’école peut recevoir une centaine d’élèves. À partir de 1963, ces derniers pourront profiter d’une nouvelle école ultra-moderne construite sous la direction du père Royal Carrière o.m.i. grâce à une subvention du Gouvernement canadien. La nouvelle résidence accueille 120 enfants qui se partagent des dortoirs de six lits chacun. L’école accueille 90 élèves de la première à la sixième années. Les enfants plus âgés demeurent dans la résidence, mais prennent l’autobus pour se rendre à l’école publique de Fort Frances. Mais, malgré toutes ces améliorations, la résidence pour élèves, alors sous la direction du père Arthur Massé o.m.i. ferme ses portes en 1974 faute d’élèves en nombre suffisant.

 

Carrière, Gaston. Dictionnaire biographique des Oblats de Marie Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, (1979), 3 volumes.

Gilbert, Maurice et Normand Martel. Dictionnaire biographique des Oblats de Marie Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, (1989), tome 4.

Levasseur, Donat. Les Oblats de Marie Immaculée dans l’Ouest et le Nord du Canada 1845-1967, Edmonton, University of Alberta Press et Western Canadian Publishers, (1995).

Mitchell, Estelle. Les Sœurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge 1844-1984, Montréal, Éditions du Méridien, (1987).


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