Logo SHSB

École résidentielle Kenora

La présence oblate dans la région du lac des Bois commence dès 1850. Depuis, de nombreux missionnaires sillonnent le territoire avec l’espoir de convertir les populations autochtones des environs. Dans le but d’assurer une base stable aux travaux des missionnaires dans la région du lac des Bois, le père Charles Cahill o.m.i. fonde, à la demande de Mgr Louis-Philippe-Adélard Langevin o.m.i., une petite école-pensionnat dans la région. L’école résidentielle Saint-Antoine est ainsi construite près de Portage-du-Rat (Kenora) en Ontario en 1897.

Le premier directeur de l’école est le père Charles Cahill o.m.i. Il a tout d’abord comme seule assistance l’aide d’une certaine Mme Boileau qui travaille comme enseignante et surveillante des filles. Puis Edwin Kipling et son épouse, anciens élèves de l’école résidentielle de Saint-Boniface, viennent prêter main-forte au père Cahill. Mais en 1898, les Sœurs Grises arrivent à Kenora pour prendre la charge de l’école et sœur d’Eschambault en devient la première supérieure.

Les pères qui résident à l’école s’occupent d’un grand nombre de missions indiennes dans la région et rendent de nombreux services à la mission de Kenora. C’est donc à partir de l’école Saint-Antoine que les missionnaires visitent les missions de Sioux Narrows, de Willard Lake, de Melick, de Redditt, de Nestor Falls, et de Whitefish Bay ainsi que les chantiers et les camps d’ouvriers dédiés soit à la coupe du bois, à l’exploitation minière ou aux chantiers de construction.

Sous l’administration du père Paul Bousquet o.m.i., directeur de l’école entre 1906 et 1912, l’école est rénovée par deux fois dans le but de recevoir un plus grand nombre d’élèves. Les enfants qui arrivent à cette époque sont pour la plupart des Métis qui n’habitent pas sur le territoire de l’école car l’éloignement des réserves et la méfiance des parents rend le recrutement des élèves autochtones difficile. En 1914 l’école ne compte que 56 élèves. Les missionnaires doivent donc faire du recrutement actif auprès des parents de leurs missions pour les convaincre d’envoyer leurs enfants à l’école résidentielle.

En 1930, les Sœurs Grises quittent l’école résidentielle de Kenora pour être remplacées par les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Quelques années plus tard, vers 1938, l’école Saint-Antoine change de nom pour devenir l’école Sainte-Marie. En 1952, on crée le diocèse de Thunder Bay. Kenora ne fait donc plus partie de l’archidiocèse de Saint-Boniface mais elle demeure toutefois dans la province oblate du Manitoba.

Les Oblats obtiennent d’ailleurs l’établissement d’une école secondaire à Kenora qui ne reçoit que des élèves autochtones. Lors de son ouverture en 1952, cette école ne compte que 6 élèves. Mais en 1957, on en compte déjà 25. L’école peut recevoir des élèves jusqu’à la 10e année. Ceux qui désirent poursuivre leurs études doivent alors se rendre dans une autre école, souvent à Lebret en Saskatchewan ou à Pembroke en Ontario.

À partir de 1958, les pères qui résident à l’école Sainte-Marie prennent aussi en charge les missions de Wabassimong (White Dog) et de Caribou où l’on retrouve principalement des ouvriers des chantiers et des camps de construction. Ils s’occupent aussi de la mission de Sioux Narrows et des camps de construction qui l’entoure. Mais en 1969, le Gouvernement canadien signe une entente avec les Oblats de Marie-Immaculée et assume le contrôle complet de l’école Saint-Mary’s. Les Oblats, par contre, s’occupent toujours de l’administration de l’établissement.

À cette époque, il n’y a déjà plus beaucoup de classes offertes à l’école résidentielle, sauf pour les enfants de la première à la troisième année. Les autres élèves fréquentent plutôt les écoles publiques ou catholiques de Kenora. L’école résidentielle a donc dorénavant une vocation de résidence pour les élèves. Cela permet ainsi aux enfants provenant de réserves éloignées de fréquenter l’école.

En 1972, le Gouvernement canadien décide de fermer l’école résidentielle Sainte-Marie. L’édifice est en mauvais état et a besoin de réparations pour continuer à opérer. Le Gouvernement préfère donc fermer l’école plutôt que d’investir dans les réparations. Ce dernier souhaite aussi mettre fin au système d’écoles résidentielles et cherche plutôt à construire des écoles sur les réserves pour que les enfants n’aient plus à quitter leur famille. La soixantaine d’élèves qui résident alors à l’école sont soit envoyés en résidence dans une école Anglicane de Kenora, hébergés dans des maisons privées ou envoyés à l’école résidentielle de Fort Frances.

 

Carrière, Gaston. Dictionnaire biographique des Oblats de Marie-Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 3 volumes, (1977)

Gilbert, Maurice et Normand Martel. Dictionnaire biographique des Oblats de Marie Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, tome 4, (1989)

Mitchell, Estelle. Les Sœurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge 1844-1984, Montréal, Éditions du Méridien, (1987)

Salamon, Georges. Early History of the Catholic Church in the Rat Portage Region, texte non publié, (26 mars 1968)

Salamon, Georges. The Early History of the Catholic Church in the Rat Portage Region Compiled with Various Sources, texte non publié, (6 août 1968)


Enregistrer/Marquer

Centre du patrimoine, 340, boulevard Provencher, Saint-Boniface, (Manitoba) R2H 0G7 - T 204-233-4888 - ©2010 - Société historique de Saint-Boniface
Voici la photo du Centre du patrimoine sur Google Maps