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Sainte-Anne-des-Chênes

Les premiers habitants de la région de Sainte-Anne-des-Chênes, située à 40 km à l’est du Winnipeg actuel, sont les Saulteux et les Métis qui profitent de cette région boisée pour la chasse et la coupe de bois. Le terrain est en effet riche en épinettes et offre donc à ses habitants une source sûre de bois de construction et de combustible pour l’hiver.

On mentionne la présence de colons dès 1830. Il semblerait que plusieurs employés de la Compagnie de la baie d’Hudson aient choisi d’hiverner dans cette région qu’on nommait alors Grande-Pointe-des-Chênes. Mais c’est la rivière Rouge, croit-on, qui va amener le premier contingent important de colons dans la région, puisqu’une inondation en 1852 oblige plusieurs familles à quitter leurs terres pour s’installer plus loin de la rivière Rouge, à Grande-Pointe-des-Chênes.

Vers 1859, il y a suffisamment de colons pour que Mgr Taché demande au père Jean-Marie Le Floch o.m.i. de desservir la mission placée sous le vocable de saint Alexandre. Plusieurs ouvriers viennent d’ailleurs y couper du bois pour la construction d’une nouvelle cathédrale à Saint-Boniface. Mais, vers 1867, le père Le Floch o.m.i. demande que l’on place la mission sous la tutelle de sainte Anne pour éviter la confusion avec la mission de Fort-Alexandre.

L’année suivante, en 1868, le père Le Floch o.m.i. est remplacé par l’abbé Louis-Raymond Giroux qui devient le premier curé résident de la mission de Sainte-Anne-des-Chênes en septembre 1870. La région compte alors environ 200 habitants, la plupart Métis ou Canadiens français. Mais les choses changent vite. C’est vers cette époque que l’on entame la construction du chemin Dawson qui doit rendre l’Ouest canadien plus accessible aux colons.

Les arpenteurs arrivent en 1868 pour diviser les terres afin de préparer l’ouverture du chemin Dawson et l’arrivée des immigrants. Mais quand les arpenteurs se mettent à empiéter sur les terres des habitants de Sainte-Anne-des-Chênes, plusieurs d’entre eux s’y opposent. Ce premier conflit entre arpenteurs et Métis est le premier incident qui annonce l’opposition des Métis au transfert de leurs terres au gouvernement du Canada et la formation d’un gouvernement provisoire entre 1869 et 1870.

Le chemin Dawson ouvre en 1871 et le trafic qui traverse Sainte-Anne-des-Chênes, située en plein sur la route, augmente rapidement. Entre 1871 et 1873, on voit passer 2 739 immigrants qui se dirigent vers l’Ouest canadien. Par conséquent, on voit aussi apparaître de nombreux commerces à Sainte-Anne, en particulier des hôtels, qui offrent logement et boisson aux voyageurs. Le chemin ouvre aussi la voie aux spéculateurs auxquels de nombreuses familles métisses vendent leurs terres pour aller s’installer plus à l’ouest.

En 1876, Mgr Taché érige canoniquement la paroisse de Sainte-Anne-des-Chênes dont la population augmente rapidement. C’est d’ailleurs pourquoi on construit une deuxième église en 1878, puis une autre en 1898.

En 1883, à la demande de l’abbé Giroux, les Sœurs Grises viennent s’installer à Sainte-Anne-des-Chênes pour assurer l’éducation des jeunes de la paroisse. La région compte en outre plusieurs écoles rurales qui dépendent du travail d’enseignants laïcs ainsi qu’une école des garçons dirigée par les Frères Maristes entre 1913 et 1917. Avec le développement de l’agriculture, une fromagerie est fondée en 1896. Puis, l’arrivée du chemin de fer en 1898 attire encore de nombreux voyageurs et colons dans la région.

En 1919, on construit un monastère à Sainte-Anne-des-Chênes pour mieux recevoir les pères Rédemptoristes qui vont desservir la paroisse durant de nombreuses années. Leur mission première est d’assurer la direction spirituelle de la paroisse comme curés et d’encourager les pèlerinages à sainte Anne.
Les Sœurs Grises quittent leur école-pensionnat en 1928 pour faire place à des enseignants laïcs. Les nombreuses petites écoles qui entourent Sainte-Anne-des-Chênes ferment aussi leurs portes avec la création de grandes divisions scolaires en 1959 et 1960. On construit alors une école élémentaire et une école secondaire dans le village en 1961 qui peuvent recevoir tous les élèves de la région.

Le domaine de la santé se développe aussi très rapidement dans le village au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle. En 1954, on ouvre un hôpital à Sainte-Anne-des-Chênes, puis, en 1965, c’est un foyer pour personnes âgées qui ouvre ses portes. En 1971, les quelques médecins de Sainte-Anne-des-Chênes se réunissent pour ouvrir le Centre médical Seine. Le secteur de la santé est maintenant l’un des secteurs d’activité les plus importants de Sainte-Anne-des-Chênes qui s’est constituée en village en 1967.

Au début du vingt et unième siècle, l’économie de Sainte-Anne-des-Chênes dépend principalement des secteurs de la santé et des services éducatifs. L’agriculture occupe en outre une place très importante dans les activités économiques de la région. La petite colonie des années 1830 a tellement grandie qu’en 1997 Sainte-Anne-des-Chênes peut porter la désignation de ville.
 

Anonyme. « Sainte-Anne-des-Chênes », Les Cloches de Saint-Boniface, volume 40, numéro 5, (mai 1941), p. 125-127.

Dauphinais, Luc. Histoire de Saint-Boniface, Saint-Boniface, Les Éditions du Blé, 1991.

Mitchell, Estelle. Les Sœurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge 1844-1984, Montréal, Éditions du Méridien, 1987.
 


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