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Sainte-Rose-du-Lac

Le village de Sainte-Rose-du-Lac, situé sur la rive est de la rivière Tortue, près du lac Dauphin, est à plus de trois heures de route de Winnipeg. Il fait partie des collectivités franco-manitobaines regroupées sous la désignation provinciale de « régions éloignées », et a une histoire toute particulière, liée, justement à son éloignement des centres de population de la fin du 19e siècle.

Vers 1889 quelques familles métisses de Saint-Vital, à la recherche de fourrage pour leurs animaux, envoient des éclaireurs inspecter la région du lac Dauphin et des terres arrosées par la rivière Tortue. Ils décident de s’établir dans ce lieu où le foin et les terres fertiles sont en abondance. Quelques années plus tard, leur nombre est augmenté par l’arrivée d’une vingtaine de familles aristocratiques françaises, venues au Canada avec l’aide d’une société de bienfaisance sous le patronage de saint Michel. Des familles du Québec et des Métis et Canadiens français d’ailleurs au Manitoba se joignent à ceux-ci pour former une véritable colonie.

Lorsque les premiers missionnaires oblats visitent les lieux vers 1890, cette colonie s’appelle la « mission du lac Dauphin » ou encore la
« Pointe aux rats ». En 1892, Mgr Taché, archevêque de Saint-Boniface, y envoie son premier prêtre résident. Trois ans plus tard, la mission est érigée en paroisse sous le vocable de sainte Rose de Lima.

Le premier arrondissement scolaire est formé en 1895 et l’école accueille environ 45 élèves. Le nombre de paroissiens à Sainte-Rose-du-Lac croît si rapidement qu’en 1897, une nouvelle église est bâtie pour remplacer la première chapelle. Le curé de l’époque, le père Eugène Lecoq, o.m.i., fait également construire un presbytère et un couvent pour les religieuses de l’Institut de Notre-Dame des Missions qui acceptent de fonder une maison à Sainte-Rose-du-Lac en 1900. La direction de la paroisse est confiée aux Oblats jusqu’en 1909. Pendant un intervalle de presque trente ans, la paroisse est administrée par le clergé séculier, avant que les Oblats en reprennent la charge en 1938.

La Première Guerre mondiale touche de près la population de Sainte-Rose-du-Lac, alors que la grande majorité des colons français retournent à la mère patrie pour faire leur service militaire. Plusieurs ne reviennent pas au Manitoba. D’autres vétérans reviennent, mais quittent leurs terres au cours des années sèches. Ces facteurs entraînent la disparition de l’élément français aristocratique de la paroisse au cours des années 20. Dans les années qui suivent, la paroisse accueille de nouveaux groupes d’immigrants – Allemands, Danois, Belges, Irlandais, en plus de familles de langue anglaise de la Saskatchewan, faisant en sorte que Sainte-Rose-du-Lac devient un véritable creuset. L’élément belge, particulièrement attaché à ses traditions sportives et cultuelles, fonde, dès 1929, un club de tir à la perche qui se fusionne au club de la paroisse voisine de Sainte-Amélie quelques années plus tard. Le club existe toujours.

Dans cette région très propice à la culture mixte, une collectivité d’agriculteurs, d’éleveurs et de commerçants se développe au fil des ans. Sainte-Rose devient une municipalité rurale en 1903 et le village est constitué en corporation en 1920. En 1910, les démarches pour avoir une ligne de chemin de fer portent fruit, alors que les rails sont posés sur les douze milles (19 kilomètres) qui séparent Sainte-Rose-du-Lac de la ligne principale de la compagnie Canadian Northern Railway passant par Ochre River.
Dans les années 1940, Sainte-Rose-du-Lac se vante d’être le plus grand centre d’expédition de bétail de tout le Manitoba. Le village est doté de nombreux services —bancaires, policiers, commerciaux et autres, pour appuyer cette population agricole.

Sainte-Rose devient également un important centre de soins de santé avec l’ouverture en 1939 d’un hôpital de 40 lits sous la direction des Sœurs Grises. Une école pour former des infirmières auxiliaires voit bientôt le jour, et une aile ajoutée à l’hôpital en 1957 double la capacité de l’édifice original. Un foyer pour personnes âgées, qui perpétue la mémoire du docteur René-Lionel Gendreau, promoteur du projet d’hôpital, ouvre ses portes en 1975.

FRÉMONT, Donatien. Les Français dans l’Ouest canadien, troisième édition, présentée par Gilles Lesage, Saint-Boniface, Les Éditions du Blé, 2002, coll. « Les cahiers d’histoire de la Société historique de Saint-Boniface ».

1926-1976 50th Anniversary, Ste. Rose and Ste. Amelie Archery Club, 1976.

[STE. ROSE DU LAC HISTORY BOOK COMMITTEE]. Reflections. A History of Ste. Amelie, Laurier, Ste. Rose du Lac, Ste. Rose du Lac History Book Committee, 1990.

THÉORET, Anatole E. Sainte-Rose-du-Lac, paroisse manitobaine – La reine du Nord…,Winnipeg, [Oblats de Marie-Immaculée], 1948.


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