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Sainte-Agathe

Situé à 40 km au sud de Winnipeg, sur les bords de la rivière Rouge et de la rivière aux Rats, le village de Sainte-Agathe, autrefois connu sous le nom de Pointe-à-Grouette, était majoritairement métis à ses débuts. Vers le milieu du 19e siècle, deux groupes distincts de familles métisses prospèrent à la Pointe-à-Grouette. Le premier vit principalement de la chasse au bison, le deuxième de l’agriculture et du commerce.

Entre 1863 et 1872, la mission de Sainte-Agathe est visitée régulièrement par l’abbé Joseph-Noël Ritchot. En 1871, grâce à la contribution de notables locaux tels George Kleine, Joseph Berthelet et Louis Morin, on fait construire une église et une école. En 1876, la mission de Sainte-Agathe est érigée en paroisse et accueille son premier prêtre résident, l’abbé Cyrille Samoisette. Entre 1872 et 1897, la grande maison Grouette sert, entre autres choses, d’école. L’école accueillera d’ailleurs l’enseignante Catherine Mulaire, entre autres, qui y enseignera durant de nombreuses années.

Malgré la forte présence d’hommes politiques et de riches commerçants à la Pointe-à-Grouette, la majorité des Métis, pour plusieurs raisons, préfèrent quitter le village pour aller s’installer soit dans le nord (Sainte-Rose-du-Lac, Saint-Lazare ou Sainte-Amélie par exemple) ou dans l’Ouest.

La population métisse qui avait donné naissance au village fait donc ainsi rapidement place aux colons Canadiens-français qui arrivent en grand nombre à partir de la fin du 19e siècle. Les immigrants, les matériaux et le courrier arrivent généralement par le moyen de barges et de bateaux à vapeur qui montent et descendent la rivière Rouge. De plus, et ce dès 1888, le chemin de fer passe à un mille à l’Ouest du village de Sainte-Agathe et devient un moyen de transport très prisé.

En 1899, le village accueille quatre religieuses des Saints-Noms de Jésus et de Marie qui arrivent pour y ouvrir un couvent et une école-pensionnat. En 1900, lors de son ouverture, l’école des religieuses accueille 44 élèves. Le village se modernise rapidement à partir de ce moment.

En 1908, les premières lignes de téléphone sont posées et ces nouveaux appareils s’introduisent rapidement dans les foyers de Sainte-Agathe. En 1910, le village accueille son premier médecin résident, le Dr Bonin. Les inondations fréquentes causées par la crue du printemps de la rivière Rouge et de la rivière aux Rats augmentent les risques de maladies contagieuses. Le médecin doit donc, non seulement soigner ses patients, mais aussi mettre en place toutes les mesures nécessaires pour empêcher les épidémies de tiphoïde ou de grippe par exemple.

Des commerces s’installent progressivement dans le village et les résidents bénéficient de plus en plus de services. En 1943, on ouvre les portes de la première Caisse populaire à Sainte-Agathe. Puis, en 1960, on construit finalement un pont qui relie les deux berges du village et qui met ainsi fin au voyage entre les deux rives par barges. Ce pont prendra officiellement le nom de pont Louis-Riel en 1988.

1961 est une année importante aussi pour la population estudiantine du village. C’est cette année là que l’on inaugure le tout nouvel Institut collégial de Sainte-Agathe qui reçoit les élèves de niveau secondaire. Mais cela est de courte durée puisqu’une réorganisation scolaire en 1968 oblige les élèves de niveau secondaire à recevoir leur éducation à l’extérieur du village. L’école abandonnée par les élèves plus âgés reçoit alors les élèves du niveau de la maternelle à la neuvième année.

Le couvent des Sœurs de Saint-Noms de Jésus et de Marie devient alors beaucoup trop grand pour leurs besoins. Bien que les religieuses restent engagées pour un certain temps dans l’éducation des jeunes de l’école de Sainte-Agathe, les laïcs occupent de plus en plus de place. En 1974, les religieuses décident de quitter la paroisse. Elles vendent donc leur couvent pour que le village puisse le transformer en foyer pour personnes âgées. Ce foyer prend le nom de Chalet Sainte-Agathe.

Bien que le village ait toujours eu à conjuguer avec la crue des eaux au printemps, il fait la une de toutes les manchettes nationales en 1997 lorsque le Manitoba connaît la pire inondation qu’il a subit en 100 ans. Sainte-Agathe est l’une des communautés les plus touchées par le désastre et de nombreuses familles perdent leurs maisons et leurs commerces sous les eaux de la rivière.

Mais le village s’en remet assez rapidement et on ouvre, peu de temps après, un Centre d’interprétation des inondations dans le but d’illustrer comment la communauté a réagit face au désastre. Le village compte en outre deux parcs industriels et est l’une des rares communautés rurales composée principalement de jeunes familles. Le village compte aujourd’hui environ 500 habitants qui vivent surtout de la culture du blé et du canola.

Paroisse de Sainte-Agathe. Paroisse de Sainte-Agathe, Sainte-Agathe, 1970.

St-Onge, Nicole J. M. Métis and Merchant Capital in Red River: the Decline of Pointe à Grouette, 1860-1885, Thèse de maîtrise, Université du Manitoba, 1983.

St-Onge, Nicole J. M. « La dissolution d’une communauté métisse Pointe-à-Grouette 1860-1885 » dans Riel et les Métis canadiens, Saint-Boniface, Société historique de Saint-Boniface, 1990, pp. 45 à 56.


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