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The Daily Manitoban - le 19 novembre 1885 (traduction)

Régina, le 19 novembre.
Les restes mortels de Riel furent enlevés sans bruit de la caserne des policiers hier matin et inhumés dans la voûte sous l'église Immaculate Conception. Le déménagement du corps fut fait sous la surveillance du père André Alexis O.M.I. et les précautions les plus strictes furent suivies afin d'assurer que le corps soit transporté au village dans le plus grand secret. Ceci afin d'éviter toute démonstration.

Le corps fut déposé dans un simple cercueil de bois, peinturé noir avec l'inscription L.R. 1885 en lettres blanches. Le service funéraire fut lut par le père André et les restes mortels de Louis Riel furent consignés à la terre.

Maison Riel
COMMENT LA NOUVELLE FUT REÇUE PAR SA FAMILLE À SAINT-VITAL

Hier après-midi, l'abbé Charles A. McWilliams accompagné de l'abbé Georges Dugas, curé de la paroisse de Saint-Vital, se rendirent pour voir les parents du défunt Louis Riel.
Le prêtre, en tant que l'un des conseillers spirituels de Louis Riel et qui était présent durant ses derniers moments était venu pour leur assurer du comportement exemplaire et de l'apparence d'une mort paisible du défunt.
Un représentant du Manitoban les accompagna au cours du trajet de cinq milles le long de la rivière mais, avant d'arriver à Saint-Vital, l'on s'arrêta au couvent pour s'informer de l'état de santé physique et mentale de la famille éprouvée.
L'on apprit qu'ils souffraient beaucoup, surtout sa mère qui était très démoralisée. Le reporter décida de ne pas se présenter comme intrus à leur peine mais marcha dehors pendant que les abbés McWilliams et Dugas était à l'intérieur.

La demeure de la famille Riel est une grande et confortable maison construite en billots et elle est entourée avec plus que les marques ordinaires de confort. Un coup d'oeil sur l'intérieur, après que les deux prêtres eurent fini leur ministère auprès de la famille, confirma l'impression donnée par l'apparence extérieure.

Une scène frappante se présente en entrant à l'intérieur. L'on voit une longue pièce avec des murs blanchis sur lesquels étaient pendus des peintures et des emblèmes de la foi catholique. Le plus marquant de ceux-ci était celle de la face du Christ qui, dit-on, avait été empreinte sur la serviette de Véronique. Il y avait environ 30 personnes dans la pièce parmi lesquelles madame Riel l'aînée, mère du défunt Louis; madame Riel, la jeune; Alexandre Riel, son frère, les deux enfants de Louis et d'autres parents.

La mère était assise sur une chaise, courbée par la douleur. Sa tête était courbée vers le devant, cachant un peu ses traits, mais montrant ses cheveux grisonnants. Elle a environ 60 ans et elle a une mine très expressive, indiquant une intelligence considérable.
La veuve de Louis Riel est une femme intelligente, de petite stature et d'un charmant visage. Elle démontre très peu dans sa physionomie de son ascendance amérindienne.
Son fils, un joli petit garçon de quatre ou cinq ans, jouait près de sa chaise alors que l'autre enfant, une fille de deux ans dormait sur le lit.
Alexandre Riel ne possède pas le visage frappant de son frère décédé mais ses traits sont suffisamment distincts pour le mettre au dessus de la moyenne de l'intelligence. Parmi les autres personnes présentes l'on voyait des frères, des belles-soeurs et autres parents. Parlant de sa visite, l'abbé McWilliams dit qu'il n'avait pas de mission spéciale à accomplir. Riel ne lui avait donné aucun message à livrer. Il voulait tout simplement les informer de la façon que le condamné s'était conduit dans ses dernières heures et comment il avait reçu les derniers sacrements de l'Église et qu'il avait été constamment aidé et avisé par ses guides spirituels. La famille ne parle pas l'anglais et tout ce que l'abbé McWilliams disait devait leur être traduit par l'abbé Dugas. Ils furent très réconfortés par ce qu'il avait à leur dire.

Au retour à Winnipeg le reporter s'arrêta à la résidence archiépiscopale et il fut informé par Monseigneur que le matin de l'exécution, la mère de Riel, son épouse, son frère et un ou deux parents se rendirent très tôt à l'église de Saint-Vital et firent un chemin de croix. Dès que Monseigneur reçu le télégramme annonçant l'événement fatal, il envoya l'abbé Dugas annoncer la nouvelle à la famille. Ils étaient bien préparés et ils reçurent l'annonce avec une force d'âme chrétienne. Ils reçurent tous la sainte communion et par la suite allèrent à une messe de requiem pour le repos de l'âme du défunt.


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