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Album de famille

Carton de présentation de l'album de famille

L'album de photos des familles Mager, Thomas et Joyal a été remis au Centre du patrimoine par Corinne Tellier. Cet album a été dans la famille depuis sa création. L'album était dans le salon de E. L. Joyal et Victorine Thomas à Saint-Norbert jusqu'en 1952. Il a ensuite suivi les déplacements de la plus jeune descendante, Victorine Tellier (née Joyal) et sa fille Corinne. Corinne Tellier se souvient de cet album :

« En juillet 1859 Jean Mager et sa famille s’établit à la colonie de la Rivière-Rouge, à l’emplacement actuel de l’Hôpital de Saint-Boniface. (Voir les plaques affixées à chaque bout de l’Esplanade Riel). Quelques mois plus tard, une de ses filles, son époux Célestin Thomas, et leur fils se joignaient à eux. Suite à ces déplacements, Jean Mager a fait venir de France, son petit-fils,Victor Mager, celui qui devait laisser sa marque dans sa ville d’adoption. Cependant, les autres members de la famille Mager sont soit retourné en France ou se sont établis à Walhalla, Dakota du Nord.

C’est la naissance chez Thomas de la cadette,Victorine, qui a facilité le fait que l'on peut connaître, en regardant l’album de famille plus d’un siècle plus tard, ces personnes qu’elle a connues.
 
Victorine Thomas (1867-1949) a épousé Emile-Luc Joyal (1854-1934), sellier, et natif du Québec, à l’église St. Mary’s, Winnipeg, le 9 août 1890. La famille Joyal est partie de Winnipeg pour St-Paul  MN en 1892. L’aînée n’avait qu’un an. C’est en octobre 1900 que la famille de trois filles et deux garçons s’est ensuite établie à Saint-Norbert. En 1904 c’était la naissance de la cadette, Victorine, (ma mère).
Cet album est un de trois qui conservent les photos de la famille. Celui-ci a sans doute été un cadeau d’un parent, peut-être de Victor Mager qui était le parrain et le cousin germain de ma grand-mère, ou de la parenté aux États. Si ce n’était pas un cadeau de noces ou offert à la naissance de l’aînée, ça pourrait être un achat fait par cette dernière qui avait bon goût. 
 
C’est certainement ma grand-mère qui l’a constitué. Cet album était sur son pied exposé sur une petite table dans le coin nord ouest près de la fenêtre du ‘parlour’, (appellation par la famille qui avait vécu en milieu anglophone) dans la grande maison construite en 1907 sur l’avenue de l’Église à Saint-Norbert. C’en est mon premier souvenir (vers1944). Mais enfant, on n’était pas admis dans cette pièce. Qu’un côté soit pâli atteste du dommage fait par la lumière pendant des décennies. 
 
Je n'hésite pas à dire que c’est ma grand-mère qui l’a constitué parce qu’on y trouve en plus de la famille, des gens qu’elle a cotoyés à Saint-Boniface quand elle était au Pensionnat des Soeurs Grises, puis durant ses années d’enseignement du piano au couvent. Les filles Couture, Marion et d'Eschambault étaient du nombre. À quatre ans elle avait joué le piano devant Mgr Taché. Elle connaissait les abbés Georges Dugas et Gabriel Cloutier. (Une biographie de Victorine Thomas se trouve dans Femmes de chez-nous, pages 62-4). Mon grand-père de son côté avait demeuré au Grand Central, coin Fort et Graham, et cotoyait des gens d’ailleurs, ou qui travaillaient à Winnipeg comme lui. 
 
Comme il n’y a aucune photo de ma mère avant ses quatre ans dans les collections et qu’on retrouve un nom d’un photographe au Minnesota sur les photos des autres enfants encore très jeunes, cela aide à déduire que l’album a débuté aux États.
 
Je ne me souviens pas d’avoir regardé l’album avec ma grand-mère ou aucune autre personne quand il était à l’honneur. Après le décès de ma grand-mère et la vente de la propriété, les souvenirs sont arrivés chez nous, rue Bertrand, non loin d’où les ancêtres avaient recommencé leur vie.
 
Comme on était à l’étroit, la valise ‘suitcase’ noire qui contenait les albums et autres paperasses de la famille était sous le lit dans la chambre de mes parents. Pour plusieurs années ce n’était que deux ou trois fois par année (dimanches pluvieux) que cette valise était ouverte. Ma soeur et moi regardions ces photos en essayant de comprendre les liens de famille. Il y avait là trop de ‘Victorine’ (une morte en France, ma grand-mère décédée récemment, puis notre mère appellée par un dimunitif par ses proches), donc on n’entendait jamais ce nom. Je me rappelle avoir posé bien des questions tout en étant consciente de mon appartenance à cette famille pionnière.
 
Quand nous avons dû évacuer lors de l’inondation en 1950, cette valise est venue avec nous. De la rue Bertrand la valise a suivi nos déménagements. Durant plus de trente ans dans ma maison j’ai montré les albums à plusieurs anciens pour essayer d’identifier des gens. En faisant de la recherche sérieuse, je gardais les albums à porter de la main. Quelques bords retenant les photos se sont abîmés quand je déplaçais la photo pour lire au verso.
 
Lors de la préparation de celui-ci pour en faire don au Centre, j’ai réorganisé le tout un peu, en enlevant les doubles, et en plaçant ceux d’une même famille ensemble quand l’espace le permettait.  À cause du temps écoulé l’identification des anciens n’est plus possible. 
 
 
Corinne Tellier
mars 2014 »


 

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