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Couvent et rayonnement paroissial à Notre-Dame-de-Lourdes

Les Chanoinesses Régulières des Cinq Plaies du Sauveur ont été invitées au Manitoba d'abord pour assurer l'éducation chrétienne dans la paroisse de Notre-Dame-de-Lourdes. Les trois premières sœurs arrivent dans ce village le 18 juin 1895, et logent quelques jours chez la famille Gelley en attendant que leur résidence soit prête. Elles y déménagent  le 27 juin et commencent à faire la classe trois jours plus tard. Tandis qu'une sœur s'occupe de l'entretien, les deux autres enseignent: l'une à 15 garçons, l'autre à 17 filles. 
 
L'arrivée des sœurs correspond aux débuts de l'école du village de Notre-Dame-de-Lourdes. Avec l'aide de Dom Benoît, les chanoinesses s'établissent. Leur couvent-école doit être agrandi en 1896-97, car d'autres religieuses arrivent de France et le nombre d'élèves et de pensionnaires augmente. Un nouveau couvent est construit en 1896-97, puis une plus grande maison en 1905. Le couvent de 1896-97 est transformé pour y installer deux salles de classe. Il sera utilisée jusqu'en 1909, lorsqu'il est incendié. C'est alors que les religieuses feront construire, à leurs frais, une école en brique. En 1910, l'école compte 81 élèves, dont 35 sont logés au pensionnat des sœurs. Ceux-ci viennent surtout de Treherne et de Rathwell, et se préparent à recevoir les sacrements de la première communion et de la confirmation. 
 
Bien que l'éducation soit leur ministère principale, la présence des Chanoinesses touche à plusieurs aspects de la vie paroissiale. En 1897, elles achètent 160 acres de Mme Gelley, au nord de l'église, et y commencent une ferme. En 1899, elles ajoutent les tâches d'entretien et de cuisine pour le monastère des Chanoines de l'Immaculée-Conception. Malgré ces travaux, elles restent soumises à leur règle sévère et chantent les offices à l'église paroissiale.
 
Quelque temps après leur arrivée, elles attirent déjà des postulantes. Elisabeth et Agnès Comte en sont les premières, en 1895 et 1896. Jusqu'en 1910, elles auront reçu une quinzaine de postulantes venant des villages manitobains. Au temps de la séparation en 1913, on compte déjà vingt-et-une religieuses canadiennes parmi les trente chanoinesses. 
 
Travaillant toujours à l'éducation chrétienne des enfants, les sœurs ne négligent pas leur développement artistique et culturel. La peinture, le tissage et la musique figurent parmi les sujets d'enseignement. Elles dirigent la mise en scène de présentations spéciales lors des fêtes paroissiales et des visites de l'évêque. Sous leur égide, l'école de Notre-Dame-de-Lourdes grandit et en 1942, on célèbre la graduation des huit premières finissantes de la 12e année. Les religieuses gardent la direction de l'école élémentaire jusqu'en 1967 et de l'Institut Collégial jusqu'en 1964, et seront alors remplacées par des laïcs. 
 
En 1950, les sœurs achètent le vieux presbytère construit par les chanoines et y accueillent trois dames âgées. C'est le début du Foyer Notre-Dame, où plusieurs d'entre elles déménageront. En 1953, les sœurs acceptent la direction de l'hôpital Notre-Dame, qu'elles assureront jusqu'en 1958. Le vieillissement des religieuses et la diminution de vocation, ainsi que la création des grandes unités scolaires et l'urbanisation croissante de l'après-guerre vont transformer l'œuvre et le mode de vie des Chanoinesses. Première fondation au Manitoba, Notre-Dame-de-Lourdes sera le berceau et la maison-mère des chanoinesses dans cette province jusqu'en 1958. En 1948, le noviciat déménage à Saint-Boniface. La direction des religieuses suit en 1958. Plusieurs sœurs restent en campagne et prennent leur retraite au Foyer Notre-Dame. 
 
En 1986, les Sœurs du Sauveur célébrent le centenaire de leur fondation à Notre-Dame-de-Lourdes. C'est par leurs œuvres, commémorées par le Musée des Pionniers et des Chanoinesses de Lourdes, que les chanoinesses choisissent de rester ancrées dans l'histoire de cette paroisse. Selon le livre du centenaire, ces sœurs venues de France, par leur travail en éducation, « ont accompli une mission essentielle au développement spirituel, culturel et éducatif de la communauté.1»
 

1- Gaborieau, Antoine (1990) Notre-Dame-de-Lourdes (Manitoba) 1891-1990 : Un siècle d'histoire, Notre Dame de Lourdes, Paroisse de Notre-Dame-de-Lourdes, p. 252.

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