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École résidentielle Fort-Alexandre (Sagkeeng)

La première école de Fort-Alexandre date des environs de 1860. Il s’agit alors d’une école de jour dirigée par un monsieur T. Barnet qui se fera ensuite remplacer par monsieur Spence. En 1880, les Oblats de Marie-Immaculée fondent une école de jour à Fort-Alexandre pour les enfants autochtones et métis de la région.

Mais les choses changent rapidement en 1905 lorsque l’école industrielle de Saint-Boniface ferme ses portes. En échange du terrain de l’école, les Oblats promettent au Gouvernement canadien d’ouvrir des écoles résidentielles plus près des communautés autochtones. En juin 1905 donc, sous la direction du père Philippe Valès o.m.i., on ouvre les portes d’une école résidentielle où les élèves demeurent en pension pendant environ dix mois de l’année. Cette nouvelle école peut recevoir 45 élèves.

Les Oblats reçoivent l’assistance des Filles de la Croix qui arrivent en 1905 et qui restent pendant neuf ans au service de l’école. Elles assistent donc le père Philippe Geelen o.m.i. qui est envoyé à Fort Alexandre en 1906 pour mettre l’école résidentielle sur le même pied que les autres écoles pensionnats de la province oblate du Manitoba.

En 1912, on agrandit l’école, ce qui permet de recevoir une soixantaine d’élèves. Tranquillement, l’école se modernise et on construit une buanderie, une porcherie et on installe l’électricité en 1919. En 1923, on compte aussi 90 acres de terrain pour lequel 75 acres sont en culture. L’école arrive ainsi à produire une bonne partie des provisions nécessaires à l’alimentation des élèves durant les longs mois d’hiver.

L’école résidentielle de Fort-Alexandre suit le même programme d’études que toutes les autres écoles de la province. Par contre, les élèves doivent aussi suivre des cours de travaux manuels. Les filles, par exemple, apprennent la couture, le tricot, l’entretien ménager, la cuisine, les premiers soins et la musique. Les garçons, de leur côté, suivent des cours de menuiserie, de sculpture sur bois, de mécanique et de peinture. Les Oblats espèrent que leurs élèves pouront ainsi plus facilement se trouver des emplois une fois leurs études terminées.

Les Filles de la Croix quittent l’école résidentielle de Fort-Alexandre en 1914. Les règles de vie de cette congrégation étaient mal adaptées aux besoins du travail en école résidentielle. Par exemple, leurs règles leur interdisaient l’accès à l’aile de l’école qui était réservée aux garçons. La plupart de ces religieuses ne parlaient pas non plus l’anglais et des laïques devaient donc se charger de l’enseignement des cours d’anglais.

Les Filles de la Croix sont donc remplacées par les Missionnaires Oblates du Sacré-Cœur et de Marie-Immaculée qui arrivent en 1914 et qui resteront à Fort Alexandre jusqu’à la fermeture de l’école résidentielle. Celles-ci s’occupent de l’enseignement, de la surveillance, de l’entretien ménager, de la cuisine, de la production de produits laitiers et de l’infirmerie.

En 1923, le recrutement des élèves est toujours difficile. Les parents résistent à l’idée de devoir envoyer leurs enfants en pension et le personnel religieux de l’école doit recruter assez d’élèves pour financer l’école. Mais les choses s’améliorent tranquillement pour les administrateurs de l’école et en 1950 on ouvre aussi une école de jour qui reçoit les élèves qui habitent dans les environs. Les enfants qui demeurent dans des régions plus éloignées demeurent toujours au pensionnat. En 1951, on compte donc 145 élèves à l’école de Fort-Alexandre.

Au cours des années 1950, les Oblats rêvent toujours d’attirer plus d’autochtones au sacerdoce. C’est pour cette raison que le père Apollinaire Plamondon o.m.i. fonde le Petit Séminaire Saint-Jean à Fort Alexandre en 1953. Ainsi, les élèves autochtones n’ont plus à se déplacer pour étudier dans les séminaires de la province.

On voit aussi de plus en plus la nécessité de créer une institution d’études supérieures pour que les élèves autochtones puissent poursuivre leurs études jusqu’à la 12e année. C’est pour cette raison qu’on fonde en 1957, à Fort-Alexandre, la première école secondaire autochtone catholique du Manitoba.

Vers la fin des années 1960, la politique du Département des Affaires Indiennes change. Plutôt que d’avoir des écoles séparées pour les autochtones, on cherche à les intégrer dans les écoles déjà existantes ou à construire des écoles dans les communautés mêmes pour que les élèves n’aient plus à vivre en pension loin de leurs familles. C’est pour cette raison qu’en 1970, on décide de fermer définitivement l’école résidentielle de Fort-Alexandre qui était alors sous la direction du père Antonio Fortin o.m.i.

Carrière, Gaston. Dictionnaire biographique des Oblats de Marie Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, (1979), 3 volumes.

Geelen, Philippe. « Mission du Fort Alexandre, Man. (1865) », Missions des Oblats de Marie-Immaculée, numéro 219, (mars 1923), p. 1-13

Gilbert, Maurice et Normand Martel. Dictionnaire biographique des Oblats de Marie Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, (1989), tome 4.


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