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Saint-François-Xavier

Située dans les prairies centrales de la province du Manitoba la région, mieux connue sous le nom de Prairie-du-Cheval-Blanc, était riche en bison et en gibier. C’est pourquoi de nombreuses nations autochtones s’y étaient installées, dont les Assiniboines, les Cris et les Sioux. De plus, parce qu’elle est située sur les berges de la rivière Assiniboine, la région sert de lieu de rencontre et d’échanges commerciaux.

L’endroit attire aussi les Métis de la Rivière-Rouge et de Pembina qui s’y rencontrent avant les grandes chasses de bisons. Des colons Métis s’y installent en permanence en 1823 sous la direction de Cuthbert Grant. Ces Métis de Pembina désiraient demeurer en territoire britannique suite à la démarcation de la frontière américaine au 49e parallèle. Ces nouveaux arrivants forment une communauté appelée Grantown par la Compagnie de la Baie d’Hudson, mais toujours connue sous le nom de Prairie du Cheval Blanc par les Métis. En 1854, suite au décès de Cuthbert Grant, la paroisse prend le nom de Saint-François-Xavier, nom de l’ancienne paroisse à Pembina aux États-Unis et fondée en 1819 par l’abbé Joseph-Norbert Provencher. Ces colons vivent principalement de chasse et d’agriculture. Mais c’est aussi à Saint-François-Xavier qu’on fait la construction des fameuses charrettes de la Rivière-Rouge.

Les colons reçoivent la visite périodique de missionnaires comme l’abbé Thomas-Ferruce Picard-Destroismaisons qui y vient de temps à autre jusqu’en 1831. L’abbé Charles-Édouard Poiré devient le premier curé de la paroisse de Saint-François-Xavier en 1834. La paroisse attire plusieurs colons Métis et Canadiens-Français et en 1846, on compte déjà 904 habitants à Saint-François-Xavier. De nombreux Métis de grande importance choisissent d’ailleurs d’y fixer domicile tels Pascal Breland, député à la législature manitobaine en 1870, Pierre Falcon, poète métis reconnu ou Urbain Delorme, homme d’affaires métis bien établi.

Mgr Norbert Provencher, inquiet de l’éducation des enfants de Saint-François-Xavier, demande aux Sœurs Grises d’y établir une école. Les sœurs Lagrave et Lafrance desservent donc Saint-François à partir de 1850. Elles restent alors au presbytère jusqu’à la construction d’un couvent-école pour les enfants métis et autochtones. Elles s’occupent aussi du soin des malades de la région qui a eu sa part d’épidémies.

La rivière Assiniboine encourage le trafic par voie d’eau dans la région. Les bateaux à vapeur commencent à y passer à partir de 1873, et on y voit un trafic constant entre 1879 et 1906. Mais la rivière est aussi un désavantage puisque les habitants de la région doivent constamment faire face aux inondations du printemps. Parce que la plaine est basse et vulnérable aux caprices de la rivière, les colons hésitent longtemps à venir s’y installer. Heureusement, la construction en 1880 d’un chemin de fer qui se rend à Élie par la Northern Pacific encourage la construction d’un système de drainage qui, en retour, rend la région beaucoup plus intéressante aux nouveaux colons. C’est en 1880, d’ailleurs, que l’on crée la municipalité de Saint-François-Xavier.

Par contre, pour les Métis, l’arrivée de ces nouveaux venus dérange. De nombreux conflits éclatent sur la question des droits de propriété des Métis sur les terres qu’ils occupent dans la région de Saint-François-Xavier. Plusieurs d’entre eux décident de partir pour suivre les troupeaux de bisons plus à l’ouest. D’autres encore vendent leurs terres aux spéculateurs pour s’en acheter d’autre ailleurs ou pour se servir de l’argent à d’autre usage.

Au cours des années 1880, on établit une mission anglicane à Belcourt qui envoie des missionnaires à Saint-François-Xavier à toutes les deux semaines. En 1900, les catholiques répliquent en faisant construire une nouvelle église en brique dans la paroisse sous la direction de l’entrepreneur Joseph Sénécal. En 1915, la paroisse de Saint-François-Xavier ne fait plus parti de l’Archidiocèse de Saint-Boniface mais est plutôt partie de l’Archidiocèse de Winnipeg nouvellement créé.

Avec l’arrivée de nouveaux colons transforme la paroisse. Entre 1900 et 1910 on voit arriver par chemin de fer des Canadiens-français, des Norvégiens, des Suédois, des Allemands, des Anglais, des Irlandais et des Écossais. L’arrivée d’un contingent d’immigrants Mennonites en provenance de Russie entre 1924 et 1930 va donner une nouvelle allure au village. L’identité culturelle de la communauté se voit modifiée par l’arrivée de ce groupe important qui va fonder une église en 1929. Cette dernière prend le nom d’Église mennonite Schoenfelder en 1940. La population métisse et catholique perd rapidement de son importance à Saint-François-Xavier et est progressivement remplacée par des colons Mennonites et Huttérites.

En 1936, le début de l'électrification de Saint-François-Xavier a lieu.

En 1959, avec la création de la division scolaire White Horse Plains, on décide de fermer les portes de l’école secondaire de Saint-François-Xavier. Les élèves de la paroisse doivent alors se rendre à Élie pour y poursuivre leurs études. Les religieuses, elles, doivent quitter la paroisse en 1968 même si deux religieuses continuent d’y enseigner jusqu’en 1970. Le couvent des Sœurs Grises est transformé en foyer pour personnes âgées après leur départ. En outre, il n’y a plus de prêtre résidant à Saint-François-Xavier qui est desservie par le curé de Saint-Eustache. À l’aube du 21e siècle, l’économie du village de Saint-François-Xavier, au fier héritage métis et autochtone, est basée principalement sur l’agriculture.

Dauphinais, Luc. Histoire de Saint-Boniface, Saint-Boniface, Éditions du blé, 1991.

Dorge, Lionel. Le Manitoba, reflets d’un passé, Saint-Boniface, Éditions du blé, 1976.

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Manitoba Hydro. L'histoire de l'électricité au Manitoba, [1995], p.30

Mitchell, Estelle. Les Soeurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge 1844-1984, Montréal, Éditions du Méridien, 1987.


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