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Saint-Claude

Avant l’arrivée des colons, la région qui compose aujourd’hui Saint-Claude, située dans la plaine basse qui s’étend au nord-est des contours de la Montagne Pembina, était très boisée et plutôt marécageuse. Les Métis de Saint-Daniel fréquentaient régulièrement la région pour y couper des arbres et ensuite le vendre à Winnipeg comme bois de chauffage.

Mais en 1885, la compagnie Canadien Pacifique décide de construire une ligne de chemin de fer dans le but de relier Winnipeg à Souris. Pour assurer une réserve d’eau et de charbon suffisantes aux locomotives à vapeur, on décide de construire à des distances bien déterminées, des réservoirs d’eau et des maisons pour loger les hommes et la machinerie nécessaire à l’entretien de la voie ferrée. Un de ces réservoirs, qu’on appellera la « Sixty Miles Tank », est érigée dans ce qui allait devenir Saint-Claude.

En 1887, un Écossais embauché par le Canadien Pacifique du nom de Thompson et sa famille viennent habiter près du réservoir. Les Thompson hébergent les employés, et bientôt les colons qui viennent s’installer dans les environs. En 1891, déjà, on pressent un changement lorsqu’un contingent de colons français, dirigés par le Chanoine Dom Benoît, viennent établir une nouvelle paroisse à Notre-Dame-de-Lourdes.

Le premier colon arrive à Saint-Claude en 1892. Il s’agit de Guillaume Joseph Trémorin, fils d’un colon français de Notre-Dame-de-Lourdes, qui vient prendre une concession près du « Sixty Miles Tank ». Plusieurs autres colons lui emboîtent le pas et prennent des homesteads dans les environs. En 1892, la population passe donc de 3 à 21 habitants. La population augmente rapidement à partir de ce moment là. La majorité sont des colons arrivés directement de France pour venir s’établir au Canada, souvent encouragés par les Chanoines. Dom Benoît y fonde rapidement une mission qu’il nomme Saint-Claude.

Dès 1892, les Chanoines visitent la région de Saint-Claude régulièrement et y célèbrent la messe chez un colon. Mais en 1893, Dom Benoit y fait construire la première église. C’est cette année-là, de plus, que l’on établit la première commission scolaire à Saint-Claude. L’église sert d’école jusqu’à ce qu’on en construise une en 1894.

Mais plusieurs colons s’opposent à l’influence des religieux et la mission est souvent divisée entre ceux qui acceptent la direction des Chanoines et ceux qui refusent de s’y soumettre. Pour contrecarrer ce mouvement, Mgr Langevin décide d’installer des prêtres permanents à Saint-Claude. Alors que l’école embauchait son premier directeur laïc en 1895, la mission de Saint-Claude est détachée de Notre-Dame-de-Lourdes et érigée en paroisse. Le père Léon Dunoyer c.r.i.c. devient le premier curé résident à Saint-Claude en 1898. Les pères décident de faire l’école au presbytère afin de faire compétition aux écoles non-confessionnelles.

En 1901, les premières religieuses, des Chanoinesses régulières des Cinq Plaies du Sauveur, viennent s’installer à Saint-Claude. Leur couvent-pensionnat ouvre ses portes en 1902 et elles y enseignent aux jeunes filles de la paroisse jusqu’en 1915. La Commission scolaire confie ensuite cette école à des laïques car elle refuse de diriger une école confessionnelle. En 1917, trois familles ukrainiennes viennent s’installer dans la paroisse et on construit donc une église de rite ukrainien orthodoxe à Saint-Claude en 1919.

La Première Guerre mondiale ralentie la croissance économique et culturelle à Saint-Claude durant quelques années, puisque de nombreux paroissiens s’enrôlent dans l’armée française ou canadienne. Mais les activités reprennent rapidement après la guerre et on voit la fondation de plusieurs organismes et entreprises au cours des années 1920 comme la Crémerie de Saint-Claude, la Société d’agriculture et la Survivance française de Saint-Claude.

En 1929, un manque de vocation oblige les religieuses à quitter la paroisse définitivement. Par contre dans les années 1930, Saint-Claude reçoit des colons en provenance de la Saskatchewan qui espèrent améliorer leur sort en quittant leur province aux prises avec la crise économique de ces années là. En 1934, en outre, les Filles de la Croix viennent s’installer à Saint-Claude pour y enseigner.

Le village survit à la Grande Dépression et continue son évolution au fil des années. En 1948, on ouvre un centre de soins pour personnes âgées, en 1951 Saint-Claude est l’hôte d’un grand congrès eucharistique, en 1954 on construit un nouveau couvent et en 1957 on ouvre un premier hôpital. Devant une telle croissance, on décide d’incorporer le village de Saint-Claude en 1963 et René Pineau siège comme premier maire. Au début du 21e siècle, Saint-Claude est la collectivité la plus importante de la municipalité Grey et son économie dépend surtout des secteurs laitiers et de la santé. Fier de son héritage, Saint-Claude continue toujours de fêter le 14 juillet, fête nationale des Français.

De Moissac, Claude J. Les Premières années de Saint-Claude au Manitoba, 1892-1914, Thèse de Maîtrise, Université du Manitoba, 1986.

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