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"L’élément français au Nord-Ouest" de L. A. Prud’homme

Étude approfondie des premiers voyageurs Canadiens français, considérés comme souche des Métis et de l’élément français dans l’Ouest. À noter que cette monographie reflète la perspective ethnocentrique de l’auteur, qui est caractéristique du début du 20e siècle. Le texte comprend une liste des voyageurs et trafiquants de fourrures dans le Nord-Ouest entre 1763 et 1870 avec notes sommaires sur leurs principaux exploits.
 
Voici quelques extraits du texte :
 
« En consultant la liste des voyageurs, on remarque que souvent plusieurs membres de la même famille partaient ensemble pour l’Ouest. L’exemple était contagieux. Un Canadien français s’engageait à Sorel ou Berthier; son frère qui se trouvait à Trois-Rivières ou Lacune, en apprenant cette nouvelle, se décidait à en faire autant. Le plus souvent, l’un d’eux disait : " Si tu t’engages, je te suis. " Ces frères ou cousins étaient envoyés au même poste d’ordinaire pour commencer, mais ils ne tardaient guère ensuite à être séparés, quelquefois pour ne plus jamais se revoir. » p.11
 
« Quant au salaire, il était exigible, un mois après leur retour à Montréal et variait suivant l’habileté et les aptitudes d’un chacun. Les canotiers du milieu ne recevaient ordinairement que 200$; ceux qui se trouvaient à la proue ou au gouvernail avaient de 250$ à 300$. Le salaire des interprètes s’élevait à 500$ ou 600$. D’autre fois, on se contentait de spécifier que les employés recevraient le prix du poste. » p.13
 
« Les canots de la Cie du Nord-Ouest étaient montés en général par cinq hommes et portaient 300 livres. Ils tiraient dix-huit pouces d’eau et faisaient six milles à l’heure. Quand le vent était favorable, ils parcouraient jusqu’à 8 à 10 milles à l’heure. » p.13
 
« Un certain nombre de ces voyageurs moururent de misère ou de faim ou tombèrent sous les coups perfides des Sauvages. D’autres disparurent, ensevelis sous les vagues écumantes de quelque rapide, perdus au milieu des plages du Nord. » p. 15
 
« Au bout de six ans, ils n’étaient pas plus riches qu’à leur arrivée. À vrai dire, ils ne recevraient pas un salaire qui leur permettait de devenir millionnaires. Alors, l’idée du retour commençait à s’effacer et s’entourer des nuages de l’indécision. On remettait à plus tard, sans trop savoir quand. Pendant ce temps-là, le goût des voyages et des courses continuelles prenait un tel empire sur eux, qu’il devenait un véritable besoin. Formés à ces habitudes nomades, il leur semblait que les travaux paisibles des champs seraient désormais pour eux un fardeau impossible à supporter. Ils finissaient par épouser une femme du pays et par se fixer là même pour toujours dans le Nord-Ouest. » p.16
 
L. A. Prud’homme. L’élément français au Nord-Ouest, Voyageurs Canadiens-français et Métis 1763-1870, Montréal, La Compagnie de Publication de la Revue Canadienne, 1904. Édition électronique© La Société historique de Saint-Boniface 2003
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