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Les mille et une facettes d’une grande dame

Pauline Boutal - SHSB 949

Les archives du Centre du patrimoine renferment des documents d’une valeur inestimable. Le fonds Pauline Boutal en fait partie. Celui-ci, en effet, est particulièrement important pour comprendre la vie culturelle du Manitoba d’une grande partie du XXe siècle.

Peintre, illustratrice de mode, créatrice de costumes, scénographe et metteure en scène, l’artiste franco-manitobaine s’est démarquée dans diverses disciplines, laissant derrière elle un héritage artistique riche. Mais, derrière la femme créative et charismatique qu’elle incarnait, qui était-elle vraiment? C’est cette question que s’est posée l’historienne d’art Louise Duguay, en fin de parcours universitaire. « Ayant grandi à Saint-Boniface, le nom de Pauline Boutal a toujours flotté autour de moi, exprime Louise Duguay. C’était une grande dame, très respectée, qui a marqué la scène culturelle de la province en raison, notamment, de son activité de directrice artistique du Cercle Molière durant 23 ans. »

Pauline Boutal est décédée en 1992, à l’âge de 97 ans.

 

Louise Duguay

Un sujet de maîtrise inattendu

Étudiante en histoire de l’art, Louise Duguay a consacré sa maîtrise à Pauline Boutal. « Ce n’était pas prévu, c’est ma directrice de maîtrise qui me l’avait suggéré, avoue-t-elle. Lorsqu’elle a prononcé le nom de Pauline Boutal, cela m’est apparu comme une révélation. Ses intérêts artistiques étant aussi les miens, j’ai relevé le défi avec enthousiasme. »

Sa maîtrise terminée, en 1998, Louise Duguay l’a soumise aux Éditions du Blé, pour publication. « Ils ont accepté mon manuscrit, mais à une condition, celle de le rendre plus personnel, dévoile-t-elle. Je me suis alors rendu à la Société historique pour approfondir mes recherches au sujet du personnage. Mais malgré toute la documentation qui la concernait, je ne parvenais pas à comprendre qui elle était réellement. »

C’est grâce à Suzanne Tremblay, une grande amie de Pauline Boutal, que Louise Duguay est finalement parvenue à percer l’intimité de l’artiste multidisciplinaire. « Je suis allée à sa rencontre à Montréal, indique l’historienne. Trente ans plus jeune que son amie, Suzanne Tremblay était un peu comme la fille adoptive de Pauline Boutal. Elles se sont écrit durant cinq décennies, à raison d’une lettre par semaine. Non sans quelques hésitations, Suzanne Tremblay m’a confié cette correspondance, lourde de plus de 1 000 enveloppes et m’a donné la permission de la remettre au Centre du patrimoine une fois mes recherches terminées. »

La correspondance des deux femmes entre les mains, Louise Duguay a enfin pu comprendre qui se cachait derrière la femme mystérieuse sur laquelle portait son manuscrit. « Les archives du Centre du patrimoine contenaient, jusque-là, les œuvres de Pauline Boutal, ses réalisations, ses entrevues… Elles contenaient, en somme, le résultat de ses actions. Les lettres ont permis de replacer celles-ci dans leur contexte, de comprendre le cheminement de l’artiste à travers ses recherches et puis, aussi, à travers sa connaissance et ses intérêts, de deviner le milieu culturel dans lequel elle baignait en ce temps. »

La richesse d’un fonds commun

C’est à ce moment-là que Louise Duguay s’est rendu compte de l’importance d’un fonds qui rassemble toute la documentation relative à une personne, un évènement ou une époque. « Quand tout est regroupé à un seul endroit, cela permet d’établir des connexions, indique-t-elle. Cela permet de reconstruire l’histoire. C’est très important pour les historiens. » Et cela l’a motivée à convaincre, autour d’elle, les personnes à confier leurs documents du passé aux archives. « On ne s’en rend pas compte mais les héritages familiaux sont une documentation précieuse. On a tendance à les conserver parce qu’on n’ose pas s’en débarrasser. On les range dans des boîtes qui, bien souvent,  dorment dans la cave. Mais nul n’est à l’abri d’une inondation ou des détériorations dues au temps. Un centre d’archives permet de conserver et de protéger les documents pour longtemps. »

Grâce à toute la documentation réunie autour de Pauline Boutal, Louise Duguay est parvenue à terminer son manuscrit pour les Editions du Blé. « Il s’agit presque d’un ouvrage biographique puisque j’ai utilisé de nombreux passages issus de ses différentes correspondances. Ce travail n’aurait pas été possible sans la documentation qui, au fur et à mesure du temps, vient enrichir le fonds Pauline Boutal du Centre du patrimoine et qui, par-là, le rend toujours plus passionnant. »

Consultez le fonds Pauline Boutal ici.

 

Date de publication: octobre 2012


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