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Le lieu de mémoire : fonds Georges Forest

Georges Forest a été actif toute sa vie à défendre ses droits et ceux de ses concitoyens. Le fonds d'archives Georges Forest qui a été donné au Centre du patrimoine permet de suivre cette action qu'il a exercé dans le cadre d'organismes où il a oeuvré ou qu'il a créés. Voici quelques bribes tirées de ces archives qui permettent de s'en faire une idée.  Il avait cité en exergue sur la couverture de la publication qu'il éditait, L'élite franco-manitobaine , ce passage de Saint Augustin : «Les choses n'arrivent en ceGeorges Forest SHSB42323 monde que lorsqu'on les fait arriver.»

Dès le début des années soixante, il est très actif dans le mouvement coopératif et des caisses populaires. Comme propagandiste du Conseil de la coopération du Manitoba, il écrivait en 1962 : «La Caisse populaire se doit de servir ses sociétaires de la façon la plus démocratique possible et ce faisant, montrer à l'univers que nous pouvons rendre l'homme plus important que l'argent.» Deux ans plus tard, en 1964, alors qu'il était membre du parti créditiste, on dit de lui au Social Credit League of Manitoba : «The League President Georges Forest, stated that in his report to the Saskatchewan Social Credit League Convention the previous week, he had clearly stated his hope for National Unity in Social Credit. Tracing the various occasions in the past few years when Manitoba Social Crediters have had to participate in the National organisation, he said that Manitoba has always acted as a mediator in east west conflicts, and he knows that Manitoba can continue to play this all important role.» À la fin des années soixante, début soixante-dix, il prend le flambeau de la défence de l'identité de Saint-Boniface par son opposition au fusionnement de la ville de Saint-Boniface à Winnipeg. En 1979, Charles Bolster, dans le Winnipeg Tribune, écrit à ce sujet : «This protest was vintage Article de La Liberté et le Patriote de 1960 où Geroges Forest à la tête d'une délégation de Saint-Boniface fait part de leur opposition au fusionnement de la ville de Saint-Boniface SHSB42324Forest. He had snowshoed eight miles from his home to the airport, and 16 more miles from the Montreal airport to a downtown hotel. En route, in French and English, this Franco-Manitoban of Metis descent explained how Unicity would make St. Boniface a folkloric «French quarter» instead of a living, developing French-Canadian municipality.» Ce voyageur officiel du Festival du Voyageur avait fait sa marque. «This 'modern voyageur', fully costumed, trudged relentlessly on snowshoes in the winter of 1971 to all the provincial hearings on amalgamation in the municipalities surrounding Winnipeg. Even a 21 day hunger strike which carved 62 pounds off his portly frame was useless. St. Boniface and 11 other municipalities joined as Unicity in 1972.»

Il avait des ancêtres pour l'appuyer dans ces démarches, comme il le déclarait au Tribune : «Grandmother Desgagnes would take me to the site of 'la barrière' where Louis Riel had resisted federal troops, and I listened fascinated to her tales of Riel and the Red River Rebellion. Of Metis stock herself, she had once hidden Riel behind a large kitchen cupboard.» Il n'est pas étonnant de le voir en 1982 défendre l'amnistie de Riel comme le souligne Richard Cleroux dans le Globe and Mail : «Mr. Forest is also campaigning for Louis Riel's rehabilitation as a genuine Canadian hero. Mr. Forest wants Ottawa to declare a "posthumous amnesty" for the Metis leader, so he will no longer be officially considered a common criminal.»

Il n'est pas étonnant non plus de le voir prendre la défence des droits des Franco-manitobains dans ce qui allait devenir l'affaire Forest. En 1979, il déclare au Winnipeg Tribune : «The courts and the Legislature are such fundamental institutions of any province, and if the Franco-Manitoban cannot plead for his life, or participate in his native tongue in the shaping of laws which will govern him and his offspring, then, frankly, he doesn’t have freedom – he doesn’t have the basic rights which existed when Manitoba became a Canadian province». En 1981, dans une conférence à la Société historique du Nouvel Ontario, il disait : «On ne peut bâtir un pays sans être pleinement conscient de son passé. L’histoire nous fait profiter des expériences de nos ancêtres, et plus important encore elle nous rappelle que nous portons en nous ces éléments humains qui nous rattachent les uns aux autres et cela à travers les générations et les siècles, c’est-à-dire les traditions, la culture et les mœurs.» En 1982, Richard Cléroux écrit dans le Globe and Mail : «If there is such a thing as a real Canadian hero, who believes with his heart and soul inGeorges Forest en costume de Voyageur SHSB42334 Canada and all it stands for, then big bearded Georges Forest, the St. Boniface insurance agent who fought a $5 parking ticket all the way to the Supreme Court and won, has to be a prime candidate for that distinction.» C'est au cours du Festival du Voyageur, en 1990, que Georges Forest part pour son dernier voyage. Alfred Monnin confie à La Liberté : «Après l'affaire Forest, les gens se sont Georges Forest SHSB42333sentis beaucoup plus solidaires. Ils ont su qu'ils avaient des droits, et qu'il fallait lutter pour les obtenir et les conserver. Avant ça, le chemin était tracé vers l'unilinguisme, un unilinguisme voulu et même écrit. C’était Georges Forest qui a lancé la machine. Il a eu la témérité, la force morale et la persévérance nécessaires pour lancer et poursuivre l’entreprise. Sans lui, on ne serait pas rendu là où on est maintenant au Manitoba, en tout cas pas si vite.»

Consultez le fonds Georges Forest. Ce fonds documente les nombreuses activités politiques, communautaires, religieuses et familiales de Georges Forest. Il documente entre autres, l'action de Forest dans le domaine des politiques nationales (camp du non lors du premier référendum québécois,  débat constitutionel, bilinguisme, réhabilitation de Louis Riel, etc), les services en français (l'Affaire Forest, l'Affaire Bilodeau et ce qui en a découlé), les politiques provinciales (services en français, parti Créditiste, multiculturalisme, Autopac, etc), les politiques municipales (fusionnement de Saint-Boniface à la Ville de Winnipeg, développement de Saint-Boniface et de Saint-Vital, la course à la mairie de Saint-Boniface, le zonage postal, etc),  les politiques communautaires portant sur les activités politiques de la communauté franco-manitobaine et la politique scolaire concernant la création d'écoles françaises au Manitoba. Plusieurs textes de conférences auxquelles il a participé documentent ses activités de promotion du bilinguisme. Le fonds contient en outre de la documentation portant sur les activités communautaires et culturelles de Georges Forest. On y trouve ainsi, par exemple, des documents sur des organismes tels l'Ordre du bon temps, le Club de raquetteurs, l'Union nationale française ou l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. On y retrouve aussi de la documentation sur les activités du Comité centenaire Louis Riel, du Festival du Voyageur, de l'Alliance française ainsi que sur sa publication intitulée "L'Élite franco-manitobaine". Le fonds documente en outre les activités théâtrales de Georges Forest ainsi que son travail au sein de l'organisme Héritage Saint-Norbert et de la Chambre de Commerce de Saint-Boniface. On y trouve aussi une importante documentation sur laGeorges Forest parmi les comédiens de la pièce Prisonnier de mon coeur, 1950 : première rangée du bas, garçon de droite SHSB11067 Maison Saint-François-d'Assise. Les activités commerciales et coopératives de Georges Forest sont aussi bien documentées dans ce fonds. On y retrouve des dossiers portant sur les Assurances Forest ainsi qu'une importante documentation sur les organismes coopératifs du Manitoba et du Canada. Une grande partie des documents, évidemment, concerne la promotion de la langue française au Manitoba et au pays. On y retrouve donc ainsi des documents provenant d'organisme tels le Conseil pour le développement du français au Manitoba ou la Société de l'éducation française hors du Québec, ainsi qu'une grande quantité de coupures de presse. Étant un homme très religieux et catholique, le fonds contient une bonne documentation sur les activités de la paroisse Précieux-Sang et du diocèse de Saint-Boniface. On y retrouve en outre des documents sur des questions morales ou éthiques telles l'avortement ou l'éducation morale. Finalement, ce fonds contient de la documentation biographique sur Georges Forest comme des recherches généalogiques, des documents de famille, de la correspondance personnelle, des écrits de ou sur Georges Forest ainsi que de la documentation sur ses divers intérêts. Ce fonds documente ainsi les activités de Georges Forest et de la communauté franco-manitobaine en générale au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle.


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