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Sur les pas des Oblats

Centenaire des Oblats dans l'Ouest en 1945 - SHSB 39956

Le fonds Oblats de Marie-Immaculée, conservé au Centre du Patrimoine, contient une quantité importante de documents témoignant des activités des Oblats au Manitoba, dans le sud de la Saskatchewan et dans le Nord-Ouest ontarien de 1845 à nos jours. « Il faut savoir que, jusque 1984, les archives de la Province oblate du Manitoba étaient conservées à la maison provinciale oblate, à Winnipeg, explique l’Oblat à la retraite père Bernard Pinet, ancien aumônier de prison. Ensuite, en 1984, elles ont été transférées aux Archives Deschâtelets, à Ottawa, en raison d’un manque de place au Manitoba. »

En 1998, le Centre du Patrimoine, à Saint-Boniface, ouvrait ses portes. « Les Oblats ont alors souhaité que leurs archives y soient entreposées, poursuit le père Pinet. Les Oblats pensent, en effet, que les archives doivent se situer le plus près possible des endroits où ont eu lieu les évènements. »

Sans attendre, une entente a été conclue et le premier versement important d’archives a été effectué en 2000. « J’ai, personnellement, fortement encouragé le transfert des archives, affirme l’Oblat à la retraite. C’est une bonne chose qu’elles se situent à proximité des communautés avec lesquelles les Oblats ont été en mission dans le passé. »

Des Oblats et des hommes

Selon le père Pinet, l’importance du fonds Oblats de Marie-Immaculée réside dans le fait qu’il retrace l’histoire des Oblats, mais aussi leur histoire en relation avec les différentes communautés auprès desquelles ils ont mené leurs actions.À Kenora ca. 1950 - SHSB 24136

« La question des Premières Nations est très bien documentée en raison des nombreuses missions accomplies à leurs côtés, note l’ancien aumônier. C’est aussi le cas par rapport à toute la communauté franco-manitobaine. Sans oublier l’implication des Oblats dans le journal La Liberté. »

D’après lui, seule la communauté métisse est sous-représentée au sein du fonds. « Alors que les Métis, à travers l’histoire, ont joué un rôle prédominant, souligne-t-il. Ils étaient les sources d’information principales, ils étaient les traducteurs, les guides géographiques… Ils faisaient le lien entre les blancs et la communauté indienne. »

Des archives vivantes

Le père Bernard Pinet regrette que les archives soient trop peu appréciées à leur juste valeur. « On voit souvent les archives comme des cimetières, énonce-t-il. Elles sont considérées comme des matières mortes alors qu’en vérité elles sont bel et bien vivantes. Les archives nous enseignent les leçons du passé. Elles sont comme un miroir qu’il faut regarder. »

D’ailleurs, il estime qu’elles regorgent d’histoires passionnantes qui mériteraient de faire l’objet de publications diverses. « Il serait tellement intéressant de s’inspirer de la richesse des archives pour mettre en lumière des histoires peu, ou trop peu connues. Songeons par exemple aux récits relatifs aux Oblats appelés à s’engager dans l’armée durant les deux guerres mondiales, ou encore ceux qui concernent le père Jean-Marie Mouchette qui, durant ses nombreuses années dans le Nord, a enseigné le ski aux Autochtones, permettant à certains d’entre eux de remporter plusieurs médailles. »

Rien n’est inutile

Père Pinet - ca. 1985 - SHSB 47033D’ailleurs, reconnaissant l’importance des archives, le père Pinet n’hésite pas à les alimenter du mieux qu’il peut. « Il est nécessaire de mettre dans les archives matérielles tout ce qui reflète l’histoire, déclare-t-il. Si on n’agit pas de la sorte, on risque de créer des trous, des zones de mystères, pour les générations futures. Tout ce que je peux donner au Centre du patrimoine, je le donne.

« Aumônier de prison pendant 30 ans, j’ai confié aux archives tout ce que j’ai accumulé pendant ma carrière, continue-t-il. Président de l’Association des prisons du Manitoba, j’ai également donné toute la correspondance relative à cette activité. Et puis, à un niveau personnel, j’ai aussi fait don au Centre du patrimoine de la correspondance échangée avec ma mère. J’ai longuement hésité, c’est vrai. Mais, finalement, si je ne considère pas que celle-ci soit une source de grand intérêt, je me dis qu’elle représentera peut-être un jour une matière riche pour quelqu’un. Il faut toujours garder à l’esprit que ce qui n’est pas forcément intéressant aujourd’hui le sera peut-être demain. »


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