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Saint-Laurent

Monument commémoratif de guerre à Saint-Laurent 

Photographie de la Manitoba Historical Society

 

Dans son livre, The Metis of St. Laurent, Manitoba: Their life and stories, 1920-1988, Guy Lavallée consacre quelques pages (p. 116-118) à l'expérience de guerre des Métis de Saint-Laurent à la suite d'interviews qu'il avait fait avec eux au cours des années. Il mentionne que les vétérans étaient fiers de dire qu'ils avaient combattu dans l'armée canadienne, qu'ils aient participé dans l'une des deux Grandes Guerres ou dans la guerre de Corée. Ils ont fait parti des Winnipeg Rifles, des Queen's Own Highlanders, des Winnipeg Grenadiers ou de la Patricia Canadian Light Infantry. Certains se sont battus en France, d'autres en Italie. Certains ont été faits prisonniers par les Allemands en Europe, d'autres par les Japonais à Hong Kong. Plusieurs sont morts sur le champ de bataille. D'autres ont survécu pour en parler à leurs amis et leur faire connaître les atrocités de la guerre et les conditions inhumaines des prisonniers de guerre.

Il souligne que certains sont fiers de montrer leurs médailles gagnées par des actes héoïques en sauvant leurscamarades. Tous refusent de parler de «tortures» subies dans les camps de prisonniers. Certains cétérans racontent que les colis envoyés par leurs parents comprenant des gilets, des mitaines, des bas, des cigarettes et des chocolats ne leur sont jamais parvenus. Louis George Coutu témoigne : «Sur le champ de bataille dans le feu de l'action, on ne se rend pas compte de ce qui nous arrive. Soit que l'on est tué ou que l'on tue. C'est seulement en temps de paix, de retour à la maison, quelques années plus tard que les réalités de la guerre nous frappent et que l'on devient conscient dans nos cauchemars de la laideur et de l'inhumanité de la guerre.»

Tous les vétérans interviewés de Saint-Laurent s'accordent pour dire que la prochaine guerre mondiale détruira la planet. L'expérience de guerre a touché les gens de différentes façons. «Pour la plupart de nous, explique Eugène Desjarlais, se joindre aux forces et aller en guerre a été toute une éducation et une expérience de vie. Pour certains, c'était la première fois que l'on quittait le patelin ou la province, sans compter le pays.» Louis Geroges Coutu ajoute : «Le vie militaire nous a formé à la discipline, spécialement après les jours de vagabondage pendant la Grande Dépression. On a pu découvrir comment on vivait dans d'autres pays, que nous, à Saint-Laurent, nous n'étions pas les seuls à connaître la misère. Et lorsqu'on s'enlignait pour le combat, on ne pensait plus beaucoup à notre identité ethnique, que ce soit ukrainienne, française, anglaise ou métisse. On était Canadien d'abord, et on se battait comme Canadiens, l'emblème sur not uniforme l'indiquait. Par contre, la question d'abandonner mon identité métisse ne s'est jamais présenté lorsque j'étais soldat, combattant comme un Canadien ne me rendait pas moins Métis. Aujourd'hui je suis fière de m'être battu pour le Canada.»

Tiré du livre The land between the lakes: History of R. M. of St. Laurent & District 1882-2007, pages 157 à 161, 164 et 165 :

Lavallée, Guy. The Metis of St. Laurent, Manitoba: Their life and stories, 1920-1988. 2003

St-Laurent and District Book Committee. The land between the lakes: History of R. M. of St. Laurent & District 1882-2007. 2010


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