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Riel, père

«Il est fort possible que la gloire du fils ait quelque peu obscurci le nom du père.»

C’est ce que constate l’historien Antoine d’Eschambault dans une causerie radiophonique portant sur Louis Riel, père, présentée au poste CKY (Winnipeg) le 18 janvier 1946.

Pourtant, il faut dire que le père du célèbre chef des Métis occupe, lui aussi, une place de grande importance dans l’histoire du Manitoba au 19e siècle. Louis Riel, père est engagé dans la lutte des trafiquants de fourrures indépendants de la Rivière-Rouge contre le monopole commercial qu’exerce sans opposition la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH). Il est l’âme dirigeante du mouvement de protestation lors du procès Sayer. Cet événement marque la fin du monopole et en fin de compte, du rôle d’autorité administrative que joue la CHB sur l’ensemble de la Terre de Rupert depuis 1670.

Plusieurs prétendent que la mort précoce de Louis Riel, père à l’âge de 47 ans prive l’Ouest d’un grand chef politique.

Dans une causerie publiée dans Les Cloches de Saint-Boniface, l’abbé d’Eschambault retrace la vie de Louis Riel, père, fait ressortir l`esprit d’entrepreneur de celui que l'on surnommera « meunier de la Seine », et parle du rôle qu’il joue dans la formation d’un comité de vigilance, ayant pour but de monter une résistance à l’autorité de la CBH. Écrit par un historien clairement sympathique à l’élément français et métis de la colonie de la Rivière-Route, le texte présente en détail les circonstances qui mènent au procès de Guillaume Sayer. Il parle des répercussions à court et à long terme de l'aquittement de cet homme métis, accusé d’avoir voulu faire du commerce à son propre compte.

La contribution Louis Riel, père à l’histoire de la Rivière-Rouge, tant sur le plan économique que politique, est reconnue par certains de ses contemporains, entre autres l’historien Joseph Tassé dans son livre Les Canadiens de l’Ouest. Cependant, c’est la renaissance de l’intérêt du public canadien à l’égard de l’histoire des Métis et de Louis Riel au 20e siècle qui motive plusieurs études au sujet de la famille Riel.

On s’intéresse davantage à la généalogie de la famille Riel, aux maisons qu’elle a habitées, aux activités économiques de Riel, père et aux vestiges de ses moulins sur la rivière Seine. Antoine Champagne, historien et cartographe, et Marius Benoist, conservateur du Musée de Saint-Boniface mènent d’ailleurs des enquêtes au sujet de ces sites. Ces recherches leur permettent d’identifer l’emplacement possible des moulins et de retrouver les meules, qui sont transportées au Musée où elles sont mises en évidence dans un parterre.
 

ANONYME. « Jean-Louis Riel (1817-1864) », Les Cloches de Saint-Boniface, XLIV (1945), no. 10, pages 223-224.

D’ESCHAMBAULT, Antoine. « Louis Riel, Père », causerie radiophonique présentée dans le cadre de la série Pionniers du Manitoba au poste CKY le 18 janvier 1946, publiée dans Les Cloches de Saint-Boniface XLV (1946), no. 4, pages 91-95.

GOSMAN, Robert. The Riel and Lagimodière Families in Métis Society, 1840-1860, National Historic Sites Division, Manuscript Report no. 171, 1975.

« L’honorable Roger Teillet évoque la vie de son arrière-grand-père maternel », La Liberté et le Patriote, 20 novembre 1964, page 1, suite à la page 3.
PAYMENT, Diane. Riel Family: Home and Lifestyle at St-Vital, 1860-1910 La Famille Riel: Résidence et Mode de Vie à St-Vital entre 1860 et 1910, Parks Canada, Historical Research Division, Prairie Region, May 1980.

TASSÉ, Joseph. « Louis Riel, père », dans Les Canadiens de l’Ouest, tome second, Montréal, Cie d’imprimerie canadienne, 1878, pages 353-379.


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