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Richer (Thibaultville)

Situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Winnipeg, le village de Richer a une histoire intimement liée à celle de sa paroisse voisine Sainte-Anne-des-Chênes. Comme dans le cas de Sainte-Anne, ce qui attire les premiers colons dans la région, qu’on appelait alors Côteau-de-Chênes, c’est le bois. La région est riche en petit gibier et en bois de chauffage et de construction. D’ailleurs, au cours de l’hiver 1861 et 1862, de nombreux bûcherons viennent y récolter le bois nécessaire à la construction de la troisième Cathédrale de Saint-Boniface. Ces bûcherons sont accompagnés du missionnaire Jean-Baptiste Thibault qui aurait célébré la première messe dans la région.

La construction du chemin Dawson à partir de 1869 encourage la venue de colons à Côteau-de-Chênes qui viennent s’ajouter aux habitants Métis établis dans la région depuis plusieurs années. La population catholique est alors desservie par les prêtres qui résident à Sainte-Anne-des-Chênes. En outre, c’est vers les années 1890 que plusieurs familles immigrent de France pour venir s’installer à Thibaultville. En 1895, de nombreuses familles sont donc déjà établies des deux côtés du chemin Dawson parmi lesquelles on retrouve les Lemire, les Vandal, les Hupé, les d’Hellencourt, les Nault, les Bossé, les Godard, les Mercier, les Pattyn, les Harisson et les Renaud. En 1897, un incendie déclenché par un engin à vapeur dévaste la région. De nombreuses maisons sont détruites et le bétail est tué par les flammes. Mais la population réussit péniblement à se remettre de ses pertes.

En 1901, on décide de rebaptiser le village Thibaultville en l’honneur du premier missionnaire de la région. C’est l’année suivante que l’abbé Alexandre Defoy vient travailler comme missionnaire dans la région et en 1903 il devient le premier prêtre résident dans la mission de Thibaultville où il fait construire une première chapelle sur une terre donnée par Pierre Michaud. En 1904, Mgr Louis-Philippe-Adélard Langevin, archevêque de Saint-Boniface, érige la mission de l’Enfant-Jésus à Thibaultville et nomme l’abbé Defoy premier curé de la paroisse.

En 1905, la population de Thibaultville, devenue assez nombreuse, réclame un service postal. Le maître de poste du Bureau central de Winnipeg accorde le service, mais refuse de lui donner le nom de Thibaultville, alléguant qu’il y avait trop d’endroits au Canada qui portaient déjà le nom de « ville ». On décide donc d’adopter le nom de Richer en hommage à Isaïe Richer, maître de poste de Sainte-Anne-des-Chênes et homme politique qui a beaucoup aidé financièrement la paroisse à ses débuts. En 1905, donc, Jérémie Lemire devient le premier maître de poste de Richer.

C’est en 1909, la population étant rendue assez grande, que Mgr Langevin érige canoniquement la paroisse de l’Enfant-Jésus. Le curé de la paroisse dessert aussi les missions de Ross, Sainte-Geneviève, Saint-Jean (Brokenhead) et Sainte-Thérèse d’Avila (La Coulée). De plus, en 1910, l’église est rendue trop petite et précaire. Le curé de Richer, l’abbé Joseph-Albert Beaudry fait donc construire une nouvelle église plus grande qui sera bénite en 1913. Les industries principales de la région sont la coupe de bois et, plus le travail de défrichage avance, l’agriculture. Mais comme les terres sont très rocailleuses et marécageuses, elles ne sont pas tellement propices à l’agriculture et on voit donc apparaître de nombreux moulins à scie autour de Richer.

La population augmente rapidement et demeure principalement métisse et canadienne-française. Le curé de la paroisse, l’abbé Désiré Claveloux, s’inquiète de l’éducation des enfants de la paroisse et c’est à son invitation que les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe viennent s’installer à Richer en 1936. Ces dernières prennent donc en main l’éducation des enfants catholiques de la paroisse de l’Enfant-Jésus. Les religieuses s’occupent en outre du chant à l’église, de la musique, de la catéchèse, du montage de pièces dramatiques, des mouvements jeunesse et des visites aux malades.

Au cours des années 1940, l’église est à nouveau trop petite et l’abbé François-Xavier Normandin décide donc d’en faire construire une nouvelle encore plus grande. C'est à ce temps là que le clocher avec la nouvelle cloche , don de Joseph Lacombe, fut complété. C’est en 1943, en outre, qu’on fonde la première Caisse populaire à Richer.

Mais à partir des années 1960, avec l’exode de la population rurale vers la ville, la population de Richer commence à diminuer rapidement. Même si on continue à avoir de grands projets, comme l’ouverture du parc Dawson Trail en 1970, plusieurs organismes doivent fermer leurs portes à Richer. En 1993, après 57 ans de service, les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe quittent Richer, leurs nombres étant rendus trop petits pour continuer leur œuvre. De plus, en 1995, l’archidiocèse de Saint-Boniface décide de fermer l’église. Les paroissiens doivent dorénavant assister à la messe en l’église de Sainte-Anne-des-Chênes. Par contre, le village profite toujours aujourd’hui du traffic des vacanciers qui se rendent dans la région du Whiteshell.

Anonyme, Paroisse de l’Enfant-Jésus, Richer, Manitoba, 1904-1964, 60e anniversaire, sans éditeur, 1964

Anonyme, Anniversaire de la Paroisse de l’Enfant-Jésus de Richer, sans éditeur, 1979

Anonyme, Reflets d’un passé au Lac Bossé, sans éditeur, 1990

Voyer, Charles-Eugène. Paroisse de Sainte-Anne-des-Chênes 1876-1976, Villa Youville, Sainte-Anne-des-Chênes, 1977


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