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Notre-Dame-de-Lourdes

Notre-Dame-de-Lourdes

La région de Notre-Dame-de-Lourdes se distingue non seulement par son histoire assez originale, mais aussi par sa géographie. La paroisse est située sur un plateau qui contraste avec la plaine. C’est aussi une région très boisée, ce qui la distingue des prairies où les arbres se font plus rares. La mer Agassiz qui avait recouvert la région autrefois a laissé derrière elle de nombreux fossiles de vie marine. 

Les premiers humains à parcourir cette région sont les Ojibwés, les Cris et les Assiniboines. Puis, selon les recherches du Père Antoine Champagne c.r.i.c., le premier d’origine européenne à y mettre les pieds est l’explorateur Pierre Gaultier de La Vérendrye qui se dirige vers le Missouri. Mais ce n’est que vers 1879 que des colons d’origine canadienne-française commencent à s’installer dans ce coin du pays. 

L’abbé Théobald Bitsche, curé de Saint-Léon et responsable du ministère des âmes dans toute la partie canadienne de la montagne Pembina, décide de fonder la mission de Notre-Dame-de-Lourdes en 1883 où s’étaient établis quelques colons. En 1891, ce territoire est érigé canoniquement en paroisse par Mgr Alexandre Taché. Mais 1891 marque surtout l’arrivée des Chanoines réguliers de l’Immaculée Conception dirigés par Dom Paul Benoît c.r.i.c. qui arrivent à Notre-Dame-de-Lourdes à la tête d’un convoi d’une quarantaine de colons venus de France et de Suisse. Entre 1891 et 1910, Dom Benoît continue toujours d’attirer des colons d’Europe dans la jeune paroisse. Le Colonisateur canadien, à compter de l'été 1889, reproduit des lettres de colons qui choisissent de s'établir à Notre-Dame de Lourdes.

Notre-Dame-de-Lourdes grandi rapidement et plusieurs nouvelles paroisses apparaissent autour d’elle. Le journaliste Donatien Frémont publie dans le journal La Liberté un historique de la paroisse qui illustre les difficultés auxquelles les colons ont dû faire face. Ceux-ci doivent assurer la construction de routes, d’écoles et de commerces pour subvenir à leurs besoins. En 1895, les Chanoinesses régulières des Cinq-Plaies du Sauveur arrivent de France pour prendre en main l’éducation des enfants de la paroisse. 

En 1902, Dom Paul Benoît apprend que la construction d’une ligne de chemin de fer est prévue entre Carman et Somerset avec une gare à Cardinal. Le Chanoine veut assurer la survie de son village et c’est pourquoi il pétitionne auprès des autorités pour que le chemin de fer passe plutôt par Notre-Dame-de-Lourdes. Il l’obtient en 1908. L’arrivée du chemin de fer et des élévateurs à grain encourage l’économie du village qui dépend surtout de l’agriculture et de l’élevage. 

En 1909, des désaccords entre Dom Benoît et le Vatican force le départ de celui-ci qui s’exile à Saint-Léon. C’est le père Antoine Chalumeau qui prend alors sa place à la tête de la paroisse. La vie au village est animée par de nombreuses activités religieuses, culturelles, sociales et sportives. Mais la Première Guerre mondiale ralentit le rythme des activités puisque plusieurs paroissiens partent pour la France avec l’espoir de défendre leur mère patrie. 

La guerre prend fin. En 1927, l'électricité fait son apparition et l’amélioration des systèmes de communication et des routes réduit l’isolement de la paroisse et lui permet de prospérer. Le village survit ainsi à la crise économique et à la Deuxième Guerre mondiale. Notre-Dame-de-Lourdes s’ajuste aussi au départ des Chanoines qui quittent définitivement la paroisse en 1948 pour être remplacés par des prêtres séculiers. 

Le village se laïcise tranquillement. Même si les mouvements d’Action catholique prennent leur essor au cours des années 1930 à 1950, les paroissiens assurent de plus en plus la direction du village. En 1961, par exemple, des laïcs prennent pour la première fois la direction des écoles du village même si les Chanoinesses y restent très engagées. 

L’administration du village souffre du partage municipal. Notre-Dame-de-Lourdes est situé sur la frontière de deux municipalités. Les deux moitiés du village n’ont donc pas les mêmes administrateurs. Pour régler ce problème, les villageois pétitionnent en vue de l’incorporation de leur village en municipalité autonome. C’est chose faite le 1er janvier 1963, alors que Marcel Roch devient le premier maire du nouveau village incorporé. En 1991, la paroisse commémore son centenaire. Les paroissiens en profitent pour célébrer leur passé, leurs racines et leur avenir.

BENOIT, Dom Paul. « Un spécimen des colonies de langue française dans l’Ouest canadien », Les Cloches de Saint-Boniface, vol. 12, no. 4, 15 février 1913, p. 38-43. 

BRANDT, Yvette. Memories of Lorne, Somerset, The Municipality of Lorne, 1980. 

CHAMPAGNE, Antoine. Les Commencements de Notre-Dame-de-Lourdes 1890-1901, par l’auteur, 1943. 

DUPASQUIER, Maurice. Dom Paul Benoit et le Nouveau Monde. Thèse de doctorat, Université Laval, 1971. 

FORTIER, Alfred. « Les débuts de Notre-Dame-de-Lourdes 1889-1892 décrit dans les pages du Colonisateur Canadien », Bulletin de la Société historique de Saint-Boniface, no. 4, (été 1991), p. 7-27. 

FRÉMONT, Donatien. Les Français dans l’Ouest canadien, troisième édition présentée par Gilles Lesage, Saint-Boniface, Éditions du Blé, 2002, collection « Les cahiers d’histoire de la Société historique de Saint-Boniface ». 

GABORIEAU, Antoine. Un siècle d’histoire : Notre-Dame-de-Lourdes (Manitoba) 1891-1990, Notre-Dame-de-Lourdes, Comité des fêtes du centenaire, 1990. 

Manitoba Hydro. L'histoire de l'électricité au Manitoba, [1995], p.30

ROY, Marie-Anna. La Montagne Pembina au temps des colons, Canadian Publishers, 1970.


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