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Une chronologie des relations entre les autochtones et les autres populations - 1800 à 1849

1804 Une école de travaux manuels, «manual-labour school», est fondée par Gideon Blackburn, un missionnaire presbytérien chez les Cherokees. Le temps est partagé également entre les travaux des champs, l'atelier ou la cuisine et les études. (Grant, 1984, p.86)

1811 Il ne reste que 72 Beothuks à Terre-Neuve. (Upton, 1988, p. 60)

1812 Le chef Saulteux, Peguis, aide les colons de Selkirk à s'établir à la Rivière-Rouge. Les Saulteux de Netley Creek cultivent le maïs, des patates, de l'orge et d'autres grains s'alimentant aussi des produits de la chasse. (Demsey, 1976. p. 626)

1814 Sans provisions, le groupe principal de colons de Selkirk est conduit par les Saulteux du Chef Peguis vers le fort Daer (Pembina) et les colons apprennent à chasser le bison. (Dempsey, 1976, p. 626)

1816 Le chef Peguis se range du côté de la Hudson's Bay Company dans le conflit qui l'oppose à la Compagnie du Nord-Ouest et héberge Marie-Anne Gaboury et ses enfants. (Dempsey, 1976, p. 626)

1817 Le 18 juillet, le chef Peguis et 4 chefs Cris et Saulteux signent un traité avec Lord Selkirk pour permettre l'établissement des colons. Le territoire visé comprenait deux milles de chaque côté de la rivière Rouge jusqu'à Grand Forks et de la rivière Assiniboine jusqu'à Rat Creek. Chaque tribu devait recevoir une livraison annuelle de 100 livres de tabac. (Dempsey, 1976, p. 626)

1818 Arrivée des abbés Provencher, Dumoulin et du séminariste Guillaume Edge à la Rivière-Rouge.

Jusqu'en 1818, l'achat de territoires des Amérindiens aux fins de la colonisation se faisait par un paiement unique aux tribus concernées. En 1818, la pratique de conclure des ententes comprenant un paiement au moment de la cession des terres et des paiements annuels commence.(Shanahan, 1994, p.15)

1820-1821 Sir Peregrine Maitland, lieutenant gouverneur du Canada, propose l'établissement d'écoles dans des communautés amérindiennes désignées pour leur enseigner l'arithmétique, la lecture et l'écriture. Ces écoles dispenseraient aussi l'enseignement des rudiments de l'agriculture et de certains métiers. (Louchez, 1992, p.19 et Grant, 1984, p.82)

1821 Fusion de la North West Company et de la Hudson's Bay Company. Cette dernière prend aussi en charge la Côte-Nord. (Jauvin, 1993, p. 92)

1823 Peter Jones, de père anglais et de mère Ojibway, se convertit et devient méthodiste, rendant possible un travail d'évangélisation auprès des Ojibway. (Louchez, 1992, p.18)

1828 Le surintendant des Affaires Indiennes du Canada suggère une nouvelle politique au département des Affaires indiennes relevant de l'armée et préconise que des mesures soient prises pour civiliser et éduquer les Amérindiens. Il propose que l'on remplace les redevances annuelles par des biens favorisant l'agriculture. (Carter, 1990,p.23)

1830 Adoption officielle du programme énoncé en 1828. Les département des Affaires indiennes passe d'une juridiction militaire à une juridiction civile. (Carter, 1990, p.23 et Pettipas, 1988, p. 93) Au début, les dons, les annuités et les autres échanges avec les Amérindiens répondaient à une politique militaire selon laquelle les Anglais, pour s'assurer l'allégeance de nations autonomes dans la poursuite de leurs visées militaires auprès des autres nations coloniales, entretenaient des alliances avec les Amérindiens. Les agents pour un temps maintiennent cette politique dans leur rôle de dispensateurs des «cadeaux» de la Couronne. Progressivement les fins d'occupation du territoire et d'appropriation de l'espace remplaçent les buts militaires et les traités visent alors à remplacer une négociation d'alliance par une transaction d'acquisition du territoire selon des termes semblables, à savoir le don annuel de cadeaux. Par le fait même, de nations autonomes qui négocient des alliances, les nations amérindiennes deviennent des pupilles à la charge de l'État. (Shanahan, 1994, p.14)

1832 Cas Worcester contre Georgia dans lequel le juge en chef Marshall, des États-Unis, reconnaît que durant le règne de l'Empire britannique en Amérique la Couronne britannique n'intervenait pas dans les affaires internes des peuples autochtones et n'interférait pas dans son autonomie gouvernementale. (Dussault et Erasmus, 1993, p.7)

1835 Épidémie de variole dans les Prairies. Un tiers de la population amérindienne est 1838 décimée. (Fumoleau, 1973, p.321)

1836 Sir Francis Bond Head remplace Colborne à titre de lieutenant-gouverneur. Appréciant la culture amérindienne, il croit toutefois que la disparition des Amérindiens est inévitable et prône qu'il est préférable de les laisser finir leurs jours sans l'ingérence des Blancs. (Grant, 1984, p.85) Il négocie le traité de Manitoulin Island. Il dit aux chefs qui réclament le droit d'occupation du territoire: «If you could cultivate your Land, it would then be considered your own Property...» (Shanahan, 1994, p.21)

1838 Lord Glenely du Colonial Office émet une déclaration officielle appuyant le programme de transformation culturelle préconisé par Darling comme étant le moyen le plus efficace de «... protect and cherish this helpless Race ...[and] raise them in the Scale of Humanity.» (Pettipas, 1988, p. 94)

Sir Francis Bond Head est remplacé par Sir George Arthur. Il obtient l'adoption d'une politique préconisant la civilisation et la christianisation des Amérindiens considérant cela un impératif moral du peuple britannique. (Grant, 1984, p.85-86)

1840 Captain George Grey informe le Colonial Office que «... Aboriginal religion, or what was referred to as superstitions, or «traditional laws» were responsible for the lack of material and moral progress ...» des autochtones d'Australie. (Pettipas 1988, p. 78)

Le chef Peguis se défait de trois de ses femmes et est baptisé par le révérend John Smithurst. Lui et son épouse prennent le nom de William et Victoria King. Plus tard leurs enfants prennent le nom de Prince (Dempsey, 1976, p. 626)

Le chef Peguis est irrité par les colons qui commencent à utiliser des terres qui n'avaient pas été comprises dans le traité de 1817. Il dépose une protestation formelle auprès de l'Aborigines Protection Society et déclare que le paiement du tabac scellait la bonne entente entre les Saulteux et les Blancs mais que les terres désignées par le traité n'avaient pas été cédées. Il mettait aussi en question la juridiction du gouverneur et du Conseil d'Assiniboia sur ces terres sans qu'elles soient cédées dans un nouveau traité. (Dempsey 1976, p. 626)

On préfère de plus en plus le modèle des écoles de travaux manuels, «manuel-labour» schools, de Gideon Blackburn (1804) parce qu'elles enseignent des connaissances pratiques et s'autofinancent. (Grant, 1984, p.86)

1844 Arrivée des Soeurs Grises à la Rivière-Rouge.

1845 Arrivée des Oblats de Marie-Immaculée à la Rivière-Rouge.

La jurisprudence européenne de l'époque, inspirée par le juriste suisse, Emmench de Vattel, considère que des territoires non-habités ne sont pas une véritable possession et que d'autres États sont justifiés d'en prendre possession et de les coloniser. Le fait qu'un peuple ne puisse cultiver la terre sert à démontrer qu'il n'est pas véritablement propriétaire du territoire. (Carter, 1990, p.20-21)

1847 Le ministre méthodiste wesleyen, Robert Terrill Rundle, choisit l'emplacement de l'école indienne de Pigeon Lake. (Louchez, 1992, p.50)

1849 L'établissement de la Wesleyan Methodist Mount Elgin Industrial School, école méthodiste à Muncey en Ontario, marque une ère nouvelle dans l'éducation des Amérindiens avec la centralisation, dans des écoles résidentielles, des enfants qui, retirés de l'influence parentale, pourraient devenir de meilleurs véhicules de la civilisation chrétienne une fois retournés parmi les leurs. (Grant, 1984, p.86 et Melling, 1967, p.23)


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