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Letellier

Vue aérienne de Letellier - SHSB 9260

L’histoire de la région de Letellier commence très tôt. En effet, la rivière aux Roseaux, qui coule tout près, servait de route fluviale aux autochtones qui y voyageaient. Les Sioux l’avait d’ailleurs baptisée « route des guerriers » et parcouraient la rivière lors de leurs expéditions guerrières ou leurs voyages de chasse et de pêche. C’est sur cette route que les guides autochtones dirigent l’explorateur Pierre Gaultier de La Vérendrye et ses compagnons lors de leurs expéditions à partir du lac des bois, près duquel la rivière aux Roseaux prend naissance. Les explorateurs Français utilisent vraisemblablement cette rivière pour continuer leurs explorations dans l’Ouest et le neveu de La Vérendrye, Christophe Dufrost de la Jemmeray, est enterré en 1736 près de ce qui allait devenir Letellier. Puis, en 1869, la Compagnie de la Baie d’Hudson fonde un poste de traite le long de la rivière aux Roseaux avantagé par le trafic fluvial.

Mais les premiers à venir s’installer en permanence dans la région, qui comprenait alors Dufferin, Rivière-aux-Marais, et les Deux-Pointes, sont des Métis venus principalement de Saint-Norbert. Ces derniers sont desservis par plusieurs curés qui leur rendent visite assez régulièrement. Cependant, la plupart d’entre eux ne gardent pas leurs terres après 1870 et quittent la région pour aller s’installer dans le Nord-Ouest. À partir de 1866, des colons anglophones viennent s’installer dans la région desservis par des ministres presbytériens d’Emerson. Des colons canadiens-français, venus principalement des États-Unis arrivent aussi en grand nombre entre 1876 et 1877 et deux hameaux font leur apparition : Gaulthier (Deux-Petites-Pointes) et Saint-Pie en plus du petit établissement qui existe déjà à Catherine, tout près du présent site de Letellier.

Pendant quelques années, ces trois agglomérations se feront la guerre pour devenir le centre principal de la région. Alors que Gaulthier peut se vanter d’avoir un moulin à farine, une maison de pension et un magasin général, Saint-Pie, pour sa part, a l’église de la mission érigée canoniquement par Mgr Alexandre Taché en 1879. C’est l’arrivée du chemin de fer qui décidera du sort de ces trois collectivités. En 1889, la voie ferrée passe à Catherine. On y déménage l’église et les entreprises des environs et le 16 août 1889 la nouvelle paroisse prend le nom de Saint-Pie de Letellier. L’abbé Norbert Jutras devient le premier prêtre résident de la paroisse de Saint-Pie de Letellier.

Il existe en outre déjà une école publique de langue anglaise à Letellier en plus des quelques écoles francophones environnantes. On y organise donc une classe séparée pour les enfants francophones qui reçoivent tout d’abord leur enseignement de Mademoiselle Jutras. Quelques années plus tard, suite à l’accord Laurier-Greenway, on ouvre l’école Inverness dans un édifice à deux étages qui accueille à la fois les élèves protestants et catholiques. L’école est dirigée par les demoiselles Kéroack jusqu’à l’arrivée des Sœurs Notre-Dame-des-Missions en 1902.

Le village vit principalement d’agriculture. Entre 1911 et 1912 on compte trois élévateurs à grain à Letellier gérés par plusieurs compagnies telles la Northern Elevator, le Manitoba Government Elevators, Grain Growers, N. M. Paterson et le Manitoba Pool. En 1924, la United Grain Growers achète les élévateurs du village. Avec le temps, ces élévateurs entreposeront le grain, le maïs, le charbon et les fertilisants. Le village devient en outre un important producteur de produits laitiers.

Malgré l’énorme travail de défrichage qu’il reste à faire, on trouve le temps d’organiser des activités sportives dans le village et les environs. Le premier sport organisé est le baseball qui connaît ses débuts en 1907 et gagne en popularité jusque dans les années 1930 où il connaît son apogée. Les parties se jouaient alors entre les équipes des villages environnants. Après la Deuxième Guerre mondiale, par contre, c’est le hockey qui domine et une patinoire est construite à Letellier en 1948.

De nombreux commerces ont vu le jour à Letellier. Mais la création de moyens de transports et de communication modernes apporte une diminution des maisons d’affaires locales qui doivent alors faire compétition aux grandes entreprises de Winnipeg. Cela n’empêche qu’en 1945 on ouvre la première Caisse populaire sous la présidence de Napoléon Comeault et gérée par Léon Bruyère. Par contre, en 1949, l’arrondissement de l’école Saint-Pie ferme ses portes pour se joindre à l’école Inverness de Letellier.

En 1961, avec le réaménagement des divisions scolaires, les laïcs prennent en main la direction de l’école Inverness qui avait été, jusqu’alors, sous la direction des Sœurs Notre-Dame-des-Missions. Le couvent ferme alors ses portes et les religieuses quittent le village. On décide alors de créer un parc sur les propriétés qu’elles avaient occupées. L’école est à caractère principalement francophone et opère durant de nombreuses années. Avec le temps, cette dernière deviendra une école d’immersion française.

Letellier est aujourd’hui encore un village florissant. L’économie dépend principalement d’agriculture et Letellier compte une succursale de la compagnie de grains et de fertilisants Agricore. Le village offre aussi aux touristes des sites historiques tel le cairn érigé à la mémoire de Christophe Dufrost de La Jemmeray et les activités du Festival Patrimoine Montcalm.

Programme souvenir du cinquantième anniversaire de l’Érection Canonique de la première mission de Saint-Pie de Letellier 1879-1929, Letellier, Comité du cinquantième, 1929

Gauthier, Élisabeth (Soeur Paul-de-Césarée) snjm. Essai historique de la paroisse de Saint-Pie de Letellier, Saint-Boniface, Thèse de maîtrise présentée à l’Université d’Ottawa, 1950.

Municipalité Montcalm. Moissonneurs de la Rouge 1882-1982, Letellier, Municipalité rurale de Montcalm, 1982.
 


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