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Louis LeMoing, mécanicien dans les forces aériennes canadiennes

Louis Lemoing, SHSB 46001

Né le 5 mai 1920 à Notre-Dame-de-Lourdes, MB, Louis LeMoing passa une partie de son enfance en France, pays d'origine de ses parents. Son père était vétéran français de la première guerre mondiale.
 
En 1940, Louis LeMoing travaillait en construction, et aida à la construction des baraques à Portage La Prairie. Ayant pris un cours de soudure au St. Joseph Vocational School, il trouva un emploi à Westeel, comme soudeur d'aluminum au dépôt d'avions.
 
En 1941, Louis reçoit son appel des forces armées, et s'enrôle en août dans l'aviation, comme mécanicien. Il devait pouvoir réparer tout sur l'appareil, sauf le moteur. Après un entraînement au No 1 Manning Depot à Toronto, et aux écoles techniques de St. Thomas et d'Aylmer, il fut posté à l'aéroport de Rockliffe, à Ottawa. Là, il travaillait sur plusieurs genres d'avions, dont les Avro Anson, les York, Catalina, Fairey Battle, Mosquito, Grumman Goose, Hamptden, etc.
 
Pour être plus près de chez lui, il accepta un transfert à Souris, au Manitoba, en hiver 1943, sur une base en pleine construction. Cette base était un centre d'entraînement pour le British Commonwealth Air Training Program.
 
En 1944, Louis LeMoing fut posté sur une base en Grande-Bretagne. Après son "embarcation leave", passé à Notre-Dame-de-Lourdes, il pris le train à Rathwell pour Halifax où il embarqua sur le Mauretania pour l'Angleterre. Il se souvint de la traversée de l'Atlantique:
 
«Il y avait 10 000 hommes à bords le Mauretania. On était tassé et ça sentait la vieille cuisine. Cinq jours de grosses tempêtes et des vagues de 30 pieds - plusieurs avaient le mal de mer.
Si tu voulais prendre une douche, il fallait se laver avec l'eau salée, car on conservait l'eau douce pour le manger et le boire. Je prenais des grandes marches sur le pont pour éviter le mal de mer. On n'avait pas le droit de fumer une cigarette sur le pont la nuit - blackout sévère. Aussi, le bateau faisait des zigzags pour éviter les torpilles des Allemands.»1
 
Arrivé à Londres le 24 octobre 1944, il put se remettre du voyage avant d'être envoyé à l'escadrille 429 à Leeming, en Yorkshire (près de l'Écosse). Cet escadrille de bombardiers de la RCAF était équipée de 30 avions quadrimoteurs Halifax, dont il faisait partie de l'équipe d'entretien au sol. Chaque jour, ces avions partaient pour bombarder l'Allemagne.
 
«La sortie durait de 16 h à 20 h, alors il fallait être de service et réparer toute la nuit si nécessaire afin qu'il puisse repartir le lendemain. J'ai souvent travaillé la nuit en portant un manteau de pluie, la goutte au nez. L'hiver en Angleterre, c'est comme l'hiver en Bretagne. C'était bien triste si ton équipe ne revenait pas.»
 
En février 1945, Louis LeMoing est muté à une escadrille AOP (Air Observation Patrol) postée en Europe du Nord-Ouest. Le rôle de l'AOP était de diriger le tir d'artillerie par radio. Les pilotes faisaient partie du corps d'artillerie de l'armée, tandis que les mécaniciens étaient membres des forces aériennes. L'escadrille comptait 6 avions légers, des Austers, et les ateliers étaient mobiles. "On pouvait atterrir dans un champ et être prêts avec camions (jeeps, motocyclette, cuisine mobile, etc.) dans seulement trois minutes."3
 
«J'étais responsable de l'entretien de ces avions et j'avais de bons hommes. Mon bureau: une tente dans le champ, une radio, une carte géographique, un téléphone et un revolver. Cette escadrille unique dans son genre avait un mélange de personnel de l'armée et de l'aviation.»4
 
L'escadrille de Louis avançait à travers la Hollande et l'Allemagne avec l'armée canadienne. Il se souvient de la famine en Hollande: " les gens avaient faim, c’était effrayant. Les villageois venaient nous voir pour avoir une tasse de thé que nous préparions sur le feu à l’extérieur. Souvent quand nous recevions des paquets de chez nous, les enfants venaient nous voir et on leur donnait du chocolat et des choses du genre."5   Le 4 mai, 1945, il apprit par la radio que le cessez-le-feu était prévu pour le lendemain, à 7h du matin, bien que le jour de victoire en Europe, V-E Day, fut le 8 mai. Son escadrille se rendit alors à Wilhelmshaven, sur la mer du Nord, où il participa à l'occupation de l'Allemagne.
 
Louis LeMoing dut attendre son tour pour la démobilisation. Il en profita pour visiter sa parenté en France. Il visita aussi les Pays Bas. "Je dois mentionner que partout en Hollande, on honorait les Canadiens, et c'est encore le cas aujourd'hui, 60 ans plus tard."6
 
Enfin revenu à Londres, Louis repris le Mauretania, et arriva à Halifax le 1er janvier 1946. Dans une entrevue pour un projet de mémoire, il ajouta que la "guerre m’a beaucoup changé. Ça m’a donné de la maturité très rapidement."7
 
Revenu à Notre-Dame-de-Lourdes, Louis LeMoing épousa Antoinette Augert et fut tour à tour mécanicien, agriculteur, gérant de coopérative et conseiller financier. Il est mort le 25 décembre 2015.
 
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  1 Lemoing, Louis (2014) Louis se raconte: l'autobiographie de Louis LeMoing, p. 17
  2 Ibid, p. 18
  3 Ibid, p. 18
  4 Ibid, p. 20
  5 Site Web Le Projet Mémoire: Témoignage d'anciens combattants. Louis LeMoing, témoignage recueilli le 20 mai 2010 à Portage La Prairie
  6 Lemoing, Louis (2014) Louis se raconte: l'autobiographie de Louis LeMoing, p. 22
  7 Site Web Le Projet Mémoire: Témoignage d'anciens combattants. Louis LeMoing, témoignage recueilli le 20 mai 2010 à Portage La Prairie
 
LeMoing, Louis (2014) Louis se raconte: L'autobiographie de Louis Lemoing, s.p.
 
Site web Le Projet Mémoire: Témoignage d'anciens combattants. Louis Lemoing, témoignage recueilli le 20 mai 2010 à Portage La Prairie

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