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Première Grande Guerre - Les débuts

36e batterie C.F.A. de Saint-Boniface, Camp Hughes (Camp Sewell), 1914 (#2 Gun section, 13 pounders)

De 1914 à 1918, une guerre mondiale domina la politique et l'économie mondiale. Déclenchée dans une Europe dominée par des empires, cette grande guerre fut la première guerre totale industrielle. Pour la première fois, des avions bombardaient les usines et les villes ennemies. Les sous-marins aussi vinrent assister les blocus maritimes en coulant des navires de ravitaillement. Ce n'était plus seulement que les soldats en première ligne qui risquaient leur vie.

C'est le 4 août 1914, que le Canada fut plongé dans cette première guerre mondiale. L'assassinat de l'archiduc Ferdinand, héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie, par un nationaliste serbe envenime les relations déjà tendues entre la Serbie et l'Autriche. Pensant pouvoir contenir la guerre aux Balkans, l'Empire d'Autriche-Hongrie lance un ultimatum à la Serbie. Devant ce geste, la Serbie demande l'appui de son allié, la Russie, tandis que l'Autriche fait appel à son appui, l'Allemagne. L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet, 1914. Un à un, les grands pouvoirs européens, dont l'Allemagne, la Russie et la France, sont entraînés dans le conflit par leur alliances et leurs réactions aux événements. Les empires centraux, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'empire Ottoman font face à la France et l'empire britannique à l'Ouest, et la Russie à l'Est.

En 1914, le Canada n'était pas responsable de sa politique externe, et suivait les consignes impériales de la Grande-Bretagne. Cette dernière déclara la guerre à Edmond Marion en uniforme militaire SHSB 9584 l'Allemagne le 4 août, quand les armées allemandes sont entrées en Belgique, en chemin vers la France. Cette déclaration met le Canada en état de guerre. À cette époque, la population du Canada se chiffrait à 7 206 6431, dont 3 999 081 originaires du Royaume-Uni2. L'enthousiasme pour la guerre est élevé parmi ce groupe. Dans la population francophone, il y a des immigrants venus de la France ou de la Belgique qui sont rappelés aux drapeaux par leur pays d'origine3. Il y aura aussi quelques francophones qui s'enrôlent dans l'armée canadienne, mais l'enthousiasme de ceux-ci est généralement moins exubérant que celui des anglophones.

Le gouvernement canadien de Robert Borden, comme le gouvernement du Royaume-Uni, optera pour un système de bénévoles afin de remplir ses rangs, et promet au Royaume-Uni un contingent de 25 000 hommes4. Ce premier contingent quitte le Canada en octobre 1914 et débarque en Angleterre, où il subit plus d'entraînement. Bien que le Canada soit en dépression économique en 1913, cette perte de travailleurs ralentit la production agricole et industrielle. Les femmes entrent en plus grand nombre dans le marché du travail, et occupent des postes qui avaient été réservés aux hommes. Un petit nombre de femmes s'enrôlèrent et servirent comme infirmières dans les hôpitaux militaires canadiens en France.

En Europe, la guerre n'attend pas l'arrivée des Canadiens. L'Allemagne, menacée à l'Ouest et à l'Est, lance une Edouard Dumesnil et Donat Leclair, SHSB45377offensive sur la France. L'invasion n'est arrêtée qu'à la rivière Marne. Les Allemands sont repoussés par l'armée française, aidée de ses alliés belge et anglais. Ces armées sont incapables de chasser les Allemands du pays, et une ligne de 700 km se dresse dans le Nord-Est de la France, de la Suisse à la mer du Nord. Sur le front de l'Est, l'Allemagne vainc la Russie dans la bataille de Tannenburg, à la fin d'août 1914, ce qui lui donne le temps de respirer sur ce front tandis que l'énorme armée russe se remet de sa perte. L'Autriche, entre la Russie et de la Serbie, se défend tant bien que mal sur deux fronts.

En France, chacun tente de contourner les lignes ennemies sans y réussir, si bien que le front finit par s'allonger de la Suisse à la Manche. Avec l'automne, cette ligne ce solidifie: c'est la fin d'une guerre de mouvement, et le début de la guerre des tranchées. Des deux côtés, les militaires réalisent alors la puissance défensive de la mitrailleuse. Il devient difficile d'avancer plus que quelques mètres vers l'ennemi avant d'être fauché par les mitrailleuses et l'artillerie bien rangée. Les combattants chercheront à percer le front par d'autres moyens. Chaque printemps verra une nouvelle offensive pour chasser les Allemands, en utilisant de nouvelles armes, telles que les avions, les attaques au gaz et les chars d'assaut.  

Louis-Donat Collin, médecin de Saint-Boniface qui entre en France quelques années pour pratiquer en Europe durant la Première Guerre mondiale où il se méritera le titre de capitaine. SHSB19893La puissance industrielle permet de manufacturer armements et munitions en plus grand nombre pour nourrir les armées. L'artillerie, en particulier, a besoin de plus de munitions dans cette guerre immobile, afin de pouvoir percer les défenses de plus en plus solides. Cette crise de munitions apporte une réorganisation dans le système de ravitaillement. Le Imperial Munitions Board, créé par le gouvernement Borden en 1915, devint la plus grande entreprise au Canada, ayant en 1917, 600 usines, un quart de million d'ouvriers (dont plus de 30 000 ouvrières), et une production valant  2 000 000 $ par jour5. En 1917, le Canada fournira un tiers des munitions utilisées par les armées britanniques.

L'avion, invention récente, devient l'éclaireur par excellence des armées. On se rend compte assez rapidement que celles-ci doivent être armées afin de pouvoir conquérir le ciel au-dessus des lignes et empêcher la présence des éclaireurs ennemis. Bientôt, on lance aussi des bombes, d'abords sur les lignes, ensuite sur les dépôts de munitions derrière les lignes, et sur les villes. Ainsi est née la guerre aérienne. Bien que le Canada ne forme pas d'armée de l'air, environ 13 000 Canadiens serviront avec les forces aériennes de la Grande-Bretagne6, certains avec distinction.



1- K.G. Basavarajappa and Bali Ram, Statistics Canada, Series A2-14, Population of Canada, by province, census dates, 1851 to 1976, (http://www.statcan.gc.ca/pub/11-516-x/pdf/5500092-eng.pdf)

2- K.G. Basavarajappa and Bali Ram, Statistics Canada, Series A125-163, Origins of the population, census dates, 1871 to 1971, (http://www.statcan.gc.ca/pub/11-516-x/pdf/5500092-eng.pdf)

3- Voir Kern, Lucien (2007) Lettres des tranchées, Winnipeg

4- Nicholson, G.W.L. (1962) Canadian Expeditionary Force 1914-1919, Ottawa, p. 18.

5- Morton, Desmond et Granatstein, J.L. (1989) Marching to Armageddon, Canadians and the Great War 1914-1919, Toronto, p. 82

6- Cook, Tim (2007) At The Sharp End, Canadians Fighting The Great War 1914-1916, vol. 1, Toronto, p. 88.

Consultez les informations disponibles à Bibliothèque et Archives Canada et le Musée canadien de la guerre et les ressources du musée en ligne.


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