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La participation canadienne à la guerre en Asie

 
Nous connaissons les exploits des armées canadiennes en Europe au courant de la deuxième guerre mondiale. Par contre, le Canada, qui va d'une mer à l'autre (à l'autre) a aussi participé à la guerre du Pacifique. Ces exploits sont moins connus.
 

La bataille de Hong Kong

Depuis 1937, le Japon faisait campagne militaire contre la Chine, et visait à se créer un empire en Asie, au détriment des intérêts de l'empire britannique et des États-Unis. En 1936, le Japon répudia le traité de Washington, mettant fin à son alliance entre le Japon et la Grande-Bretagne. En 1938, l'armée japonaise conquiert la région de Canton (Guangzhou), environ 150 km de Hong Kong. La colonie est menacée, mais les dirigeants de l'empire britannique, conscients qu'ils ne peuvent défendre leur colonie éloignée, ne veulent pas retirer leur garnison de ce port qui assure le commerce des armes et du ravitaillement de la Chine.  Pour cette raison, ils doublent leur garnison, en y ajoutant deux bataillons. 
 
En 1940, la chute de la France, la bataille d'Angleterre et la guerre de l'Atlantique occupent les forces militaires britanniques. Le Japon voit sa chance de conquérir ces colonies, mais est surveillé de près par la marine américaine. Le gouvernement britannique fait appel au Canada pour renforcir de deux bataillons la garnison de Hong Kong, croyant qu'une garnison plus fournie découragerait l'attaque japonaise, sans toutefois avouer au gouvernement canadien qu'une fois la bataille commencée, il n'y aurait aucun moyen de ravitailler et de renforcir cette garnison.
 
Le 16 novembre 1941, deux bataillons canadiens, les Winnipeg Grenadiers et les Royal Rifles of Canada (provenant de la région de Québec) arrivent renforcer la garnison. Ceux-ci manquent d'entraînement, mais on juge qu'ils n'auront à faire fonction que de garnison. Ils sont responsables des défenses du sud de l'île de Hong Kong: deux autres bataillons défendent la côte nord de l'île, les derniers deux bataillons défendant le territoire de Hong Kong sur le continent asiatique.
 
Le 8 décembre 1941, le jour après l'attaque de Pearl Harbour qui déclenche la guerre dans le Pacifique, une division japonaise attaque la péninsule de Kowloon, qui est évacuée le 12. Le 18 décembre, c'est l'île de Hong Kong qui est attaquée, du côté nord de l'île. Les Canadiens sont chargés de contre-attaquer pour reprendre les positions perdues. Moins nombreux que leur ennemi japonais, ils ne peuvent tenir ces positions et doivent reculer. C'est au cours de ces combats que le sergent-major John Osborne se méritera la Croix de Victoria pour ses actes d'héroïsme.  Le 25 décembre  1941, le commandant britannique capitule. Les 12 931 défendeurs auront perdu 955 morts ou blessés et 659 disparus au cours des 17 jours de combat, contre une division japonaise renforcie d'environ 40 000 hommes. Parmi les deux bataillons canadiens, on compte 290 morts et 493 blessés. Du côté japonais, les pertes sont de 675 morts et 2 079 blessés1
 
Pour les Canadiens qui survivent la défaite, il n'y aura qu'une longue et pénible attente dans les camps japonais de prisonniers, où ils seront maltraités et mal nourris. En janvier 1943, 1 183 soldats canadiens seront amenés au Japon, où ils devront travailler dans plusieurs industries, dont les mines, jusqu'à la fin de la guerre. Des 1 975 qui étaient à Hong Kong, seulement  1 418 reviendront au Canada.
 

Le débarquement sur Kiska, dans les îles Aléoutiennes

En juin 1942, l'armée japonaise débarque sur Kiska et Attu, deux îles dans la chaîne des Aléoutiennes qui s'étend de l'Alaska jusqu'à l'Asie. La réplique américaine ne tarde pas. À partir de novembre 1942, les forces aériennes américaines, assistées du 8e escadron de bombardement de la RCAF et du 111e escadron de chasseurs, bombardent Attu. Une division américaine débarque sur Attu en mai 1943, et dans une campagne de 18 jours, chasse les japonais de l'île.
 
Entretemps, le gouvernement canadien décide de contribuer des hommes au débarquement de Kiska, offre qui est acceptée par le commandement militaire des États-Unis. La 13e brigade d'infanterie, composée des 4 bataillons: les Canadian Fusiliers, les Winnipeg Grenadiers (reconstitué après la défaite de Hong Kong), les Rocky Mountain Rangers, et le Régiment de Hull. Un grand nombre de soldats de cette brigade s'étaient enrôlés selon l'Acte de mobilisation des ressources naturelles, et n'étaient donc admissibles que pour la défense du territoire canadien. Une directive du Ministre de la défense nationale du 11 juillet permit l'utilisation de ces troupes en Alaska. 
 
Le 12 juillet, la brigade quitte Nanaimo et Chemainus vers l'île d'Adak, qui voisine l'île de Kiska. Quittant Adak le 13 août, la brigade canadienne débarque sur Kiska le 16 août, mais les Japonais ont déjà quitté l'île depuis la fin de juillet. Les Canadiens quitteront Kiska entre novembre 1943 et janvier 1944 pour revenir au pays.
 

La RCAF en Asie du Sud-Ouest

Nous avons vu que la RCAF était présente dans la bataille pour reprendre Attu et Kiska. Quelques autres escadrons canadiens ont servi en Asie.
 
L'Escadron 413, escadron de reconnaissance, fut formé en Écosse en juin 1941, et envoyé au Ceylan (maintenant Sri Lanka) en 1942. Les avions de reconnaissance survolaient l'océan Indien à la recherche de sous-marins et de navires de surface japonais. Le 4 avril 1942, un avion de surveillance canadien aper¬çut la flotte japonaise, et put avertir les défendeurs du Ceylan. Ceux-ci repoussèrent le raid japonais2
 
Deux autres escadrons canadiens prirent part au ravitaillement de la 14e armée britannique, en Birmanie (maintenant Myanmar). Les deux escadrons de transport, Nos 435 et 436, ont aidé à ravitailler l'armée "oubliée" en Birmanie, qui défendait l'Inde, tout en tentant de garder intact la ligne de communication avec les armées chinoises de Chiang Kaï-chek.
 
Il y a aussi eu des Canadiens qui ont servi dans ce théâtre de guerre sous l'égide de la RAF. En tout, environ 7 500 Canadiens ont combattu dans le Pacifique et en Asie.
 
Parmi les soldats morts en Asie, notons les six soldats suivants faisaient parti des Winnipeg Grenadiers et ont participé à la bataille de Hong Kong en 1941 puis sont morts dans des camps de prisonniers japonais:
Delorme, Georges, soldat de Carman, décédé 4/20/1945 Japon
Dumaine, Gerard, soldat de St-Norbert, décédé 2/17/1944 Japon
Hamelin, François Frederic, soldat de Fisher Branch, H/41694, décédé 12/10/1944 Hong Kong
Laplante, Gabriel, soldat de Boggy Creek, H/41654, décédé 11/25/1943 Hong Kong
Robidoux, Marcel, soldat de Headingley, H/6597, décédé 10/7/1942 Hong Kong
Samson, Albert J., soldat de Piney, H/6909, décédé 11/12/1943 Hong Kong.
 
Un pilote faisait parti des escadrons de transport envoyés en Birmanie, maintenant Myanmar :
De Cruyenaere, Albert, sous officier breveté (W.O. Class 1) de St Boniface, R/59761, pilote - RCAF, 136 RAF Squadron (renuméroté 436 pour service outre-mer) (mort 3/15/1943) inhumé au Myanmar.
 

1-Chiffres tirés de Stacey, C.P. (1966) Six Years of War, p. 488-489.
2-Stuart, Rob (2006-7) "Leonard Birchall et le raid japonais sur Colombo", Revue Militaire Canadienne (hiver 2006-2007) 
Cook, Tim (2014) The Necessary War, Canadians Fighting The Second World War 1939-1943, Toronto, Penguin, 520 p.
Granatstein, J.L. et Morton, Desmond (1989) A Nation Forged in Fire: Canadians and the Second World War 1939-1945, Toronto, Lester & Orpen Dennys, 287 p.
Stacey, C.P. (1966) Six Years of War: Official History of the Canadian Army in the Second World War, Vol. 1, Ottawa, Queen's Printer, 629 p.
Lai, Benjamin (2014) Hong Kong 1941-45: First Strike in the Pacific, London, Osprey, 96 p.

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