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IIe Guerre mondiale - Années 1940-1941

Au début de la guerre, la population canadienne se chiffre à 11 267 0001. L'armée régulière compte 4 500 hommes, la marine 1 800 et les forces aériennes 3 1002. Le Canada mobilisera 730 625 hommes pendant cette guerre3, et fournira 3 divisions d'infanterie et 2 divisions blindées à l'effort de guerre alliée. La marine canadienne, qui compte 6 navires au début de la guerre, doit assurer la protection des convois de soldats, de vivres et de munitions qui sont envoyés vers la Grande-Bretagne4. La guerre de  l'Atlantique durera 5 ans, et cherche à assurer la survie du Royaume-Uni contre le blocus établit par les sous-marins allemands. A la fin du conflit le Canada aura environ 270 navires, la 3e plus grande marine au monde, en majorité des escortes et des corvettes, et aura coulé 31 U-boote allemands contre une perte de 22 navires. Ceci aura permit la navigation sécuritaire de 25 000 navires marchands qui ont livré environ 165 millions de tonnes d’approvisionnements5.
 
Cette marine doit protéger l'envoi de biens canadiens. L'industrie de guerre canadienne se développe rapidement, basé sur les expériences de la première guerre mondiale. Les usines de locomotive fabriquent des chars d'assaut, dont le "Ram", dessin canadien basé sur un modèle américain. Le Canada produit aussi des munitions, des avions et des navires. Une autre contribution importante est le ravitaillement en blés et en nourriture, ainsi que les ressources minières du pays. Tout doit être produit et acheminé vers la Grande-Bretagne. Avec la mobilisation, plus de femmes entrent au marché du travail, ce qui permet l'essor de l'industrie de guerre.
 
La société change avec la guerre. Les scouts font des collectes de livres pour envoyer aux militaires, et des collectes de matières récupérables, tel que les métaux, car le gros des ressources minières va aux industries de l'armement. Les gens font des "jardins de la victoire", pour subvenir à leur besoins et complémenter les rations allouées. Le gouvernement créé une Commission des prix et du commerce en temps de guerre pour tenter de contrôler l'inflation des prix et l'agitation sociale qui pourrait en découler. Cette commission prendra quelques années avant de s'avérer efficace dans le contrôle des prix.
 
En avril 1940, l'Allemagne attaque la Norvège, afin d'assurer son approvisionnement en fer venant de la Suède. Les Alliés viennent en aide à la Norvège, mais ne peuvent empêcher l'invasion. Le 10 mai 1940, l'Allemagne attaque la France, la Belgique et les Pays-Bas. Encore une fois, la campagne se fait rapidement, les armées allemandes devancées par les bombardements aériens et par les divisions de chars d'assauts qui accélèrent le mouvement. Les armées françaises, dont le rythme de combat est semblable à celui de la première guerre mondiale, sont dépassées par la technologie, et surtout par la rapidité des événements. En quelques semaines, la France est envahie. L'Italie, gourmande pour annexer des territoires en France, déclare la guerre. L'armistice franco-allemand est signé le 22 juin 1940, celui avec l'Italie le 24 juin. La France reste intacte, mais l'Allemagne réclame un zone d'occupation dans le nord. Le nouveau gouvernement du maréchal Philippe Pétain, héros de la première guerre, s'établit à Vichy, dans la zone libre, et collabore ouvertement avec l'Allemagne nazie. A St-Boniface, un groupe de femmes d'origine française organise une collecte de vêtements et de lainages et fera des envois réguliers de colis en France, pour venir en aide au victimes de la guerre et aux prisonniers6.
 
C'est au tour de la Grande-Bretagne, qui se dit seule mais qui a de son côté ses dominions et son empire, à tenir tête aux forces de l'Axe. La Luftwaffe, arme aérienne allemande, réclame le trophée. C'est la bataille d'Angleterre, bataille aérienne ou la Luftwaffe tente d'anéantir la Royal Air Force, sans y réussir. En août viendront les bombardements des villes anglaises, pour influencer la volonté populaire en faveur de la paix. C'est sous-estimer les Anglais.
 
Les forces aériennes canadiennes viendront en aide à la RAF pendant la bataille d'Angleterre. Le Canada fournit deux unités de chasseurs aériens pour épauler la Grande-Bretagne dans ce combat défensif. Une fois cette bataille gagnée, la RAF reprend l'offensive, en bombardant les villes industrielles allemandes. Encore là, la unités de bombardement canadiennes appuient leurs alliés. Le Canada sert aussi comme lieu d'entraînement des pilotes du Commonwealth, à l'abri des aviateurs allemands. Plusieurs bases sont établies pour l'apprentissage des aviateurs. En tout, 131 553 passeront par cet entraînement avant d'aller au combat7. A la fin du conflit, la Royal Canadian Air Force aura 48 escadrons,  dont 17 de chasse et 16 de bombardement.
 
L'Italie, de son côté, attaque les forces anglaises en Égypte, à partir de ses colonies en Libye. La Grande-Bretagne, appuyée de ses alliés australiens, néo-zélandais, et de son armée des Indes, chasse l'Italie de la Somalie et de l'Éthiopie, et repousse les Italiens en Libye. Mussolini envahi aussi la Grèce, qui repousse les armées italiennes. Hitler doit donc aider son allié, et envahit la Yougoslavie et la Grèce en 1941. Il envoie un contingent allemand en Libye, sous le commandement du général Rommel, pour reprendre l'offensive italienne.
 
Sans succès du côté de l'Angleterre, Hitler décide d'envahir l'Union Soviétique. Cette invasion commence le 22 juin 1941. Les armées allemandes avancent jusqu'à Moscou, mais ils en sont chassés en décembre 1941. Confiant dans le pouvoir de leurs armées et sous-estimant les Russes, l'Allemagne n'aura pas préparé son armée pour l'hiver. Staline fait déménager les industries lourdes russes vers l’Oural. L'Union soviétique souffrira beaucoup sous les armées allemandes. Les nazis voient les peuples slaves comme inférieurs, et les territoires de l'Europe de l'Est comme étant un lieu de migration et de ressources pour le peuple allemand. Les groupes dirigeants de ces régions et la population juive sont conduits aux camps de concentrations où ils seront brutalement décimés. La guerre du front de l'Est sera particulièrement violente, et occupera la majorité des troupes allemandes jusqu'à la fin de la guerre.
 
C'est en décembre 1941 que la guerre devient vraiment mondiale. De l'autre côté de la planète, le Japon poursuit une politique d'expansion en Chine depuis 1937. Les États-Unis d'Amérique, sous Roosevelt, appuient la Chine, et décident d'un embargo sur le Japon. Celui-ci réplique. Le 7 décembre 1941, une force de frappe aéronavale japonaise bombarde Pearl Harbour, base navale américaine à Hawaii. En même temps, les Japonais attaquent les îles Philippines, et plusieurs pays du littoral sud-est asiatique, dont Hong Kong, où sont stationnés deux bataillons canadiens, dont les Winnipeg Grenadiers. Attaqué le 8 décembre, Hong Kong tombe le 25 décembre 1941. Des 1 973 combattants canadiens, 290 sont morts, et les survivants commencent un long emprisonnement, où un autre 265 mourront en captivité8. La marine et l'armée impériale japonaise envahiront une grande tranche du Pacifique au courant de 1942, mais seront arrêtés par les armes américaines, surtout, à la bataille aéronavale de Midway, en juin.
 

1-Stacey, C.P. (1948) The Canadian Army 1939-1945: An Official Historical Summary, Ottawa, p. 324
2-Stacey, C.P. (1948) The Canadian Army 1939-1945: An Official Historical Summary, Ottawa, p. 1
3-Stacey, C.P. (1948) The Canadian Army 1939-1945: An Official Historical Summary, Ottawa, p. 324
4-Roger Sarty, La Marine royale du Canada et la bataille de l’Atlantique, 1939-1945, site web du Musée canadien de la guerre. http://www.museedelaguerre.ca/education/ressources-pedagogiques-en-ligne/depeches/la-marine-royale-du-canada-et-la-bataille-de-latlantique-1939-1945/
5-Roger Sarty, La Marine royale du Canada et la bataille de l’Atlantique, 1939-1945, site web du Musée canadien de la guerre. http://www.museedelaguerre.ca/education/ressources-pedagogiques-en-ligne/depeches/la-marine-royale-du-canada-et-la-bataille-de-latlantique-1939-1945/
6-Archives du Centre du Patrimoine, Fonds L'Œuvre de secours à la France, boîtes 139-140, chemises 1-24
7-Granatstein, J.L. et Morton, Desmond (1989) A Nation Forged In Fire, Canadians and the Second World War 1939-1945, Toronto, p. 105
8-Stacey, C.P. (1948) The Canadian Army 1939-1945: An Official Historical Summary, Ottawa, pp. 303-304
 

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