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L'industrie en temps de guerre

 

L'industrie agricole

Lors des deux guerres mondiales, la demande pour les produits agricoles et les ressources naturelles du Canada a augmenté, car les pays européens concentraient leurs efforts industriels à produire des armements, et leur industrie agricole perdit beaucoup d'ouvriers dû à la conscription. Avec le développement de l'Ouest, le Canada était bien placé pour fournir des denrées alimentaires au pays alliés. Durant la première guerre, une bonne récolte de blé en 1915, couplée à l'augmentation du prix du blé, aida le Canada à nourrir les pays alliés.  
 
Durant la deuxième guerre, la production de blé n'augmenta pas de façon dramatique, mais la valeur des ventes de blé, principal produit des fermes de l'Ouest, augmenta. Les fermes de l'Ouest se diversifièrent aussi: on fit plus d'élevage de porcs, de volaille et de bestiaux. Entre 1939 et 1942, la valeur nette de toutes les productions agricoles doubla, et ce avec une main d'œuvre diminuée de presque le quart.  
 

L'industrie d'armements

Quand la guerre éclata en 1914, il n'y avait pas d'industrie d'armement au Canada. La guerre empêchait l'accès à la bourse anglaise, source de fonds pour l'industrie canadienne. Les industriels se tournèrent donc vers le ministre de la défense, Sam Hughes, afin d'obtenir des contrats de productions de munitions, une industrie alors inexistante au Canada. Ce ministre encouragea le patronage politique, soi-disant pour expédier la production. En 1915, la crise d'armement en Grande-Bretagne apporta un besoin de rationaliser la production. Le système de patronage s'avéra peu efficace, n'ayant délivré qu'une valeur de 5,5$ millions en munitions sur des commandes valant 170$ millions . Le premier ministre Borden établit la Commission impériale des munitions en novembre 1915 afin d'augmenter l'efficacité de l'industrie. En 1917, cette Commission employait plus d'un quart de millions d'ouvriers, dont 30 000 femmes, dans 600 usines, et produisait une valeur de 2$ millions par jour. En plus de produire des munitions, on livrait plus de 2,600 avions . A Winnipeg, la Transcona Shell Company, dans les ateliers du Grand Trunk Pacific Railway, produisit des milliers d'obus de 18 livres pour les canons alliés.  
 
Au début de la deuxième guerre, le gouvernement de Mackenzie King visait à fournir l'armée canadienne en armements et en munitions, ainsi que la production d'une quantité limitée d'avions et de canons pour la Grande-Bretagne. Quand l'armée anglaise évacua Dunkerque en 1940, elle laissa en France une grande quantité de matériel militaire. Pour combler ce manque, de plus grandes commandes de munitions et d'armements furent placées au Canada. Le gouvernement forma le ministère des munitions et des approvisionnements sous le ministre C.D. Howe, pour centraliser et rationaliser l'industrie d'armements et de munitions. L'industrie des armements et des munitions se développa assez rapidement sous l'influence de ce ministre proactif. 
 
En tout, l'industrie d'armements canadienne produisit plus de 16 400 avions, employant 116 000 ouvriers, dont 30 000 femmes.  Environ 100 000 ouvriers et ouvrières construisirent plus de 600 navires, dont 206 navires de guerre. Les usines de General Motors, Ford et Chrysler produisirent  815 729 véhicules militaires, surtout des camions.  L'armée canadienne utilisa 34% de ce matériel, le reste étant utilisé par la Grande-Bretagne, les États-Unis et les autres alliés. Le Canada se situa au 4e rang à l'échelle mondiale en tant que producteur de fournitures de guerre, et au 3e rang quant à son commerce extérieur.  En tout, le gouvernement canadien dépensa 1,5$ milliards pour la construction et l'agrandissement des usines d'industrie de guerre, qui produisirent une valeur d'au-delà de 9,5$ milliards en dollars de 1940 . Dans son bulletin d'information NC-100 no 20, du 16 octobre 1944, la Commission de l'information en temps de guerre, dont Donatien Frémont était membre, décrit de façon assez complète le développement de l'économie canadienne et sa croissance de 1939 à 1944.
 
L'industrie d'armement et de munitions était présente entre autre à Transcona, sous la forme de l'usine de cordite du Defense Industries Limited. Construite en 1941, elle ouvrit ses portes de cette année-la. Le cordite est un explosif utilisé pour propulser les obus. L'usine de Transcona employa 4 200 ouvriers et ouvrières, dont plusieurs personnes de Saint-Boniface . On y fabriquait  les éléments nécessaires à la fabrication du cordite, tel que la nitroglycérine, la nitrocellulose, et les acides nitriques et sulfuriques.  En tout, l'usine de Transcona produisit un total de 65 300 tonnes de cordite avant de fermer ses portes en août 1945.  
 
Parmi les ouvriers de l'usine de cordite, Antonin Savoie, Paul Brunet et Arthur Dupuis parlent de leurs expériences lors d'entrevues pour la Société Historique de Saint-Boniface . Selon Paul Brunet, qui y a travaillé trois mois en 1941, beaucoup de gens de Saint-Boniface y travaillèrent dans différents départements. Arthur Dupuis, qui y travailla quatre ans, se rappelle que c'était un travail malsain, à cause de la poudre qui imprégnait les vêtements et la peau. Il fallait une bonne santé pour soutenir les conditions. Antonin Savoie se souvient qu'après les années de dépression, l'industrie des munitions payait bien, et en a aidé plusieurs à se remettre de la dépression.
 
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  1- Commission d'information en temps de guerre, Bulletin no 20, 16 oct 1944, p. 17 (SHSB Dossier 1.2/172)
  2- Morton, Desmond et Granatstein, J.L (1989) Marching to Armageddon: Canadians and the Great War: 1914-1919, (Toronto), p. 81
  3- Ibid, p. 82-83
  6- Commission d'information en temps de guerre, Bulletin no 20, 16 oct 1944, p. ? (SHSB Dossier 1.2/172)
  7- Granatstein, ibid., p. 13
  8- Commission d'information en temps de guerre, Bulletin no 20, 16 oct 1944 (SHSB Dossier 1.2/172)
  9- Entrevues avec Antoine Savoie, W0936.mp3, 20:45 à 24:40
  10- Informations tirées du Site Web du Musée historique de Transcona ainsi que du site web de la Manitoba Historical Society
  11- Voir les entrevues avec Paul Brunet, W0410.mp3, 32:20-40:20; Arthur Dupuis W0394.mp3, 44:40-53:30; et Antonin Savoie W0396.mp3, 20:45-24:40.
 

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