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Les Oblats et les écoles résidentielles

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Carte de la Province oblate du Manitoba

En 1844, la colonie de la Rivière-Rouge en est encore à ses balbutiements et son évêque, Mgr Provencher, cherche désespérément à obtenir des religieux qui pourraient l’assister dans ses tâches. Grâce à l’appui de l’évêque de Montréal, il obtient finalement la faveur des Oblats de Marie-Immaculée et le 25 juin 1845, deux missionnaires, le père Pierre Aubert o.m.i. et le frère Alexandre Taché o.m.i., commencent le trajet en canot qui les amènera dans leurs nouvelles missions de l’Ouest canadien.

Le territoire à couvrir est énorme puisque le diocèse de Saint-Boniface comprend alors tout le territoire situé à l’ouest des Grands Lacs. Heureusement, les deux missionnaires reçoivent rapidement des renforts. Les Oblats deviennent ainsi la congrégation religieuse masculine la plus importante de l’Ouest et du Nord canadiens et ils fondent de nombreuses missions sur tout le territoire. Le 24 avril 1851 on crée les premières provinces et premiers vicariats des missions. Le territoire est divisé en deux, soit la Province du Canada-Est, et le Vicariat religieux de la Rivière-Rouge. La Rivière-Rouge a donc ainsi une unité administrative distincte.

Entre 1868 et 1983, le territoire du vicariat de la Rivière-Rouge, et plus tard de la Province oblate du Manitoba, comprend la partie sud de la Saskatchewan, le sud du Manitoba (de la pointe nord des lacs Winnipegosis et Winnipeg à la frontière américaine), une partie de l’Ontario à l’Ouest de Thunderbay et, pour un temps, des endroits au Minnesota et au Dakota du nord. En 1904, il est constitué en province qui sera connu par la suite comme la Province oblate du Manitoba.

Les Oblats sont surtout connus pour leur travail d’évangélisation auprès des Premières Nations. En plus de fonder des missions dans le plus grand nombre de communautés autochtones possible, ils se sont aussi consacrés à l’éducation en prenant la direction des écoles industrielles et résidentielles. La première école industrielle ouvre ses portes à Lebret en 1884. Ils ouvriront dix autres écoles industrielles ou résidentielles au de la fin du 19e et la première moitié du 20e siècles. Plusieurs religieux ont en outre passé de nombreuses années à l’étude des coutumes, des langues, des croyances et des modes de vie des Premières Nations. On verra donc la publication d’un grand nombre d’ouvrages rédigés par des religieux qui feront ainsi mieux connaître les premiers habitants du continent.

En outre, la congrégation des Oblats prend en main l’administration de plusieurs grandes institutions d’éducation comme le Collège de Saint-Boniface et le Collège Mathieu. Ils veillent donc à la formation d’une élite catholique dans l’Ouest canadien. Leur œuvre éducatrice se poursuit par l’entremise des médias. Effectivement, les Oblats ont tout d’abord de nombreuses publications. En 1907, ils fondent la West Canada Publishing Company afin de donner de solides assises aux publications catholiques. De nombreux Oblats rédigent en outre des études historiques, anthropologiques, ethnographiques et scientifiques qui comptent souvent parmi les écrits importants de leur époque. De plus, le père Aimé Lizée o.m.i. figure parmi les premiers cinéastes du Manitoba et laisse en héritage plusieurs films des missions oblates de l’Ouest.


Les Oblats contribuent à la vie paroissiale du Manitoba et fondent de nombreuses paroisses sur leur territoire. Ils ont joué un rôle important dans bien des endroits en aidant, par exemple, de nombreux immigrants catholiques comme les Ukrainiens, les Allemands, les Polonais et les Italiens à s’installer dans leur pays d’adoption. Les Oblats travaillent en outre comme chapelains de plusieurs communautés religieuses, d’hôpitaux, des Forces armées et des prisons. Ils se sont aussi consacrés à la thérapie pour la réhabilitation des alcooliques et à la croissance personnelle.

En 1948, le père Lomer Laplante o.m.i. fonde l’Association missionnaire de Marie-Immaculée (AMMI) à Winnipeg. Cet organisme est une association de laïcs catholiques qui s’associent aux œuvres des Oblats par la prière et l’aumône. En 1959, l’AMMI se donne comme mission la formation foncièrement chrétienne de ses membres et la collaboration à l’œuvre des vocations et des missions oblates.

La présence oblate dans l’Ouest canadien a donc été critique à l’évolution du territoire. Dans la foulée des premiers voyageurs, ils établissent des contacts entre les peuples autochtones du territoire et la société d’origine européenne. Et c’est souvent par eux, aussi, que ce contact ce maintien tout au long de notre histoire. Les Oblats jouent, en outre, un rôle clé dans toutes les communautés catholiques de l’ouest du Canada. Plusieurs Oblats laissent d’ailleurs leur nom à un grand nombre de communautés, rues, institutions, monuments ou édifices de l’Ouest canadien.

LES ÉCOLES RÉSIDENTIELLES :

Assiniboia ; Camperville ; Fort-Alexandre ; Fort Frances ; Kenora ; Lestock ; Marieval ; McIntosh ; Qu'Appelle ; Saint-Boniface ; Saint-Philippe ; Sandy Bay


La congrégation des Oblats de Marie-Immaculée a été fondée en 1816 à Aix-en-Provence, en France, par l’abbé Eugène de Mazenod. L’évangélisation des pauvres et des plus abandonnés est la priorité apostolique choisie par la congrégation. Comme œuvre principale, ses membres se livrent à la prédication de missions (genre de retraites paroissiales) et ils s’étendent rapidement à l’extérieur de la France. Le Canada reçoit ses premiers Oblats en 1841 dans le diocèse de Montréal. En juin 1845, le Canada compte 16 pères Oblats, dont 11 Français, 4 Canadiens et 1 Irlandais. 

Arrivé à la Rivière-Rouge en compagnie du frère Alexandre Taché o.m.i. en 1845, le père Pierre Aubert o.m.i. devient le premier supérieur des Oblats de l’Ouest. Né à Digne en France en 1814, le père Aubert reste à la Rivière-Rouge jusqu’en 1850. Il sera curé de Saint-Boniface et vicaire général. Il s’occupe aussi des missions de Wabassimong et du lac La Pluie. Il retourne ensuite à Bytown (Ottawa), où il devient vicaire général du diocèse de Bytown.

L’un des deux premiers oblats dans l’Ouest canadien, le frère Alexandre Taché o.m.i. n’a même pas terminé sa formation lorsqu’il arrive à la Rivière-Rouge. Mais il s’illustre rapidement et l’évêque de Saint-Boniface, Mgr Provencher, fait de lui son successeur. Mgr Taché o.m.i. devient donc le deuxième évêque de Saint-Boniface et son premier archevêque. Il joue un rôle clé dans l’histoire de l’Ouest canadien sur de nombreux plans.

Au cours des années, la création de nombreux vicariats vient réduire la superficie de la province oblate du Manitoba. En 1864 on forme un vicariat avec les régions de l’Athabaska et du Mackenzie. Puis, en 1868, on crée le vicariat religieux de Saint-Albert. En 1926, avec la création de la Province de St. Mary’s qui regroupe les Oblats allemands et polonais, les frontières territoriales de la province oblate du Manitoba ne sont pas modifiées. Avec la restructuration de 1983, les vice-provinces du Keewatin et de la Baie d’Hudson sont fusionnées à la Province oblate du Manitoba.

Les Oblats sont souvent des pionniers dans l’étude des langues autochtones. Certains d’entre eux inventent l’écriture en syllabique alors que d’autres rédigent des dictionnaires, des grammaires, des bibles et des livres liturgiques en langues autochtones.

Les Oblats sont à l’origine d’un grand nombre de publications. Leur première publication, les Missions de la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée, paraît en 1862. En 1907, ils prennent en main la North West Review fondée par Mgr Taché en 1885. Ils fondent aussi de nombreux journaux comme la Gazeta Katolicka (en polonais), la West Kanada (en allemand), la Canadian Ruthenian (en ukrainien) et La Liberté (en français). En 1905, les Oblats commencent la publication de la revue L’Ami du foyer qui compte 5 000 abonnés en 1908. Le père Gontran Laviolette o.m.i. fonde en 1938 la revue The Indian Missionnary Record qui rejoint une clientèle autochtone jusqu’en 1987.

Le père Lomer Laplante o.m.i. en 1959. En 1948, le père Laplante fonde l’AMMI-Winnipeg. Cet organisme s’inspire des caractéristiques de l’Action catholique et devient une branche spécialisée du mouvement. Les Oblats lancent donc ainsi l’AMMI et l’action catholique au Manitoba.

 


 


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